Hors Jeu

Footballeurs à la rue ou dans la place

Former Manchester United manager Sir Alex Ferguson unveils a sign after a road
© AFP

"Tournez à droite dans la rue Zinedine Zidane, puis continuez tout droit jusqu’à la place Michel Platini. Vous avez atteint votre destination." Voilà le genre de phrase que vous pourrez peut-être entendre un jour prononcée par votre GPS. Certes, les deux génies des Bleus n’ont pas encore leurs noms gravés sur des plaques de rue, mais d’autres personnalités du football ont ouvert la… voie !

Récemment, Sir Alex Ferguson a eu droit à cet honneur. L'ancienne Waters Roach, non loin du stade Old Trafford, porte à présent le nom du célèbre entraîneur écossais, qui a mis fin à l’été 2013 à sa carrière après 27 ans de bons et loyaux services à Manchester United. "C'est un très grand honneur pour moi. En arrivant à Manchester en 1986, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait", confie Ferguson. Dans les années 1980, l'un de ses prédécesseurs chez les Red Devils, Sir Matt Busby, avait lui aussi été récompensé pour son travail en voyant une rue rebaptisée à son nom.

A quelques centaines de kilomètres, à Londres, on ne trouve pas encore de rue Mesut Özil. Il faut dire que l’international allemand n’a rejoint Arsenal qu’au début de la saison 2013/14. Mais le milieu de terrain a déjà connu cette reconnaissance  dans la ville turque de Devrek. "C'est notre enfant, nous devions faire ça pour lui", explique Mustafa Semerci, le maire de la ville de 60 000 habitants, qui a baptisé une rue du nom du joueur d’origine turque, même s’il est né… en Allemagne, à Gelsenkirchen !

Avenida *et *Strasse
Ce guide touristique des rues consacrées au football nous emmène également au Portugal, où est né José Mourinho. Cet été, Setúbal, sa ville natale, a rebaptisé la promenade Rua Saúde, située dans le centre de la ville, en "Avenida José Mourinho" et a tenu à saluer le rôle exceptionnel que The Special One a joué dans l'histoire du football international.

L’entraîneur chilien Manuel Pellegrini, lui, est né à Santiago du Chili. Mais c’est de l’autre côté de l’Atlantique qu’il a gravé son nom dans le marbre. Ou plutôt dans le ciment des rues de Malaga. Il faut dire que cet ingénieur de formation a réussi non seulement à qualifier les Boquerones pour la Ligue des champions de l’UEFA pour la première fois de leur histoire, mais surtout, à les emmener jusqu’en quart de finale pour cette première participation en 2012/13. "La décision est prise, il ne reste plus qu’à choisir la rue ou l’avenue. Pellegrini donnera son nom à un lieu de la ville après avoir mené ce club où il n’était jamais allé auparavant", justifie Francisco De la Torre, maire de la ville.

A Barcelone, la municipalité n’a pas eu à réfléchir bien longtemps pour savoir dans quel quartier elle allait inaugurer une rue Joan Gamper, fondateur, joueur et président du FC Barcelone. À la suite de son suicide le 30 avril 1930, ruiné par la crise de 1929 et tenu à l'écart du club par les autorités, la ville donne son nom à une rue du quartier des Corts. C’est dans ce district situé à l’ouest de la ville que, en 1922, Gamper verse un million de pesetas pour la construction d’un grand stade. L'enceinte, décrite à son inauguration comme la "cathédrale du football", est alors connue comme le "stade des Corts" et sera détruite en 1957 lorsque les Blaugrana s’installeront au Camp Nou.

A l’image de Gamper à Barcelone, ce sont des circonstances tragiques qui ont poussé Hanovre 96 à rebaptiser une rue. Le bureau du club de Bundesliga est domicilié au numéro 1 de la "Robert-Enke-Strasse" en souvenir du gardien de but de l'Allemagne, dont le suicide en novembre 2009 a bouleversé le pays et la planète football. De même, l'Espagnol Antonio Puerta, décédé en 2007 à l'âge de 22 ans, a lui aussi une rue à son nom dans la ville de Séville.

Les caprices de la géographie
C’est d’ailleurs à Puerta qu’Andrés Iniesta avait rendu hommage en inscrivant le but de la victoire de l’Espagne en finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™. Le milieu de terrain catalan  possède lui aussi une rue à son nom dans son village natal de Fuentalbilla, dans laquelle il a construit une maison au numéro 1. Curieusement, s’il est aujourd’hui un symbole du Barça, c’est aussi à une raison géographique qu’il le doit. Supporter du Real Madrid dans son enfance, Iniesta était sur le point d'intégrer la Cantera madrilène, mais son père a préféré qu’il choisisse le rival catalan car le quartier du centre de formation du Real n'était pas très fréquentable…

Cette victoire ibérique sur la scène mondiale a décidément changé la cartographie du pays. Madrid est allée encore plus loin en tenant à immortaliser l’équipe toute entière ! A Boadilla, le conseil municipal a baptisé une rue "Allée de l'équipe d'Espagne" tandis qu'un rond-point porte le nom de "Place Vicente del Bosque". Une façon pour la ville de saluer comme il se doit le premier titre remporté par la Furia Roja lors d’une Coupe du Monde de la FIFA™.

Dans sa ville natale, le gardien de but espagnol Iker Casillas a non seulement une rue à son nom, mais également un monument commémoratif sur lequel est gravée l'une de ses citations : "Je ne suis pas un Galactique, je viens de Móstoles." Le Sud-Coréen Park Ji-Sung doit lui aussi avoir été très honoré en apprenant qu'il était le seul footballeur de son pays encore en vie à avoir donné son nom à une rue. Depuis la Coupe du Monde 2002, la ville de Suwon, située à une trentaine de kilomètres de Séoul, a une "Route Park Ji-Sung".

Scirea dans tous les coins
Si toutes ces personnalités du ballon rond peuvent se vanter d’avoir leur place dans les plans et les guides touristiques, leur influence est encore loin de celle qu’a eue l’Italien Gaetano Scirea. La légende de la Squadra Azzurra et de la Juventus, où il a évolué pendant 14 ans, a marqué la commune de Turin, qui a intitulé en 2008 une rue à son nom, la Via Gaetano Scirea dans le quartier de Mirafiori Sud, et baptisé trois ans plus tard la rue qui mène aux portes du Juventus Stadium le Corso Gaetano Scirea.

Mais l’ancien libéro, champion du monde en 1982 et vainqueur - entre autres - des trois différentes Coupes d’Europe et de sept scudetti a également inspiré une route de la commune de Laureana di Borrello en Calabre, et une autre de la commune de Cinisello Balsamo en Lombardie. Sans compter la multitude de stades et de gymnases qu portent son nom dans la Botte.

Autant de routes, de rues et d’avenues qui ont mené ceux qui leur ont donné leur nom à la même destination : la postérité...

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