C'est arrivé un...

19 novembre 1969 : Pelé tape dans le mille

(FIFA.com)

"J'avais l'impression de jouer seul contre le reste du monde." Ces paroles ont été prononcées par un gardien argentin. Il y a 49 ans jour pour jour, le 19 novembre 1969 à 23h11, il s'est retrouvé dans une situation peu enviable : arrêter un penalty en territoire brésilien. Il ne s'agissait pourtant pas d'un duel entre l'Albiceleste et la Seleção, ni même d'un choc entre deux géants du football sud-américain en Copa Libertadores.

Edgardo Andrada est adulé par la majorité des 65 000 spectateurs présents au Maracanã. À 12 minutes du coup de sifflet final, son équipe, Vasco da Gama, est tenue en échec (1-1) par Santos dans une rencontre décisive comptant pour le Robertão (l'ancêtre du championnat fédéral). "Le bruit était assourdissant. Même les supporters de Vasco étaient contre moi", rapporte-t-il pourtant...

Il faut dire qu'en face, un joueur de légende s'apprête à inscrire un but historique. Le compteur personnel de Pelé affiche alors 999 unités. Dans ces conditions, personne ne se soucie vraiment du résultat. Tout le monde est venu pour voir le champion de 29 ans devenir le premier homme de l'histoire à franchir cette barre hautement symbolique. Quelques secondes auparavant, l'artiste a démontré qu'il n'avait rien perdu de sa pointe de vitesse en obtenant le penalty que le pays tout entier attendait.

"Dans leur immense majorité, les gens voulaient voir le but, mais les joueurs de Vasco ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour l'empêcher", se souvient Pelé. "Ils me provoquaient ; ils n'arrêtaient pas de me dire que ça n'arriverait pas. Mais c'était écrit. Il fallait qu'il se passe quelque chose pour que l'occasion d'inscrire ce but se présente enfin et c'est ce qui s'est produit."

Pelé s'élance, ralentit et tente finalement de glisser le ballon dans l'angle gauche du but d'Andrada. Le gardien part du bon côté. Il touche le ballon, sans toutefois parvenir à l'empêcher de rentrer. "Pour la première fois de ma carrière, j'étais nerveux. Andrada était en forme. Je n'avais jamais ressenti une telle pression", assure O Rei. "Je tremblais. Tout dépendait de moi et tout à coup… Gooooooool. Quelle émotion ! Le stade a explosé de joie."

Pelé s'élance vers le but pour récupérer le ballon, tandis qu'une nuée de journalistes entrent sur le terrain pour immortaliser sa réaction. "Pour l'amour de Dieu", s'exclame un Pelé ému. "Maintenant que tout le monde écoute bien, aidez les enfants, aidez ceux qui sont dans le besoin. C'est mon seul souhait en ces instants si particuliers pour moi."

Interminable célébration

Certains spectateurs viennent à la rencontre du Roi et lui offrent un maillot de Vasco au dos duquel on peut lire le chiffre 1 000. Pelé l'enfile et entame un tour d'honneur, suivi par une foule en délire. Incapable de contenir ses larmes, il embrasse frénétiquement le ballon.

Andrada pleure aussi. "J'étais désespéré", raconte le gardien, qui restera comme l'homme qui a encaissé le millième but de Pelé. "Je voulais vraiment l'arrêter. Je n'avais vraiment aucune envie de rentrer dans l'histoire de cette manière." Les émotions sont si intenses que la partie est interrompue pendant 25 minutes. Santos l'emporte finalement 2-1.

Mais au fond, le score n'a plus grande importance. La date du 19 novembre 1969 est désormais indissociable d'un grand moment de l'histoire du football.

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