Dans notre bilan statistique hebdomadaire, nous évoquons les bonnes habitudes de Zlatan Ibrahimovic, le record de Radamel Falcao, la rapidité de Javier Hernandez, la victoire-fleuve du Bayern Munich et les nombreuses surprises en Copa Libertadores.

36 secondes s'étaient écoulées depuis le coup d'envoi à Old Trafford lorsque Javier Hernandez a inscrit le but le plus rapide de la saison en Angleterre, permettant ainsi à Manchester United de faire un pas de géant vers le titre. Le Mexicain améliore d'une seconde la performance du Gunner Marouane Chamakh, en novembre dernier contre Wolverhampton. Chicharito atteint par la même occasion la barre des 20 réalisations, toutes compétitions confondues, depuis le début de la saison avec les Red Devils. Le but marqué par le jeune Aztèque est le plus rapide en Premier League anglaise depuis celui réussi par Steve Sidwell, en 2008 contre Everton. L'ancien milieu de terrain de Chelsea avait trouvé la faille après seulement 33 secondes de jeu. Cependant, le record d'Hernandez n'a tenu que l'espace de 24 heures, Maxi Rodriguez faisant trembler les filets de Fulham au bout de 30 secondes, hier soir lors de la victoire de Liverpool 5:2 à Craven Cottage. Quant aux hommes dirigés par Alex Ferguson, ils n'ont toujours pas concédé de but en première période, cette saison à domicile en championnat d'Angleterre. Il faut remonter 402 jours en arrière pour trouver trace d'un but adverse en première mi-temps au "Théâtre des rêves" en Premier League. Son auteur était Joe Cole, qui avait ouvert le score et contribué à une victoire 2:1, décisive dans la conquête du titre par les Blues cette année-là. Dimanche, Frank Lampard a trouvé la faille pour les Londoniens, signant au passage son premier but à Old Trafford depuis plus de 12 ans. Cette réduction du score en deuxième période n'a pas empêché Manchester d'égaler un record détenu jusque-là par Newcastle United : une série de 14 victoires consécutives à domicile en Premier League.

16 buts sur la scène européenne en une seule saison : Radamel Falcao a battu le précédent record appartenant à Jürgen Klinsmann. Lors de la campagne victorieuse du Bayern Munich dans la Coupe UEFA 1996, l'attaquant allemand avait fait mouche à 15 reprises. Falcao est donc en train d'affoler tous les compteurs. Le joueur de Porto a marqué 10 fois lors des quatre dernières sorties de son équipe en UEFA Europa League, quarts de finale et demi-finales aller et retour. Le Colombien a ainsi inscrit son nom au tableau d'affichage à 15 reprises au cours des huit dernières parties qu'il a disputées. Cette saison en Europe, il a marqué à lui seul plus de buts que toute l'équipe de Braga, futur adversaire de Porto en finale. La finale de l'UEFA Europa League, le 18 mai prochain à Dublin, sera la quinzième du nom entre deux équipes du même pays, la première entre deux clubs portugais. Porto partira avec la casquette de favori et son entraîneur Andre Villas Boas, qui aura 33 ans et 213 jours le 18 mai, pourrait battre un record établi par Gianluca Vialli quand il avait gagné la Coupe des Vainqueurs de Coupe de l'UEFA avec Chelsea à l'âge de 33 ans à 308 jours : celui de l'entraîneur le plus jeune à soulever une coupe d'Europe.

8:1, c'est la lourde défaite infligée samedi par le Bayern Munich à St. Pauli. Les Bavarois ont ainsi signé le plus large succès de leur histoire à l'extérieur en Bundesliga. Ironie de l'histoire, ce score-fleuve intervient 34 ans jour pour jour après la seule victoire 8:1 en déplacement de l'histoire du championnat d'Allemagne, remportée par l'Eintracht Francfort à Essen le 7 mai 1977. Le principal bourreau de St. Pauli samedi a été Mario Gomez, qui est devenu par la même occasion le deuxième joueur de l'histoire de la Bundesliga, après le légendaire Gerd Müller, à inscrire au moins cinq triplés au cours de la même saison. En 1971/72, Der Bomber avait réussi la bagatelle de six hat-tricks. Cette année, Gomez est devenu le troisième joueur de l'histoire du Bayern à inscrire 25 buts lors d'un même exercice.

8 saisons de suite à remporter un championnat national : c'est l'exploit réussi par Zlatan Ibrahimovic après le sacre de l'AC Milan, ce week-end dans le championnat d'Italie. La dernière fois que l'attaquant rossonero n'a pas été couronné champion date de 2002/03, quand il portait encore les couleurs de l'Ajax Amsterdam. Après cela, il a été sacré à huit reprises dans trois pays et avec cinq clubs différents : Ajax (1), Juventus (2), Inter Milan (3), Barcelone (1) et AC Milan (1) - à préciser toutefois que la Juventus avait été déchue des deux Scudetti gagnés en la présence d'Ibrahimovic. Mais si le Suédois a contribué à offrir aux Milanais le 18ème titre de champion d'Italie de leur histoire, revenant ainsi à égalité avec l'Inter en la matière - les deux clubs de Milan ont fait main basse à eux deux sur les sept dernières éditions de la Serie A italienne -, c'est surtout grâce à leur incroyable solidité défensive que les Rossoneri ont assis leur règne sur la péninsule. Ce week-end à Rome, les hommes de Massimiliano Allegri ont aligné leur quatrième match d'affilée sans concéder de but en championnat, prouesse qu'ils ont réussie à 19 reprises cette saison. Cet hermétisme doit beaucoup à Alessandro Nesta, qui a fait sa 400ème apparition en Serie A samedi.

2 participants en quarts de finale de la Copa Libertadores font du Paraguay le pays le mieux représenté cette année dans l'épreuve suprême de la région, après une semaine cataclysmique pour les grosses cylindrées traditionnelles du football sud-américain. Le Brésil et l'Argentine, qui pèsent à eux deux 36 sacres en Libertadores et 16 au cours des seules 19 dernières saisons, ont vu huit de leurs dix représentants passer à la trappe la semaine passée. Au cours des deux dernières saisons, la moitié des quart de finalistes du tournoi étaient des équipes brésiliennes. La chose est d'autant plus étonnante que récemment, le pays du futebol enregistrait un retour en masse de stars qui évoluaient jusque-là en Europe. Il faut regarder 17 ans en arrière pour déterrer des quarts de finale de Copa Libertadores avec seulement un club argentin et une formation brésilienne, en l'occurrence Vélez Sársfield et São Paulo. Les deux clubs n'en avaient pas moins réussi à atteindre la finale, qui s'était soldée par la victoire des Argentins de Vélez.