Hors Jeu

Quand la victoire vient du banc

Marouane Fellaini of Belgium celebrates scoring
© Getty Images

Si un match se joue à 11, il se gagne souvent grâce aux remplaçants. Ce 17 juin, la Belgique en encore fait la démonstration face à  l'Algérie (2:1). FIFA.com vous présente les joueurs qui sont rentrés dans l'histoire en sortant du banc de touche.

Il ne le sait pas mais lorsque Horst Eckel entre en jeu contre la sélection de Sarre en octobre 1953, l'Allemand ouvre un nouveau chapitre de l'histoire du football. Il devient ce jour-là le premier remplaçant dans un match officiel de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA. Et si le football se joue toujours à 11, il se gagne désormais souvent à 12, 13 ou 14.

Inspirés par leur aîné, d'autres joueurs allemands se sont illustrés en tant que remplaçants. L'exemple le plus émouvant est celui de Günter Netzer, meneur de jeu de Mönchengladbach, lors de la finale de la Coupe nationale contre Cologne en 1973. Touché par le décès récent de sa mère, il se contente du banc de touche. Entré à 20 minutes du terme, il inscrira le but de la victoire 2:1 des siens et entrera dans le cœur des Allemands, une place consolidée un an après en soulevant la Coupe du Monde de la FIFA.

Deux décennies plus tard, l'histoire est moins triste mais aussi belle pour la Mannschaft lors de l'EURO 1996. Entré en jeu à la 69ème minute de la finale face à la République tchèque, qui mène alors 1:0, Oliver Bierhoff ne met que quatre minutes pour égaliser. Du statut de sauveur, l'attaquant passe à celui de héros lors de la prolongation en inscrivant le premier but en or de la compétition qui offrira le trophée à l'Allemagne.

Quand j'ai vu Teddy marquer, je me suis dit 'Super ! Je vais jouer encore 35 ou 40 minutes d'une finale de Ligue des champions. Ça va être incroyable !'

Ce triomphe venu du banc donna des idées au jeune Lars Ricken, attaquant du Borussia Dortmund, en finale de la Ligue des champions 1997 face à la Juventus. Il marqua le troisième but de son équipe après seulement 16 secondes de présence sur le terrain et pour son premier ballon ! La reine des compétitions européennes inspire décidément les remplaçants puisque deux ans plus tôt, Patrick Kluivert, remplaçant au coup d'envoi, avait inscrit le but victorieux de l'Ajax Amsterdam face à l'AC Milan (1:0), tandis qu'en 2006 contre Arsenal, le Suédois du FC Barcelone Henrik Larsson était entré sur le terrain pour offrir deux passes décisives à Samuel Eto'o puis Juliano Belletti. Pour la petite histoire, le Brésilien auteur du but du triomphe (2:1), était entré dix minutes avant...

Solskjær, successeur de FaircloughBarcelone, c'est justement là que s'est écrite la légende du plus célèbre des jokers lors de la finale de la Ligue des champions 1999. Déjà surnommé Supersub pour ses entrées en jeu décisives pour Manchester United, Ole Gunnar Solskjær marqua dans les arrêts de jeu le but victorieux face au Bayern Munich qui, une minute plus tôt, menait encore 1:0 ! Entretemps, Teddy Sheringham, lui aussi lancé par Alex Ferguson quelques instants auparavant, avait égalisé. "Quand j'ai vu Teddy marquer, je me suis dit ‘Super ! Je vais jouer encore 35 ou 40 minutes d'une finale de Ligue des champions. Ça va être incroyable !'" avoua le héros après la rencontre. Le match ne dura finalement que quelques secondes de plus, mais effectivement, ce fut incroyable !

Je préfère être remplaçant ici que titulaire ailleurs !

En onze saisons à Manchester, le Norvégien, retraité depuis 2007, a laissé des souvenirs impérissables et des statistiques impressionnantes malgré un statut d'éternel remplaçant. L'histoire semblait écrite d'avance. Pour son premier match avec les Red Devils en 1996, il marque deux fois après son entrée en jeu pour décrocher le match nul contre Blackburn, qui mène alors 2:0. En une décennie, une grande part de ses 126 buts ont été inscrits en suppléant l'un de ses coéquipiers. Symbole de cette réussite, son bout de match face à Nottingham Forest en février 1999 lui permet d'inscrire quatre buts en moins de dix minutes. Avec un talent qui lui aurait valu une place de titulaire dans n'importe quel club, le Baby-faced assassin a toujours répondu de la même manière à toutes les sollicitations : "Je préfère être remplaçant ici que titulaire ailleurs !"

