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Simoncini, le plus beau et le pire métier du monde

Aldo Simoncini, le plus beau et le pire métier du monde
© Getty Images

Un, deux, trois, cinq, dix, ou même treize. Il ne compte plus le nombre de fois où il effectue le même geste durant un match. Et pas le plus agréable : aller chercher le ballon au fond de ses filets. Une routine qui découragerait n’importe quel joueur, mais qui n’a pourtant jamais remis en question la motivation et l’esprit de compétition d’Aldo Simoncini.

Simoncini est un gardien de but comme les autres, à la différence près qu’il est celui de la sélection de Saint-Marin, l’un des plus petits États d’Europe, l’une des plus modestes formations du Classement mondial FIFA/Coca-Cola et, de fait, une équipe habituée aux scores lourds en sa défaveur. "Moi, je suis né à Saint-Marin et j'ai tout donné pour arriver à occuper ce poste et défendre les couleurs de mon pays", assure-t-il pourtant à FIFA.com quand on évoque l’ingratitude de sa tâche. "Bien sûr, j'éprouve beaucoup plus de difficultés que les gardiens d'autres pays plus prestigieux. Mais je l'assume sans problème."

Il l’assume tellement que, même s’il n’a encore jamais goûté à la victoire en plus de 40 sélections et dix ans de présence en équipe nationale, il ne traîne jamais les pieds à l’appel de la Serenissima. "Même si personne n’aime perdre, et nous non plus, nous connaissons parfaitement nos limites", admet-il humblement. "Nous sommes des joueurs d'un certain niveau et nous connaissons l’écart avec les autres équipes que nous devons rencontrer. Il y a une trop grande différence entre la vie que nous menons et nos adversaires qui sont en général professionnels, alors que nous, nous devons travailler dans la journée avant de nous entraîner."

Simoncini enfile ainsi chaque jour son costume d’ingénieur en informatique de 8h00 à 16h00, avant de lever les mains de son clavier pour les mettre dans ses gants à 19h00, et garder tous les week-ends les buts de Libertas, dans le championnat de Saint-Marin. "La qualité de notre championnat n'est pas très élevée, alors c'est toujours valorisant de se confronter avec des équipes qui alignent des joueurs de haut niveau", explique-t-il pour décrire le plaisir que lui procurent les rencontres internationales.

Juste du respect
Parmi ses meilleurs souvenirs, le portier cite ainsi son échange de maillot avec son idole Gianluigi Buffon, ou son émotion d’avoir croisé la route de Manuel Neuer, mais surtout ses duels avec les plus grands attaquants. "J'ai été directement confronté à plusieurs joueurs de haut niveau, mais c'est sans doute Wayne Rooney le plus impressionnant", estime-t-il, plein de respect pour l'Angleterre, "une équipe de gentlemen qui nous a traités avec respect en jouant contre nous comme si nous évoluions dans la même cour", précise-t-il, regrettant le comportement beaucoup moins noble et le manque de considération de nombreux autres adversaires…

Simoncini le sait : rêver d’une qualification pour un grand tournoi relève de la mission impossible pour un pays de 33 000 habitants, qui peut puiser dans un réservoir d’à peine une cinquantaine de joueurs pour constituer son équipe nationale. Il faut donc trouver la motivation ailleurs que dans le simple résultat. "Les matches commencent toujours à 0:0 et nous essayons de faire le mieux possible", soutient le frère jumeau de Davide, lui aussi international, conscient de la probabilité de la défaite, mais qui ne la tient jamais pour acquise en entrant sur le terrain.

Quatre jours après avoir fêté son trentième anniversaire le 30 août, il n’y pensera pas non plus en pénétrant sur la pelouse du stade Olympique de Serravalle contre l'Azerbaïdjan à l'occasion du début des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. "Sur le papier notre adversaire partira favori, mais c'est sans aucun doute le match ou nous devrons essayer de prendre un peu plus de risques que d'habitude. Mais de là à dire que nous finirons devant au classement, il y a une marge…", reconnaît Simoncini, à propos d’un Groupe C qui compte la République tchèque, l’Irlande du Nord, la Norvège et - surtout - l’Allemagne.

Le prix à payer
C’est justement face aux Allemands en 2006 que le dernier rempart avait honoré sa première sélection, rencontre inoubliable pour plusieurs raisons. "On n'a pas réussi grand-chose contre une équipe qui nous a atomisés, là aussi avec beaucoup de respect car ils ont joué le jeu à fond jusqu'au bout", se souvient-il à propos d’une défaite 13:0, la plus lourde de l’histoire de la Serenissima. "De notre côté on a fait tout ce qui était en notre pouvoir, mais on sait que contre les grandes équipes, c'est parfois le prix à payer."

Paradoxalement, Simoncini avait apprécié le moment puisque, outre une première cape, ce match marquait la fin d’un long calvaire de deux ans, conséquence d’un grave accident de voiture qui lui avait valu un coude et le bassin fracturé, une immobilisation totale de quatre mois, et un diagnostic qui lui promettait une impossibilité de rejouer au football, voire même de remarcher normalement. "C'est vrai que pour moi c'était un peu particulier, mais je ne pense pas que mes coéquipiers en garderont un bon souvenir", plaisante-t-il aujourd’hui. "Malgré le plaisir de retrouver mes sensations, je me serais bien passé des 13 buts..."

Mais comme toujours, Simoncini est allé à chaque fois chercher le ballon dans ses filets et s’est replacé, sans rien perdre de sa motivation.

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