La FIFA a donné une conférence de presse dans ses bureaux de l'Hôtel Metropolitan d'Athènes le mercredi 25 août, après le réunion de la Commission d'organisation des Tournois olympiques de football, Athènes 2004. M.Joseph S. Blatter, accompagné du Secrétaire Général de la FIFA Urs Linsi, du Vice-président de la FIFA et Président de la Commission d'organisation des Tournois olympiques M.Issa Hayatou, mais aussi de M.Patrick Comninos, Responsable des Tournois de Football à ATHOC et M.Vassilis Gagatsis, Président de la Fédération grecque de football a dressé un bilan des deux Tournois de football. Il est ainsi revenu sur la performance irakienne, sur la réussite de l'Amérique du Sud et sur le public. Extraits.


M. Issa Hayatou, Président de la Commission d'organisation des Tournois olympiques
En tant que Président des Tournois olympiques, j'estime que cette épreuve a été d'un bon niveau, le fair-play était au rendez-vous et elle a été organisée dans d'excellentes conditions. Je dois remercier le Comité d'Organisation grec pour cela. Au plan sportif, je trouve que les quatre équipe qualifiées pour les finales reflètent parfaitement le niveau de jeu ici.

M. Vassilis Gagatsis, Président de la Fédération grecque de football
Je tiens à remercier la FIFA pour son soutien et sa confiance. La coopération a été parfaite. Ma présence ici n'est autre qu'un plaidoyer vibrant aux supporters grecs pour qu'ils assistent aux finales. Je sais que les Grecs font preuve d'un grand enthousiasme, en particulier depuis l'UEFA EURO 2004. Il faut tous venir ! Nous ne pouvons pas demander l'organisation d'un grand événement dans le futur si les stades ne sont pas pleins…

M. Patrick Comninos, Responsable des Tournois de Football à ATHOC
Cela fut une énorme expérience d'organiser ces deux Tournois de football distincts. Nous avons travaillé depuis quatre ans sur ce projet, et je suis très fier du résultat jusque-là. La FIFA, les arbitres, les équipes, tous m'ont renvoyé des impressions très positives.

Ce Tournoi nous lègue trois choses majeures :
- un patrimoine physique : nous avons maintenant cinq stades de grand standing, aptes à servir pour différentes compétitions de la FIFA et de l'UEFA, et surtout pour le football national.
- Un souvenir humain : tous les gens des staffs, tous les volontaires ont vécu des moments uniques. Ils étaient 500 impliqués dans les Tournois de football, et je suis particulièrement fier de la manière dont ils se sont comportés.
- Les supporters sont venus et ont vu un tournoi bien organisé. Ils sont déjà 350 000 à être venus, et le chiffre de 500 000 devrait être atteint après les finales. Il y avait des femmes, des enfants, des familles dans les travées, c'est nouveau en Grèce et je m'en réjouis.

M. Joseph S. Blatter, Président de la FIFA


Sur la Grèce
J'ai apprécié l'hospitalité de ce pays. Nous avons eu le privilège de jouer dans cinq villes différentes, et nous allons ce jeudi assister à la finale Femmes, ici à Athènes, dans le stade de l'Olympiakos. J'adresse un grand merci et j'apprécie à sa juste valeur l'immense travail accompli au plan logistique par les organisateurs. Il n'était pas simple de déplacer officiels et équipes à travers tout le pays, en particulier avec les contraintes de sécurité, et cela a été très bien fait. Je sais comme il est difficile d'utiliser les infrastructures après les Jeux Olympiques, mais la ville va bénéficier des différents aménagements -comme le tramway- qui ont été faits à l'occasion de ces JO pour de longues années. Mais le leg principal de cet événement pour les Grecs est ailleurs et n'est pas quantifiable : la mémoire et les relations humaines qui se sont créées.

Sur le Tournoi Hommes
Le niveau a été très élevé. Il n'y a plus de petites équipes, toutes les rencontres étaient très serrées et finalement nous avons une finale sud-américaine. Qui aurait pensé que les deux représentants de la CONMEBOL iraient au bout ? Mais ce qui me réjouit surtout, c'est que nous avions une équipe africaine, deux équipes d'Asie, une équipe de la CONCACAF et une équipe de l'OFC en quart de finale, la preuve que le niveau augmente partout dans le monde.


Sur l'Irak
Je suis très fier d'avoir retrouvé les Irakiens en demi-finale. C'est aussi le résultat des efforts que nous avons accompli pour la renaissance du football irakien, malgré une situation très confuse, qui leur a permis de jouer les qualifications pour la Coupe d'Asie et pour ce Tournoi olympique, tout cela à l'extérieur. Je tire mon chapeau aux Irakiens et je dis merci à la famille du football, aux associations nationales -en particulier la Jordanie- et à la Confédération asiatique qui ont œuvré pour cela. Et je précise que c'est une affaire de football, de la communauté du football, cela n'a rien de politique. Au bout du compte, l'Irak joue pour la médaille de bronze ce vendredi, qui l'eut cru ? Cela me permet de faire passer un message : le football peut aider à la paix. Il ne peut pas faire la paix, mais il peut y contribuer. Dans les rues à Bagdad, à la place des larmes et de la tristesse, il y avait de la joie et des sourires ces derniers jours. Le football est le sport du peuple, partout dans le monde. C'est très important de le souligner ici aux Jeux Olympiques.


Sur le public
La finale aura lieu dans le Stade olympique, devant 30 ou 40 000 spectateurs. Il faudra tous venir à 10h00 du matin, inviter les volontaires, vivre cette grande finale, avec deux équipes de qualité, l'Argentine et le Paraguay. Le fait que les stades n'aient pas été plein ne remet cependant pas en cause la participation du football aux JO. Car malgré tout, nous restons le deuxième sport le plus suivi, derrière l'Athlétisme roi.

Sur le Tournoi Femmes
Le système de groupes à quatre et à trois n'a pas été juste. Ce n'est pas un hasard que les deux finalistes sortent d'un groupe à quatre. Car le football est aussi une histoire de rythme, et dans les groupes à trois, vous ne pouviez pas avoir ce rythme. Résultat, nous avons la répétition d'un match du premier tour en finale.

Mais cette finale sera de grande qualité, j'en suis sûr. Le niveau était très bon chez les femmes aussi. J'ai vu le match du premier tour à Patras, qui s'est terminé par la victoire US 2:0. Le football grec a désormais cinq stades superbes, qui pourraient lui permettre d'organiser des compétitions comme la Coupe des Confédérations, le Championnat du Monde Juniors et même une Coupe du Monde. Car un pays qui sait organiser des Jeux Olympiques peut gérer une Coupe du Monde. Mais pour cela, il faut que les Grecs remplissent les stades, même quand leur équipe ne joue pas.


Sur le dopage
Il reste quatre matches et nous n'avons pas eu un seul cas de dopage jusque là. 192 tests ont été effectués, tous sont négatifs. Nous pouvons croiser les doigts pour qu'il n'y ait pas de mauvaise surprise. Je crois que les contrôles sont efficaces depuis que nous avons décidé de lutter contre ce fléau. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de tricheurs, il faut les éliminer. Je le répète, la FIFA fait et fera tout son possible pour lutter contre le dopage.