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26 septembre 1987 : Le grand jour du petit Ramang

Indonesia's Ramang in action against Soviet Union in the 1956 Olympic Games
© Others

L’Indonésie est le premier pays asiatique à s’être qualifié pour une Coupe du Monde de la FIFA™. Toutefois, les Indonésiens ont accédé au grand rendez-vous français de 1938 par la petite porte, puisqu’ils ont bénéficié du refus du Japon, puis des États-Unis, de disputer le barrage pour la phase finale.

Hélas pour les Indes orientales néerlandaises - le nom de l’Indonésie avant son indépendance vis-à-vis des Pays-Bas - l’aventure en terre française n’aura duré que 90 minutes. Les hommes de Johannes van Mastenbroek, dont aucun ne connaîtra jamais plus les honneurs de la sélection, encaissent un sévère 6:0 face à la Hongrie. À ce jour, l’Indonésie reste la seule nation à avoir disputé un seul match de Coupe du Monde de la FIFA™.

Cependant, les forfaits vont permettre une nouvelle fois à l’archipel du sud-est asiatique de disputer une compétition majeure. À la veille du Tournoi Olympique de Football, Melbourne 1956, une cascade de désistements offre un sésame inespéré à l’Indonésie, à la faveur de sa proximité géographique. À l’époque, tout le monde est convaincu que le premier match de l’Indonésie sera aussi le dernier.

Après tout, leur adversaire au deuxième tour n’est autre que l'U.R.S.S., qui compte dans ses rangs Lev Yashin, Igor Netto, Eduard Streltsov et Valentin Ivanov. Vainqueurs au premier tour de la RFA, championne du monde en titre, les Soviétiques deviendront 4 ans plus tard les premiers champions d’Europe de l’histoire.

Petit Ramang contre grand Yashin
Pourtant, les imposants défenseurs soviétiques n’ont guère le temps de s’endormir. Ramang, le minuscule attaquant de pointe indonésien, brûle la politesse à deux adversaires et force Yashin à une belle parade du bout des doigts. Ensuite, les hommes de Gavril Kachalin ont beau monopoliser le ballon, ils perdent patience face à leur incapacité à ouvrir la marque et au talent de Ramang en contre-attaque. À la 84ème minute, le buteur de poche manque même d’offrir à l’Indonésie la surprise du siècle, mais Yachine s'interpose à nouveau.

Inconnu des Soviétiques avant ce premier match, Ramang est en revanche surveillé de très près lors de la seconde confrontation des deux nations. Kachalin va même jusqu’à ordonner à Netto, le stratège de l’équipe, d’adopter une position plus défensive pour annihiler les efforts du numéro 11 indonésien. Bien lui en prend, puisque l’Union soviétique s’impose 4:0. La victoire des Soviétiques en finale ajoute encore à la légende de l'Indonésie, qui signe ce jour-là l’une des plus incroyables performances de l’histoire du football olympique. C'est aussi le point d'orgue d’un triomphe national qui doit beaucoup à un attaquant de génie.

Doté d’une superbe vitesse de pointe et d’une technique parfaite, acquise en jonglant avec des oranges lorsqu’il était enfant, Ramang fait trembler les filets avec une régularité d’horloger dès ses débuts internationaux en 1952. L’année suivante, lors d’une tournée en Extrême-Orient, il inscrit 19 buts en seulement six matches, dont deux ciseaux retournés, sa marque de fabrique. Les Indonésiens s’inclinent seulement face à la République de Corée.

Petits boulots et grande passion
Ramang réussit ensuite plusieurs doublés, tandis que l’Indonésie élimine la RP Chine de la campagne qualificative pour la Coupe du Monde de la FIFA, Suède 1958™. En 1958, l’Indonésie bat l’Inde 4:1 et termine troisième des Jeux Asiatiques. Deux ans plus tard, malgré une défaite d’entrée face à la République de Corée lors du tournoi de Merdeka, Ramang et ses coéquipiers enchaînent quatre victoires consécutives pour conquérir le bronze, inscrivant 20 buts au passage. En 1959 à Djakarta, face à une RDA qui s’imagine disputer une partie de plaisir, le même Ramang débloque les compteurs d’une frappe puissante, avant d’offrir le but du nul (2:2) à Endang Witarsa, au terme d’une folle chevauchée.

Un exploit parmi tant d’autres pour les fans indonésiens, notamment ceux du PSM Makassar, où Ramang a fait l’essentiel de sa carrière. Personne là-bas n’a oublié cet homme qui vivait de petits boulots sous-payés, dans un dénuement presque total, pour assouvir sa passion du football.

Il y a 25 ans ce 26 septembre 2012, disparaissait le plus grand footballeur indonésien de l’histoire. La légende de Ramang, elle, n’est pas près de s’éteindre.

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