The Best FIFA Football Awards™

Lundi 24 septembre 2018, Londres

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Pedros : "Mes joueuses ne veulent pas être deuxièmes. Moi non plus"

© Getty Images

Tout est allé vite pour Reynald Pedros. En un peu plus d’un an, il a fait son entrée dans le football féminin et en est devenu l’un des acteurs majeurs. Vainqueur du Championnat de France et de la Ligue des champion féminine de l’UEFA, et finaliste de la Coupe de France, le technicien de l’Olympique lyonnais a relevé un autre défi de taille : celui de se faire honorer par la famille du football.

Désigné The Best - Entraîneur de l’année pour le football féminin le 24 septembre à Londres, l’ancien international français réagit à son sacre et confie à FIFA.com son analyse de sa première année sur le banc lyonnais.

Reynald, quelle sensation avez-vous ressentie en entendant votre nom ? Est-ce un peu comme le coup de sifflet final de l’arbitre lors d’une finale que vous remportez ?
C’est différent. J’étais un peu surpris, mais même si c’est un trophée individuel, et je suis très fier de recevoir cette récompense, parce que ça met en exergue tout le travail qui a été fait pendant une saison avec mon staff, mon président, mes joueuses. Cette récompense individuelle est vraiment importante pour un travail collectif. Je vais l’installer dans le centre d’entraînement, pour que tout le monde la voie, et pour leur faire comprendre qu’elle appartient à tout le monde. Ce titre, je l’ai gagné surtout grâce à mon staff, c’est leur récompense à travers moi.

Avec ce trophée de meilleur entraîneur de l’année, le titre de champion de France, et la Ligue des champions féminine de l’UEFA, votre première année d’entraîneur dans le football féminin est-elle au-delà de vos espérances ?
Je me suis orienté vers le football féminin pour cela, pour vivre quelque chose d’exceptionnel. Je savais qu’en reprenant cette équipe de Lyon, j’allais pourvoir lutter pour gagner des titres, et dans la carrière d’une joueuse, d’un joueur ou d’un entraîneur, c’est important. Mais il y avait plusieurs paramètres : d’abord de gagner ces titres, mais aussi prendre du plaisir, et faire du spectacle pour les gens qui regardent le match en tribunes ou à la télévision. C’était une notion importante, et sur cette première année, je me suis régalé sur le banc de touche, à voir les joueuses jouer, évoluer et travailler. Et en plus il y a eu des titres ! Donc c’est une première année très satisfaisante.

On dit que le plus dur n’est pas d’arriver au sommet, mais d’y rester. Lyon vous a recruté pour cela et vous y êtes arrivé. Cette mission a-t-elle été plus difficile que vous l’imaginiez ?
L’objectif qu’on s’était fixé, c’était de gagner les trois titres : championnat, coupe de France, et Coupe d’Europe. On n’en a réussi que deux, donc il en reste un à aller chercher. Mais pour rester au sommet, je ne dirais pas qu’on "défend nos titres". Ce qu’on a gagné, c’est à nous, on ne nous le prendra pas. Maintenant, il faut aller en gagner d’autres. J’ai de super compétitrices. Elles ne veulent pas terminer deuxièmes, moi non plus ! Elles veulent toujours rester au sommet et elles savent ce qu’elles doivent faire pour y arriver : du travail, de la concentration, de l’application. C’est difficile de rester au sommet, mais quand on arrive à allier le talent et le collectif, on arrive à être encore plus fort.

Vous êtes entré dans le monde du football féminin il y a à peine un an, et vous voilà déjà champion de France, champion d’Europe, et meilleur entraîneur de l’année. Tout cela arrive-t-il un peu trop vite ?
C’est comme quand on dit à un jeune joueur que c’est un peu tôt pour jouer en première division ou en Coupe du Monde. Non, ce n’est jamais trop tôt ! On est dans un métier très court. Il faut prendre les choses quand elles arrivent, et le plut tôt possible, parce qu’on ne sait pas ce qui va arriver demain. Dès qu’on peut prendre un trophée ou une victoire, il faut le prendre, le savourer, puis passer à autre chose et essayer d’en avoir d’autres. Je ne me suis pas posé la question de savoir si c’était trop tôt ou si ça allait trop vite. Je sais qu’il y avait trois trophées à prendre et que je n’en ai pris que deux...

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Vous n’avez perdu qu’un seul match dans toute la saison, la finale de la Coupe de France. Comment vivez-vous la défaite en général, et est-elle encore plus dure à accepter quand elle n’arrive pas souvent ?
C’est horrible ! On a perdu notre premier match en préparation contre Manchester City, (3-2 en août 2017). Ça m’a fait très mal, et je me suis dit : "Il ne faut plus que ça arrive." C’était une sensation bizarre, je ne me sentais pas bien, et je ne voulais plus revivre ça. Effectivement, ce n’est plus arrivé… jusqu’au dernier match de la saison, dans des circonstances un peu particulières (en finale de la Coupe de France, but égalisateur refusé à Ada Hegerberg). Ça m’a fait cogiter sur le fait que j’avais peut-être manqué quelque chose sur cette finale, que je n’avais peut-être pas fait ce qu’il fallait. J’essaie de réagir comme ça plutôt que par la colère. Ça peut arriver de perdre de matches. Si l’adversaire est plus fort, on l’accepte et on continue à travailler. Si c’est parce qu’on a mal fait les choses, ou parce qu’on ressent une forme d’injustice, c’est plus difficile à avaler.

La France s’apprête à accueillir la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2019™. Les Français ont été à la hauteur pour la Coupe du Monde masculine en 1998 et l’UEFA EURO 2016. Sont-ils prêts pour créer le même engouement en 2019 ?
Je pense que les Français vont venir au stade. Ceux qui ne connaissent pas le football féminin viendront pour le découvrir. Et l’engouement dépendra aussi du parcours de l’équipe de France, des résultats et de ce qu’elle dégagera. C’est très important, on l’a vu avec les garçons : une espèce de sympathie, de joie de travailler, de vivre et de gagner ensemble. L’équipe féminine, il faut qu’elle dégage ça. Après, les résultats suivront parce qu’il y a de la qualité. Il ne faudra pas se louper et aller jusqu’au bout.

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