FIFA Ballon d'Or

Neid : "Je suis très heureuse"

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Le Gala FIFA Ballon d'Or a aussi été l'occasion de récompenser, pour la première fois, la meilleure technicienne de l'année. A la veille de ce grand événement, trois femmes étaient encore en lice : Silvia Neid, sélectionneuse de l'Allemagne, Maren Meinert, sélectionneuse de l'Allemagne U-20, et Pia Sundhage, sélectionneuse suédoise des Etats-Unis.

Considérée comme une véritable star à son époque, Silvia Neid a remporté de grandes compétitions avec l'Allemagne. Plus tard, en tant qu'ajointe de Tina Theune, la jeune technicienne a étoffé son palmarès. Enfin, c'est en tant que sélectionneuse de plein droit qu'elle a conduit la *Mannschaft *à la victoire finale en Coupe du Monde Féminine de la FIFA, RP Chine 2007.

Au terme de la cérémonie organisée à Zurich, Silvia Neid est revenue sur cette élection, en exclusivité pour FIFA.com.Silvia Neid, vous venez tout juste d'être désignée Entraîneuse de l'Année de la FIFA. Quel effet cela vous fait-il ?
Je suis très heureuse mais, franchement, je ne m'attendais pas du tout à partir d'ici avec un trophée. Je n'ai pas fait grand-chose en 2010. Nous n'avons pas disputé de grand tournoi et nous n'avons joué que neuf matches au total, pour un bilan de sept victoires et deux défaites. Honnêtement, je m'attendais à ce que le titre revienne à Maren Meinert, qui a gagné la Coupe du Monde Féminine U-20 avec son équipe. Finalement, c'est moi qui ai été choisie et j'en suis ravie. Peut-être que les votants ont pris en compte les années précédentes car, en toute sincérité, je ne mérite pas ce trophée sur la seule année 2010. 

Cette récompense représente-t-elle l'apogée de votre carrière ?
Je n'irai pas jusque-là mais c'est une belle distinction. Pour parler d'apogée, il faut gagner un titre collectif. Les récompenses individuelles, ce n'est pas la même chose. Pour gagner, il faut pouvoir compter sur le soutien de ses joueuses, de sa fédération, de ses proches et de ses collaborateurs. Ce sont des ingrédients indispensables, qui permettent d'aller toujours plus loin. Un entraîneur doit toujours chercher la victoire et pour cela, on ne peut pas se contenter d'être bon dans sa partie. C'est un tout.    

On peut dire que l'année a bien commencé pour vous. C'est de bon augure pour la suite ?Je ne crois pas aux signes du destin. Birgit Prinz a dit dans une interview qu'il était important pour moi de gagner ce titre… l'année prochaine ! Je suis entièrement d'accord avec elle. Bien entendu, je vais le ramener à la maison et le mettre sous verre mais ce n'est pas lui qui va nous faire gagner la Coupe du Monde. Maintenant, il faut se remettre au travail et aborder les prochaines échéances avec passion, concentration et enthousiasme.

Que pensez-vous de vos deux concurrentes malheureuses, Maren Meinert et Pia Sundhage ?
Pia Sundhage a déjà entraîné beaucoup d'équipes. Elle aime les défis. Pour moi, Pia Sundhage est une vraie femme de football. Elle vit pour le football, elle aime le football. Cela se voit tout de suite quand on la rencontre. Nous avons toutes les trois joué au football de la même manière. Je ne suis pas étonnée que nous soyons très proches aujourd'hui. Comme Maren, j'aime que mon équipe pratique un jeu très technique. Nous étions toutes les deux milieux de terrain. Quand on devient entraîneuse, il est naturel de reproduire ce que l'on connaît le mieux. Maren et moi travaillons main dans la main. Je sais que je peux lui faire entièrement confiance. C'est formidable. Elle a toujours beaucoup d'idées. C'est quelqu'un avec qui il est très facile de discuter. Cela permet d'avancer.   

Quelles sont les personnes qui vous ont influencée ou soutenue tout au long de votre parcours ? Y a-t-il quelqu'un en particulier que vous voudriez remercier ?
Beaucoup de gens m'ont aidé au fil des ans et il m'est difficile d'en nommer quelques-uns au détriment des autres. J'ai connu le football féminin à une époque où cette discipline n'intéressait personne. Nous avons dû mener de nombreux combats. Mes parents n'ont jamais critiqué mes choix. Au contraire, ils m'ont toujours soutenue. J'ai aussi une pensée pour Gerd Neuser, mon entraîneur au TSV Siegen, qui m'a permis de beaucoup m'entraîner, de travailler un peu et de gagner quand même ma vie. C'est lui qui m'a initiée aux joies de la tactique. Tina Theune a aussi fait beaucoup pour moi. Parfois, elle m'a laissée me débrouiller mais elle a aussi passé énormément de temps à expliquer et à démontrer. Je n'oublie pas non plus Theo Zwanziger, le président de la DFB. Sans lui, je ne serais jamais devenue sélectionneuse. Quand Tina est partie, je ne voulais pas prendre la relève. J'étais satisfaite de ce que je faisais avec les U-19. Mais Theo Zwanziger m'a convaincue que mon destin était ailleurs. "Nous avons besoin de toi et, moi, je crois en toi", m'a-t-il dit. Je n'oublie pas tout ce que je dois à ceux qui m'ont aidé au fil des ans. J'aimerais beaucoup offrir à chacun une réplique miniature de ce magnifique trophée. Mais je crois que cela risque de me coûter très cher ! (rires)

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