Pris dans une rafale de critiques après la surprenante élimination de l'Argentine au premier tour de la Coupe du Monde de la FIFA 2002, Marcelo Bielsa a démontré qu'il avait la peau dure. Pourtant, si le méticuleux sélectionneur argentin a confirmé qu'il avait pas pleuré après la victoire de ses poulains dans ce Tournoi Olympique de football, il avait tout de même l'air particulièrement ému au moment de répondre aux questions des journalistes.


Les pleurs :
Non, je n'ai pas pleuré (pause), mais je suis très content et ma joie est à l'aune de l'importance de cet événement. Car c'est quelque chose de grand que d'être champion olympique. Par le passé, j'ai été très critiqué, mais ça fait partie de notre métier. Aujourd'hui, je savoure cette victoire.


Les buts et l'avenir de l'équipe :
Au vu du nombre d'occasions que nous nous sommes créé, nous aurions certainement dû nous imposer sur un score plus large. Nous l'avons l'équipe qu'il faut pour déployer un jeu d'attaque. En moyenne, sur cette phase finale, nous avons marqué près de trois buts par match, ce qui est très satisfaisant !

Je ne sais pas si cette équipe ira jusqu'en 2006 : la coupe du monde allemande est encore loin et je ne peux pas faire de prédictions pour l'avenir. Parlons plutôt du présent, de ce succès qui est très important pour le peuple argentin. Nous sommes très fiers de leur offrir cette médaille d'or et d'apporter un peu de bonheur dans leurs vies.

Le coup d'envoi à 10h00 :
L'horaire de ce match ne m'a pas perturbé, mais je ne comprends pas qu'un match si important puisse être programmé à cette heure. L'être humain n'est pas habitué à faire des efforts physiques à 10h00. J'ai d'ailleurs fait part de mon mécontentement aux instances dirigeantes car c'est également mon devoir de protéger les joueurs. Aujourd'hui, ça n'as pas vraiment influé sur l'issue de la rencontre, mais tout le monde sait que ce n'est pas bon pour notre sport.


La victoire de l'Amérique du sud, la Copa América :
L'Amérique du sud a réussi une bonne prestation parce qu'elle compte nombre de joueurs très talentueux. Mais je pense que c'est surtout une affaire de génération. Il y a quelques années, c'était l'Afrique qui brillait chez les jeunes et aujourd'hui, c'est notre tour.

Je ne suis pas monté sur le podium parce que les médailles sont pour les joueurs. Mais je veux partager cette médaille avec tous les joueurs, y compris ceux qui ont disputé la Copa América. Mes pensées sont avec eux.


L'avenir et le passé :
Non, ce n'est pas un tournant dans ma carrière. C'est un moment important, certes, mais je pense qu'il faut surtout regarder devant, ne pas se retourner. Cette victoire aura certainement des conséquences positives, mais il faut que nous pensions à l'avenir.

L'échec que nous avons connu à la Coupe du Monde fait partie des avatars de ce jeu. Le football, c'est de la souffrance, et aussi du plaisir. Aujourd'hui, je suis heureux, mais pour réussir à tout contrôler, il faut savoir dompter ses émotions.


Sur la performance de l'équipe au cours de la compétition :
J'estime que nous avons bien joué face à la Serbie & Monténégro et la Tunisie. Contre l'Australie, c'était un peu plus dur. Contre le Costa Rica, nous avons pratiqué un très beau football et je suis certain que nous nous souviendrons encore longtemps de la victoire sur l'Italie. Aujourd'hui, hormis un mauvais passage au milieu du match, nous avons plutôt bien joué.