Tranquille, transparent et satisfait. C'est ainsi que le sélectionneur du Paraguay, Carlos Jara, est apparu à la conférence de presse organisée après la finale du Tournoi Olympique de football masculin. A Athènes, malgré la défaite face à l'Argentine, le stratège s'est dit "fier" de cette première médaille du sport paraguayen conquise par ses garçons, puis il a abordé des sujets liés à la compétition.

L'attitude de son équipe en finale :
"Dès le coup d'envoi, notre objectif c'était la victoire. Nous avons tout essayé, mais nous avions en face de nous une très grande équipe. Malgré tout, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes. Après avoir disputé beaucoup de matches en peu de temps, les joueurs ont ressenti les effets de la fatigue. Mais nous nous sommes battus, nous avons lutté et nous avons cherché cette égalisation qui n'est jamais venue."

La performance de l'arbitre grec Kyros Vassaras en finale :
"Il n'a pas changé le cours du match, mais il a démoralisé mes joueurs. Il nous a mis beaucoup de cartons jaunes et je trouve que l'exclusion de Diego Figueredo était un peu exagérée. Cette faute de main n'avait rien de volontaire."

La performance d'ensemble de son équipe dans la compétition :
"En football, il y a plusieurs façons de voir les choses, mais il y a aussi une seule vérité. Nous avons décroché un bon résultat alors que nous n'avions pas pu nous préparer correctement. Nous avons pu nous appuyer sur des gens compétents et nous savions que nous avions les moyens de faire quelque chose. Ce que je retiens c'est l'aspect humain, la solidarité du groupe que nous avons constitué. Sur le plan footballistique, je pense que nous avons joué de bons matches."

La première médaille dans l'histoire du Paraguay :
"C'est un rêve qui se concrétise. Je suis ravi même si elle n'est pas en or. Mais il ne faut pas oublier que les Argentins forment une grande équipe. D'ailleurs, je tiens à les féliciter. Nous sommes vraiment heureux, nous avons accompli notre devoir."

 

Les joueurs paraguayens pendant l'hymne national devant leur drapeau, juste avant la finale du Tournoi olympique de football, le 28 août 2004 à Athènes.
(AFP)
Odd Andersen

L'absence de José Cardozo en finale :
"Il nous a beaucoup manqué, c'est certain. C'est un joueur très important dans notre système. Il est arrivé deux jours avant le début du tournoi et il a très vite trouvé ses marques. Son bilan est très positif puisqu'il a marqué cinq buts en cinq matches. Il nous a beaucoup apporté. Mais il s'est blessé au genou. Nous avons passé des examens pour voir s'il pouvait jouer, mais c'était impossible. J'espère qu'il se remettra très vite parce que nous aurons bientôt besoin de lui en qualifications pour la coupe du monde."

L'importance de la médaille par rapport à la tragédie survenue à Asunción :
"Oui, c'est une petite source de joie. Nous sommes très tristes de ce qui est arrivé et nous savons que c'est irréparable. Si notre succès a pu apporter un peu de bonheur, nous en sommes ravis. Nous n'avons jamais cessé de penser à ceux qui sont disparus. Nous partageons cette médaille avec les familles qui ont perdu des être chers et nous leur souhaitons de se rétablir au plus vite. Même si nous savons que ce succès ne leur sera peut-être pas très utile..."


L'horaire matinal de la rencontre :
"C'est quelque chose d'inhabituel pour nous. Ça a changé nos habitudes en termes d'alimentation, de sommeil et de préparation. Nous avons fait la causerie la nuit dernière pour gagner un peu de temps. Nous avons essayé de nous adapter, mais la chaleur nous a perturbés. Si nous avions joué plus tard, le match aurait pu être plus ouvert des deux côtés. Mais c'est ce qui était prévu et c'était à nous de nous y habituer."