Le Football contre le COVID-19

Sordell, retraité actif et positif

Marvin Sordell of Burton Albion wheels away 
© imago images
  • Marvin Sordell a raccroché les crampons à 28 ans
  • Il a cofondé une société de cinéma nommée 180 Productions
  • Il a toujours su que sa vie ne se résumait pas au football

Une fois l'entraînement fini à Coventry City, Marvin Sordell se rendait à l'école d'aviation située près du terrain. "Je pilotais un Cessna, un petit biplace. Je n'ai pas pu terminer ma licence, mais j'ai tout de même effectué un peu moins de 30h de vol, passé les neuf examens et aussi volé en solo."

À l'été 2019, Sordell a raccroché définitivement les crampons à l'âge de 28 ans. Sa carrière l'a mené dans des clubs de Premier League, tels que les Bolton Wanderers et Burnley. Il a également représenté la Grande-Bretagne lors du Tournoi Olympique de Football Masculin, Londres 2012, où il a disputé trois matches aux côtés d'Aaron Ramsey et autre Ryan Giggs. Mais il a toujours su que sa vie ne se résumait pas au ballon rond.

"Je me suis toujours intéressé à des activités autres que le football", confie Sordell au micro FIFA.com. "Je cherche sans cesse à évoluer, c'est dans mon caractère. J'ai toujours pensé que j'avais plus à offrir que le seul talent de footballeur. J'ai essayé des tas de choses différentes, la cuisine par exemple, parce que j'adore ça. Je me suis initié au piano et au pilotage. J'ai appris des langues étrangères. Et je me suis mis à l'écriture et aux courts-métrages."

Son goût pour la narration l'a finalement conduit à cofonder une entreprise de production cinématographique nommée 180 Productions avec son ancien coéquipier Will Miller. "Nous avons lancé notre société il y a un an. Nous avons noué des contacts, nous avons des idées, et il nous reste à rassembler le tout pour produire des contenus de qualité," précise-t-il. "Nous avons utilisé la période de la COVID-19 pour restructurer notre activité et notre stratégie commerciale".

Dépression

Sordell a évoqué ouvertement sa lutte contre la dépression dans ses écrits. Comment fait-il face à la situation difficile dans laquelle le monde et la société se trouvent aujourd'hui ? "J'ai des hauts et des bas, comme tous ceux avec qui j'ai parlé", répond-il. "Il y a des jours, parfois des semaines, où je me sens mal. Nous vivons une situation anormale, qui peut être angoissante par moments. Je me contente d'essayer d'apprendre le plus de choses possible, notamment sur moi-même. Nous traversons une période compliquée, mais dont nous pouvons tirer de nombreux enseignements".

"Il faut célébrer les petites victoires. Le simple fait de se lever et de faire son lit en est une. Et peu à peu, jour après jour, on finit par accomplir beaucoup" ajoute-il. "Ce sont peut-être des riens, mais on avance quand même, un pas à la fois. Inutile de se tracasser quand on a des choses importantes à faire, parce qu'on ne peut parfois pas tout accomplir en une journée ou une semaine. J'ai voulu avant tout rester positif."

L'expérience qui parle

L'expérience de vie de Sordell est parfaitement en phase avec ce moment de l'histoire. L'être humain est contraint de sortir de ses zones de confort. L'ancien attaquant se consacre à présent au jardinage, une activité qu'il trouve relaxante. Son objectif à long terme est d'obtenir une pelouse immaculée. "Je ne m'occupe pas du désherbage, parce que ce que j'aime, c'est voir les choses pousser."

Que conseillerait-il à ceux qui souffrent de dépression et vivent seuls ? "Quand on se sent seul, la première chose à faire, c'est de parler à quelqu'un, de faire appel à sa famille et à ses amis, aux personnes qui seront toujours là pour vous soutenir" répond-il. "Puisque nous sommes séparés physiquement, nous pouvons profiter de cette période pour approfondir nos relations affectives, car nous avons plus de temps pour parler avec nos proches. Je le conseille vivement, tout comme de s'entretenir physiquement. Il est préférable de ne pas attendre d'être sur son lit de mort ou obèse pour commencer à faire de l'exercice. "

Il espère qu'après le COVID-19, un financement plus important sera accordé aux problèmes de santé mentale, notamment aux études sur les traumatismes crâniens, ainsi qu'au football local. Mais il continuera à raconter des histoires à travers ses écrits ou ses films. "J'apprends tout le temps quelque chose de nouveau. Quand on fait des recherches sur diverses histoires, on découvre des trésors d'informations sur des cultures et des peuples différents. C'est un travail qui me passionne et me satisfait pleinement", conclut-il.

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