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Pinilla, un coup de barre et ça repart

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Dès qu'il a appris que le Brésil serait le premier adversaire du Chili dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, Mauricio Pinilla a repensé au 24 juin 2014. Même le sacre récent dans la Copa América n'a pas permis à l'attaquant d'effacer le souvenir de la 119ème minute à l'Estadio Mineirão de Belo Horizonte. Alors que le tableau d'affichage indique 1:1 dans le quart de finale entre ces mêmes Brésiliens et le Chili, Pinilla trouve la barre transversale.

Dans la série des tirs au but qui suit, le sort s'acharne sur Pinilla, dont le penalty est repoussé. De quoi stigmatiser encore plus cette action au cours de laquelle Mauricio réussit un joli une-deux avec Alexis Sánchez, avant de déclencher un tir puissant du bord de la surface. Sa tentative vient heurter la transversale, sans toutefois entrer dans le but. Personne n'a besoin de rafraîchir la mémoire du principal intéressé. "Je revois cette action presque toutes les semaines car les gens continuent de la commenter sur les réseaux sociaux", explique l'attaquant à FIFA.com. "Facebook, Instagram, Twitter... On en parle toujours quelque part. Pour moi, c'est du passé. J'ai réussi à assumer ce qui est arrivé. Le football est ainsi fait. Un but a trois montants et toucher l'un d'entre eux fait partie des possibilités."

À 31 ans, dont 12 passés en sélection, Pinilla possède peut-être l'expérience nécessaire pour mieux gérer ce type de situation. De fait, il ne s'attarde pas sur ce qui aurait pu arriver si le ballon avait terminé sa course quelques centimètres plus bas. "Ce qui se serait passé, tout le monde le sait. Éliminer le Brésil à domicile, avec un aussi beau but, aurait été historique pour le Chili, et pour moi également. Mais je ne n'attarde pas dans ces pensées, car rien de tout cela n'est arrivé", coupe-t-il, philosophe.

Sur la barre… et sur la peau
Pinilla reconnaît cependant que cette action est un thème récurrent dans les conversations. "Au Chili comme en Italie, tout le monde m'en parle : mes coéquipiers de l'Atalanta, le président du club, les supporters… C'est encore pire au Chili. Même ma grand-mère m'en parle ! Elle me dit que c'était une très belle action et que la prochaine fois, ça rentrera", sourit celui qui, s'il ne commence jamais lui-même une conversation sur ce thème, l'a immortalisée en se faisant tatouer sur l'épaule une scène représentant le moment où le ballon tape sur la barre, avec en dessous la légende : "One centimeter from glory" (à un centimètre de la gloire). "Je voulais immortaliser cet instant en faisant quelque chose de différent. C'est un épisode tellement important qu'il aurait pu changer le cours de l'histoire. L'action ne s'est pas bien terminée mais pour moi, elle restera importante à jamais."

Pinigol était entré en jeu un peu avant la fin du temps réglementaire de ce quart de finale. Il aimerait de nouveaux être titulaire devant le Brésil à Santiago dans les qualifications, pour tenter de marquer. "Mais cette frappe sur la barre est inoubliable", revient-il à la charge. "C'est historique et rien ne pourra l'effacer, sauf peut-être des actions encore plus belles et d'autres victoires pour que notre football continue de progresser."

Le Chili a déjà fait un pas dans la bonne direction en s'adjugeant récemment la première Copa América de son histoire. Aujourd'hui, la Roja doit confirmer dans les qualifications pour Russie 2018, qu'elle abordera selon Pinilla avec l'étiquette de favori. "Nous n'avions jamais rien gagné et nous n'étions jamais considérés comme l'une des meilleures sélections de la planète. Mais aujourd'hui, nous sommes champions d'Amérique du Sud et nous faisons partie des dix meilleurs au classement FIFA", juge-t-il. "L'équipe pratique un jeu qui plaît aux gens, avec un mélange d'initiative et de lucidité. Même les Européens l'apprécient. Dans le football, vous n'existez pas sans régularité. Nous essayons d'être constants, jour après jour. C'est devenu notre mentalité."

Pourtant, cette entrée en matière contre le Brésil dans les qualifications sud-américaines pour Russie 2018 ne va pas être simple. Le Chili n'a plus battu la Seleção depuis 15 matches et 15 ans. Sa dernière victoire remonte à août 2000, lorsque la Roja l'avait emporté 3:0 à Santiago dans les qualifications pour Corée/Japon 2002. "Il y a toujours un supplément de motivation quand nous jouons contre eux et nous avons l'occasion de prendre une petite revanche", annonce l'attaquant. "Mais avant tout, il est important de gagner pour prendre trois points à Santiago. La qualification pour le Mondial va passer par des victoires à domicile. Les écarts sont faibles et les équipes qui finissent par se qualifier sont celles qui se montrent intraitables à domicile."

Mais au-delà de la qualification pour la prochaine Coupe du Monde, Pinilla ne perd pas de vue les objectifs à long terme. Comme pour son tir sur la barre face au Brésil en 2014, l'arbre de l'instant ne doit pas cacher la forêt des années à venir. "Pour nous, il était essentiel de gagner un titre pour faire grandir le football chilien, pour montrer aux enfants que l'époque est révolue où le Chili ne gagnait jamais rien. Ça y est, nous avons gagné quelque chose et les prochaines générations de footballeurs chiliens devront désormais entamer toutes les compétitions pour aller au bout, pour les gagner. Le Chili ne jouera plus pour participer, mais pour soulever des trophées." A condition que la barre ne s'en mêle pas...

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