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Mitchell, le pionnier australien

Feyenoord's Australian striker David Mitchell
© FIFA.com

A l'époque où David Mitchell arrive en Europe, l'idée de mettre un Australien sur un terrain de football paraît encore des plus saugrenues. Mais accompagné d'une poignée d'autres pionniers, ce grand gabarit a ouvert la voie à l'exportation du talent aussie.

Né en Ecosse puis élevé à Adélaïde, Mitchell a brillé dans de nombreux clubs au sein de différents championnats. Ses séjours à l'Eintracht Francfort, au Feyenoord et aux Glasgow Rangers ont fait de lui le premier Australien à évoluer en Bundesliga, en Eredivisie et en Premier League écossaise.

Sa carrière internationale n'est pas en reste : Mitchell a été le premier Socceroo à disputer quatre campagnes qualificatives pour la Coupe du Monde de la FIFA. Aujourd'hui âgé de 45 ans, Mitchell continue d'œuvrer pour le ballon rond en Australie, notamment à travers ses fonctions d'entraîneur au sein d'un club de l'élite nationale.

Souvenirs, souvenirs
La trajectoire de Mitchell a coïncidé avec l'une des périodes les plus fastes du football australien, laquelle a débuté avec un premier coup d'éclat sur la scène mondiale, en 1981. Poussés par leur public chauffé à blanc, les jeunes Socceroos font alors chuter les champions argentins lors de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA.

"Pour moi, ce match a été un tournant dans l'histoire du football australien. C'était la première fois que le public s'identifiait à ce point à l'équipe nationale", explique Mitchell, à l'origine du but victorieux inscrit par Mark Koussas, meilleur buteur de la compétition. "Ce succès a également démontré que les Australiens pouvaient être compétitifs au plus haut niveau. C'était exactement ce qu'il fallait pour nous donner confiance."

Deux ans plus tard, Mitchell retrouve sa terre d'origine en signant aux Glasgow Rangers. C'est le point de départ d'une longue odyssée européenne, qui le verra s'illustrer deux saisons avec l'Eintracht Francfort puis au Feyenoord, avant des séjours plus courts à Chelsea et à Newcastle United.

Ce succès a démontré que les Australiens pouvaient être compétitifs au plus haut niveau. C'était ce qu'il fallait pour nous donner confiance

L'aventure se poursuit en Angleterre avec Swindon Town. Mitchell aide les *Robins *à accéder à la Premier League à l'issue d'un match de barrage dantesque face à Leicester City, à Wembley. L'Australien pose ensuite ses valises en Turquie, à l'Altay Izmir, pour une nouvelle saison fracassante, avant de renouer avec le football britannique à Millwall.

"Avec la présence de Mick McCarthy et la construction du nouveau stade, Millwall avait le vent en poupe. J'ai beaucoup aimé cette période", souffle l'attaquant. Mais l'ivresse du voyage est la plus forte et Mitchell s'envole de nouveau pour Selangor, en Malaisie, avant de terminer sa longue carrière de joueur (20 saisons) dans divers clubs australiens.

Le parcours de Mitchell en club aurait pu prendre une allure bien différente s'il n'avait pas été si fidèle à la tunique verte et or. Environ dix ans après son séjour à Glasgow, l'Australien aurait pu devenir l'un des premiers à avoir porté les couleurs des Rangers et du Celtic. Mais Mitchell préfère alors rejoindre les Socceroos pour leur dernier barrage des qualifications mondialistes face à l'Argentine de Maradona. Un sacrifice mal récompensé puisque Mitchell doit assister à l'élimination des siens depuis le banc de touche, alors que le sélectionneur avait promis de le titulariser. Cette désillusion marque également la fin de sa carrière internationale.

Mon objectif est de ramener Perth au niveau qui était le sien et d'en faire un prétendant naturel au titre

De la même façon, c'est son assiduité en sélection qui a coûté à Mitchell son éviction du Feyenoord. Le club de Rotterdam pousse l'Australien vers la sortie après le Tournoi Olympique Masculin de 1988, lors duquel Mitchell avait volé au secours des Socceroos, un peu trop longtemps au goût de son employeur. Mais l'attaquant a toujours assumé ses choix et sait qu'il ne regrettera jamais les bons moments passés à défendre les couleurs nationales.

Pour en arriver là...Mitchell a continué d'exercer de multiples activités comme recruteur pour le Feyenoord ou entraîneur adjoint de la sélection olympique australienne. Son autobiographie sera publiée cette année. En dehors des terrains, il apprécie les échecs, dont l'aspect tactique lui rappelle la guerre psychologique à laquelle les joueurs se livrent sur la pelouse. "Il faut toujours avoir un coup d'avance sur son adversaire", aime-t-il rappeler.

L'ancien baroudeur n'a pas tardé à briller sur le banc, décrochant le titre australien en 1999 avec Sydney United, avec à la clé le trophée d'entraîneur de l'année. La boucle était ainsi bouclée pour celui qui, 18 ans plus tôt, avait été distingué Jeune Joueur Australien de l'Année.

Mitchell préside depuis un peu plus d'un an aux destinées de Perth Glory en A-League australienne. Après plusieurs saisons d'instabilité, cet ancien grand club semble retrouver son lustre d'antan. Un défi qui plaît à l'ancien Ranger : "Mon objectif est de ramener Perth au niveau qui était le sien et d'en faire un prétendant naturel au titre".

David Mitchell
Poste : attaquant
Clubs (joueur) : Adelaide City (1980-83), Glasgow Rangers (1983-85), Eintracht Francfort (1985-87), Feyenoord (1987-89), Chelsea (1990-91), Newcastle (1991), Swindown Town (1991-93), Izmir (1993), Millwall (1993-95), Selangor (1995), Sydney Olympic (1996-97), Sydney United (1997-99)
Clubs (entraîneur) : Sydney Olympic (1995-96), Sydney United (1996-99), Parramatta Power (1999-01), Sarawak (2005), Perth Glory (2007-09)

*Equipe *nationale : 29 sélections (11 buts)

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