Piara Powar est directeur exécutif de Football Against Racism, une organisation qui s'attaque à toutes les formes de discrimination dans le football, partout en Europe : dans les stades, sur le terrain, chez les dirigeants et les entraîneurs ou encore dans la formation.  

La semaine d'action FARE a lieu en ce moment en cette fin octobre-début novembre 2012. Cette initiative vise à rassembler les supporters, les clubs, les minorités ethniques et les communautés affectées par diverses formes de discrimination sur tout le continent autour d'un objectif commun, à savoir faire des préjugés une chose du passé.  

FIFA.com a rencontré Piara Powar pour évoquer la semaine d'action et le nouveau visage du football dans la lutte contre les discriminations.  

M. Powar, quelles sont les origines des semaines d'actions FARE et quel est le programme de cette année ?
Nous voulons rassembler la famille du football, du sommet de la pyramide aux écoles, en passant par les championnats nationaux, les dirigeants et les équipes de jeunes. La majorité de nos actions concerne le football de base. Certaines sont relativement modestes mais d'autres sont plus importantes et impliquent davantage de monde. Nous laçons un appel à l'action, nous informons les gens des dates et nous proposons parfois des financements. Nous voulons contribuer à proposer une vaste gamme d'activités au public.

Quelles sont les manifestations qui vous touchent le plus, à titre personnel ?
Il y a un groupe de Géorgie qui s'appelle Droni et qui amène les jeunes issus de camps de réfugiés dans des stades pour faire de la musique, jouer au football et pratiquer les arts. Ces jeunes gens vont créer une banderole qui sera exposée dans leur camp. Je crois que de telles initiatives permettent à des jeunes de s'engager d'une façon inédite, à travers le football.

L'association FARE a été créée en 1999. Depuis cette époque, quelles avancées avez-vous constatées dans votre lutte contre les discriminations ?
Je crois qu'aujourd'hui, les gens sont davantage conscients des défis que le football doit relever. Les difficultés sociales se retrouvent dans le football. Quand vous y pensez, il y a peu d'événements qui rassemblent 50 ou 60 000 personnes aussi régulièrement. Dans ces conditions, les stades deviennent le miroir de la société. Tout le monde a pris conscience du fait qu'il faut désormais prendre des mesures pour prévenir les débordements mais aussi pour éduquer le grand public. Le football peut être un outil éducatif. Nous parlons ici du sport le plus populaire de la planète ; le football a le pouvoir d'unir les gens, au-delà des divisions ethniques ou raciales.

À l'inverse, quelles sont les principales difficultés que vous aurez à surmonter dans les prochaines années ?
À mon sens, nous allons devoir négocier deux écueils. Nous traversons une crise économique mondiale et beaucoup de gens souffrent. Malheureusement, on cherche souvent des boucs émissaires dans ces cas-là. Cette situation n'est pas sans danger et nous devons tout faire pour éviter que ces comportements ne contaminent le football. En outre, l'évolution des compétitions internationales représente un défi. Emmener le football à la conquête de nouveaux territoires peut poser des problèmes qu'il nous faudra résoudre. Nous devons nous assurer que le football demeure un espace de convivialité. De ce point de vue, nous saluons la décision de la FIFA de nommer une femme au sein de son Comité Exécutif. Je crois que ses dirigeants ont envoyé à cette occasion un message fort.

La FIFA et FARE travaillent ensemble depuis 2006. Quels sont les bénéfices de cette association ?  
L'exemple le plus évident, ce sont les messages symboliques que la FIFA délivre au cours de ses compétitions. J'étais en Afrique du Sud pendant les Journées du Fair-Play et les annonces ont été très bien accueillies en tribunes. C'est une façon de faire savoir au reste du monde que la FIFA, en tant qu'instance dirigeante du football international, entend lutter contre toutes les formes de discrimination. FARE est en contact permanent avec le département Responsabilité sociale de la FIFA. Nous échangeons des idées, ce qui se révèle très instructif pour les deux parties.

Que peuvent faire les personnes qui lisent cet article pour lutter contre la discrimination ?
Il y a beaucoup de façons de s'impliquer. La plus évidente consiste à participer aux semaines d'action. J'espère que les utilisateurs de FIFA.com seront des nôtres l'année prochaine. Au niveau national, nous sommes toujours en quête de nouveaux accords avec des groupes et des associations. La collaboration est notre maître-mot. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Vous pouvez également nous suivre sur twitter (@farenet) pour les dernières nouvelles nous concernant. Nous avons une page Facebook, que vous pouvez contribuer à faire connaître. À l'heure des réseaux sociaux, ces choses sont importantes. Elles nous permettent de garder le contact et de mesurer la force de notre mouvement.