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Petkovic : "L'avenir nous appartient"

Coach Vladimir Petkovic of Switzerland looks on
© Getty Images

Peu avant Noël 2013, la Fédération suisse de football (ASF) a choisi Vladimir Petković pour succéder à Ottmar Hitzfeld à la tête de l'équipe nationale. Celui-ci a officiellement pris ses fonctions au lendemain de la Coupe du Monde de la FIFA 2014™. Une mission de taille l'attend puisque sous son prédécesseur, la

Nati *est parvenue à se qualifier deux fois de suite pour l'épreuve suprême et a réussi à atteindre les huitièmes de finale lors de l'édition brésilienne.

Le 8 septembre, la Suisse conduite par Petković, que l'on a déjà pu voir entre autres sur le banc de Bellinzone, des Young Boys, de Samsunspor et de la Lazio, a débuté les préliminaires de l'UEFA EURO 2016. FIFA.coma rencontré l'ancien milieu de terrain pour évoquer sa nouvelle mission, le caractère de son équipe et les adversaires redoutables qui l'attendent.

Vladimir Petković, au lendemain de la Coupe du Monde, vous avez pris le relais d'Ottmar Hitzfeld à la tête de la Nati. Qu'avez-vous ressenti  ?Cela m'a rempli de fierté. C'est un grand honneur pour moi de prendre la suite d'un grand entraîneur comme Ottmar Hitzfeld. C'est une opportunité en or de pouvoir poursuivre son travail avec cette jeune sélection.

Vous êtes né à Sarajevo mais vous vous entretenez des relations particulières avec la Suisse. Pourquoi ?Il y a encore quelques années, ça m'aurait paru inimaginable. Ça me conforte dans l'idée que mon travail en Suisse a été positif. J'ai passé plus de la moitié de ma vie dans ce pays. J'y réside depuis 1987, je possède la nationalité helvétique depuis 12 ans et je me sens suisse à part entière. Le fait d'être nommé sélectionneur est une forme de reconnaissance pour tout ce que j'ai réalisé au fil de ces années.

Lors de la dernière Coupe du Monde, la *Nati *a créé la surprise en atteignant les huitièmes de finale. Peut-on dire que vous héritez de la meilleure équipe suisse de tous les temps ?Cette équipe est le résultat d'un travail de longue haleine au sein des sections jeunes. La moyenne d'âge est très basse, certains joueurs ont déjà passé plusieurs années à l'étranger dans de grands clubs. Cette sélection a un bel avenir devant elle, mais elle doit continuer à progresser. Produire du beau football et avoir du talent ne suffit pas, il faut également que les résultats soient au rendez-vous. Le problème actuellement, c'est que tous les joueurs ne sont pas titulaires dans leurs clubs.

Comment décririez-vous votre équipe ?C'est une équipe passionnée, endurante et talentueuse. Sans oublier qu'elle est très bien organisée. Mais nous devons faire preuve de plus d'efficacité en attaque et en défense, comme nous avons pu le voir lors du dernier match face à l'Angleterre. Nous avons commis quelques erreurs à l'arrière qui nous ont coûté cher et avons laissé filer de bonnes occasions.

En plus de l'Angleterre, la Slovénie, l'Estonie, la Lituanie et Saint-Marin se trouvent dans votre poule qualificative pour l'EURO. Que pensez-vous de ce Groupe E ?J'ai dit dès le début que je considérais l'Angleterre comme la grande favorite. L'équipe est jeune, elle aussi, mais elle peut compter sur des joueurs relativement expérimentés. Ils évoluent tous dans de grands clubs. Le talent individuel fait la différence comme ils ont pu le montrer face à nous. Nous concernant, nous devons nous battre pour la deuxième place. Sur le papier, nous sommes peut-être meilleurs que nos concurrents, mais la Slovénie, par exemple, dispose de très bons éléments. Heureusement pour nous, elle a également perdu son premier match. Nous devons être prêts à décrocher trois points face à cette solide équipe. La Lettonie et l'Estonie sont elles aussi en mesure de créer la surprise à domicile. Il faut se donner à 120 % dans ces matches, sinon ça peut devenir dangereux. Contre Saint-Marin aussi, il faudra faire preuve d'un mental solide, comme contre l'Angleterre, et être prêt à se donner à 120 %.

Dans l'idéal, quel type de football aimeriez-vous jouer avec la Suisse ?J'aimerais voir un jeu audacieux à l'avant avec un bon équilibre à l'arrière. Je veux une défense qui soit préventive même si nous jouons avec un pressing haut, il faut que nous soyons prêts, chaque instant, à jouer dans les deux directions. Notre seule chance, c'est de fonctionner en bloc.

En 2009, la Suisse a été sacrée championne du monde U-17. Certains de ces joueurs sont aujourd'hui au sommet de leur carrière. Quel rôle jouent-ils au sein de votre équipe ?Ils sont très importants. J'espère que cette année, ils vont pouvoir s'imposer au sein de leurs clubs respectifs. Nous avons quelques problèmes à ce niveau. L'année dernière, cela concernait Haris Seferovic. Cette année, c'est au tour de Josip Drmic de passer beaucoup de temps sur le banc. J'espère aussi voir Xherdan Shaqiri jouer davantage. J'ai rappelé aux joueurs qu'il était essentiel qu'ils fassent leurs preuves en club et qu'ils passent davantage de temps sur le terrain afin d'en faire profiter l'équipe nationale. Il est essentiel qu'ils soient dans une bonne forme physique et mentale quand ils jouent en sélection.

*Quel regard portez-vous sur l'avenir du football suisse ? *Cette équipe a un bel avenir devant elle, tout comme le football suisse de manière générale. Des investissements importants ont été réalisés en matière de formation, y compris celle des entraîneurs, et un travail considérable a été réalisé auprès des sections jeunes. Bien sûr, dans un petit pays comme la Suisse, il peut arriver que d'une génération à l'autre, la qualité et le talent fluctuent. Mais nous ne ménageons pas nos efforts pour améliorer les choses. Il y a donc tout lieu de croire que l'avenir nous appartient.

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