Coupe du Monde de la FIFA 1986™

Quand des Lions montrent le chemin à l'Afrique

(African Football Media)
1986 World Cup Finals, Monterrey, Mexico, 6th June 1986, England 0 v Morocco 0, England's Bryan Robson battles for the ball with Morocco's Biyaz.
© Getty Images

Même si le Maroc n’est pas la première équipe africaine à se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA™, les Lions de l’Atlas *fêtent en 2016 l’anniversaire de leur entrée dans l'histoire du tournoi. Il y a 30 ans, les Marocains s’imposaient devant le Portugal (3:1) et devenaient les premiers Africains à atteindre la seconde phase.

*FIFA.com revient sur ce moment historique.

Dès leur arrivée au Mexique, les Lions de l’Atlas se présentent comme de sérieux concurrents. Deux ans auparavant, leur prestation au Tournoi Olympique de Football Masculin de Los Angeles a révélé leur potentiel aux yeux du monde. Placés dans le même groupe que la RFA et le Brésil, les Marocains impressionnent. "Après notre parcours aux Jeux Olympiques, nous voulions nous qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde", explique Mustafa El Haddaoui, qui a participé aux Coupes du Monde 1986 et 1994. "Nous avions une nouvelle génération de joueurs, avec Badou Zaki, Aziz Bouderbala, Mohammed Timoumi, Abderrazak Khairi, Krimau et moi-même", détaille-t-il.

Accueillis par 100 000 personnes
Cette génération valide son billet pour le Mexique en dominant tour à tour la Sierra Leone, le Malawi et ses rivaux régionaux, l’Égypte et la Libye.  En Coupe du Monde, les Marocains héritent de la Pologne, du Portugal et de l’Angleterre. Afin d'être prêts pour leur deuxième participation à l'épreuve mondiale - ils étaient déjà du voyage au Mexique en 1970 -, ils passent 40 jours à Monterrey, où ils doivent disputer leur première rencontre face à la Pologne. "Nous avions un sélectionneur très expérimenté avec le Brésilien José Faria. Il voulait que nous soyons en condition pour le jour J. Nous avions un avantage parce que nous connaissions nos adversaires. Eux, en revanche, ne savaient pas grand-chose sur nous. À cette époque, il était difficile d’obtenir des informations sur les autres équipes."

Le milieu de terrain réalise ensuite une belle prestation lors de l'entrée en lice de son pays. Les Marocains démontrent qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration. "Nous avions l’impression que nos adversaires nous prenaient un peu de haut, mais ils se sont très vite rendu compte que nous étions une équipe bien organisée avec des individualités qui sortaient du lot", analyse-t-il. "Nous avions obtenu deux nuls vierges face à la Pologne et à l’Angleterre, avant de disputer un match décisif contre le Portugal. Nous avions tous les deux besoin de points et nous l’avions emporté 3:1. Personne ne nous attendait à un tel niveau, surtout que le Portugal avait battu l’Angleterre un peu plus tôt."

Au tour suivant, le Maroc rencontre la RFA. Le match est tendu. Les* Lions de l’Atlas tiennent la dragée haute à la **Nationalmannschaft *mais s’inclinent finalement sur un coup franc de Lothar Matthäus, à deux minutes du coup de sifflet final. "Cette défaite a été difficile à encaisser. Nous aurions pu éviter de prendre ce but", se lamente-t-il encore. "Les Allemands ont beaucoup souffert contre nous. On aurait dit qu’ils étaient vraiment éprouvés. Nous faisions jeu égal avec eux et même si nous avons perdu, le peuple marocain était fier de nous. À notre retour, nous avions été accueillis par 100 000 personnes."

L’héritage d’un Lion
Cette épopée forme alors les héros de toute une génération de jeunes Marocains. El Haddaoui est nommé capitaine de la sélection lors de la Coupe du Monde aux États-Unis en 1994. "Nous avions une belle équipe, composée d’individualités comme Noureddine Naybet et Mustapha Hadji. Mais nous étions moins bien préparés qu’en 1986, même si nous avions fait un stage au Canada. Nous avions aussi connu notre lot de problèmes en interne. Du coup, nous avions perdu toutes nos rencontres. Mais l’expérience a été bénéfique pour cette génération qui s’est qualifiée ensuite pour la Coupe du Monde en France quatre ans plus tard."

Aujourd’hui, El Haddaoui a gardé contact avec ses coéquipiers de 1986 avec lesquels il participe parfois à des matches amicaux. Il a aussi entraîné les équipes de jeunes de la sélection nationale et notamment la sélection olympique. Actuellement, il est le président du syndicat des joueurs professionnels marocains. En ce qui concerne l’avenir, El Haddaoui veut croire qu'Hervé Renard est l’homme de la situation pour une nouvelle qualification en Coupe du Monde. "C'était le bon choix. Il connaît bien le football africain, il a du charisme et l’expérience nécessaire. C’est un vrai leader et il peut s’appuyer sur des éléments de qualité dans son groupe. Nous avons des raisons d’y croire", lance-t-il en guise de conclusion

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