Jambes fraîches
Ironie du sort, le "meilleur remplaçant de l'histoire", dixit Sir Alex, supportait dans sa jeunesse l'ennemi intime, Liverpool, où est né le concept de Supersub dans les années 70. A l'époque où les Reds régnaient sur l'Angleterre, l'attaquant David Fairclough avait du mal à se faire une place dans le onze de Bob Paisley. Mais sa patience fut récompensée dès sa première saison, où il trouva le chemin des filets à sept reprises en 14 apparitions, dont neuf en entrant en cours de match.

Parmi ses entrées victorieuses, les supporters retiendront celle contre Saint-Etienne en quart de finale de la Coupe d'Europe des Clubs champions 1977, où son but tardif élimina les Verts et mit les Reds sur la voie de leur première victoire dans cette compétition. "Mais ce statut n'a absolument pas aidé ma carrière", se souvient l'intéressé. "Aujourd'hui, les remplaçants sont considérés comme des jambes fraîches capables de changer un match, mais à l'époque, s'asseoir sur le banc signifiait qu'on n'était pas assez bon pour débuter."

Aujourd'hui, les remplaçants sont considérés comme des jambes fraîches capables de changer un match, mais à l'époque, s'asseoir sur le banc signifiait qu'on n'était pas assez bon

Des jambes fraîches, Roger Milla les avait toujours à 38 ans. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1990, le Camerounais mena pratiquement à lui tout seul les Lions indomptables en quart de finale en marquant deux doublés après ses entrées en jeu face à la Roumanie et la Colombie. Autre héros sur la prestigieuse scène mondiale, le Paraguayen Nelson Cuevas tira son équipe d'un bien mauvais pas en 2002 lors du dernier match de poule. Les Albirrojos avaient besoin d'une victoire contre la Slovénie pour se qualifier, mais étaient menés 1:0 à l'heure de jeu, moment choisi par Cesare Maldini pour lancer son joker. Il ne lui fallut que quatre minutes pour égaliser et vingt de plus pour inscrire un doublé, le troisième but des siens. Sa mission accomplie, le remplaçant fut remplacé dans les arrêts de jeu !

Coaching gagnant
L'entraîneur de l'Egypte eut lui aussi le nez creux en demi-finale de la CAN 2006 face au Sénégal. Au risque de se mettre tout le pays à dos, Hassan Shehata décida de sortir le héros local, Mido, pour lancer le jeune Amr Zaki. Pendant que l'ancien Marseillais se lançait dans une dispute mémorable et musclée avec son sélectionneur, le nouvel entrant inscrivait l'unique but du match sur son premier ballon, envoyant les Pharaons vers une finale qu'ils remporteraient quelques jours plus tard.

Et que dire alors du coaching de Roger Lemerre lors de la finale de l'EURO 2000 ? Entré en fin de match alors que l'Italie mène 1:0, Sylvain Wiltord arrache l'égalisation dans les arrêts de jeu sur une déviation de David Trézéguet, sorti du banc de touche un quart d'heure auparavant. Cerise sur le gâteau, Trezegol inscrit en prolongation le but en or qui envoie les Bleus sur le toit de l'Europe sur un service de Robert Pirès, qui avait débuté la rencontre... sur le banc !

Bien entendu, si l'on se souvient de ces belles histoires, il y en a d'autres qu'on aimerait oublier. Celle du Bolivien Marco Etcheverry lors de la Coupe du Monde 1994 en fait partie. Entré sur le terrain à la 79ème minute lors du match d'ouverture face à l'Allemagne, El Diablo en ressortit trois minutes plus tard avec un carton rouge comme seul souvenir...

Votre opinion ?Vous avez des souvenirs de remplaçants qui ont changé le cours d'un match ? Faites-nous partager vos connaissances et vos souvenirs en cliquant sur "Votre opinion ?" ci-dessous !

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