Les Pays-Bas conduiront donc la délégation européenne à l'occasion du prochain Tournoi Olympique de Football. En conservant le titre acquis l'an passé au Portugal, la sélection néerlandaise est également devenue le premier pays hôte à remporter la prestigieuse compétition continentale.

Les Serbes, qui avaient pourtant écarté l'Italie, la Belgique et la République Tchèque pour se hisser en finale, n'ont jamais paru en mesure de contester la suprématie des Jong Oranje de Foppe de Haan tout au long d'une finale disputée sous une pluie battante à Groningue. Vainqueurs 4:1 sur des buts signés Otman Bakkal, Ryan Babel, Luigi Bruins et Maceo Rigters, meilleur buteur de la compétition, les hôtes s'étaient déjà imposés sur un score identique face à l'Ukraine, il y a un an. Mais, à en croire Haan, ce succès est d'une toute autre ampleur.

"Remporter ce titre deux années de suite, ce n'est pas rien, s'exclame le technicien néerlandais. Je suis fier de mes joueurs. Ils ont fait ce que nous attendions d'eux : ils ont formé une véritable équipe. Nous avions bâti un groupe rajeuni, ce qui ne nous a pas facilité les choses, mais je suis ravi du résultat. L'exploit de cette année est plus grand encore, car je pense que l'équipe que nous avions emmenée au Portugal était supérieure."

De fait, l'ancien entraîneur de Heerenveen a dû se passer des services du buteur Klaas-Jan Huntelaar et du capitaine Stijn Schaars. Ce dernier a tenu à féliciter de Haan pour avoir réussi à insuffler un véritable esprit d'équipe au sein d'une sélection souvent déchirée par les conflits internes : "Il sait ce qu'il faut faire pour aller loin dans ce type de compétition, assure Schaars. Il ne suffit pas d'avoir de bons joueurs, il faut aussi avoir la bonne mentalité. C'est là qu'il entre en jeu. C'est vraiment un grand entraîneur".

Le sélectionneur néerlandais n'a pas caché son intention de mener une nouvelle fois son équipe à la bataille lors du prochain Championnat d'Europe U-21 qui aura lieu dans deux ans en Suède, avec la ferme intention de réussir la passe de trois. Selon lui, les Jong Oranje seront encore l'équipe à battre. "On ne remporte pas deux titres consécutifs par hasard. C'est le résultat d'une stratégie à long terme. Il y a beaucoup de jeunes en sélection à l'heure actuelle, le football néerlandais a donc encore de beaux jours devant lui."

La Serbie poursuit sa progression
De son côté, la Serbie peut elle aussi envisager l'avenir avec optimisme. Après le beau parcours des U-21 aux Pays-Bas, la sélection U-19 s'apprête à disputer le Championnat d'Europe de la catégorie dès le mois prochain en Autriche.

Beau joueur, Miroslav Djukic était le premier à admettre que son équipe avait été largement dominée en finale, ce qui ne l'a pas empêché de souligner l'excellente prestation d'ensemble de ses joueurs, lesquels ont toutes les raisons d'aborder Pékin 2008 avec de grandes ambitions. "Ils ont réussi des choses étonnantes tout au long du tournoi", rappelait-il. Tout juste Djukic regrettera-t-il la mauvaise entame de son équipe en finale et l'exclusion du latéral gauche Aleksandar Kolarov, qui auront coûté cher à la Serbie.

Malgré ce revers, le milieu de terrain Bosko Jankovic, l'une des révélations de la compétition, estime que le football serbe a une nouvelle fois apporté la preuve de sa compétitivité au plus haut niveau. "Les Néerlandais ont été vraiment excellents. En ce qui nous concerne, nous avons fait preuve d'un formidable état d'esprit. La Serbie a beaucoup progressé au cours des trois dernières années : nous étions en demi-finale l'année dernière, nous avions joué la finale en 2004 et nous sommes encore présents à ce niveau de la compétition aujourd'hui."

La Belgique, battue en demi-finale par la Serbie, peut elle aussi s'estimer satisfaite. L'équipe de Jean-François De Sart est sortie invaincue d'un groupe composé d'Israël, des Pays-Bas et d'une formation portugaise qui comptait dans ses rangs des joueurs de gros calibre comme Nani ou Manuel Fernandes. Les Belges ne repartent pas les mains vides, puisqu'ils ont eux aussi gagné leur billet pour le Tournoi Olympique de Football de Pékin.

Le sort s'acharne sur l'Angleterre
La quatrième et dernière équipe qualifiée n'est autre que l'Italie. Les Azzurrini reviennent de loin, eux qui avaient terminé le premier tour derrière la Serbie et l'Angleterre. Cités parmi les favoris à leur arrivée aux Pays-Bas, les hommes de Pierluigi Casiraghi n'ont jamais semblé en position d'ajouter une sixième titre continental à leur impressionnante collection. Au final, ils ne doivent leur qualification pour Pékin 2008 qu'au fait que l'Angleterre ne peut participer aux Jeux Olympiques.

Les Italiens ont toutefois su faire preuve de caractère pour s'imposer 4:3 aux tirs au but au terme d'un match de barrage extrêmement tendu face au Portugal, au cours duquel Giuseppe Rossi, l'attaquant de Manchester United, a vu rouge. "Ç'aurait dû être la finale", soupirait Emiliano Viviano, le gardien italien, à l'issue de la rencontre. Malgré un parcours en demi-teinte, les espoirs transalpins se sont attachés à voir les choses du bon côté : "Le Tournoi Olympique de Football reste une compétition très attractive, insistait Rossi. C'est une chance unique que d'y participer".

Si les Anglais n'avaient de toute façon aucune chance de s'envoler pour la Chine, la défaite subie aux tirs aux buts face aux Pays-Bas en demi-finale risque tout de même de laisser des traces. Aiguillonné par le souvenir de son penalty manqué en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990 contre la R.F.A, Stuart Pearce avait invité ses joueurs à pratiquer régulièrement ce redoutable exercice à l'entraînement. Malheureusement, cette précaution n'aura servi à rien, puisque l'Angleterre a encore échoué aux portes de la finale après une défaite 13:12 aux tirs au but.

Le sort n'a pas épargné les Anglais, qui ont mené au score jusqu'à la dernière minute du temps réglementaire avant d'être rejoints par leurs adversaires. Pourtant, Pearce se voulait philosophe : "C'est sans doute l'un des plus grands moments de ma carrière. Les séances de tirs au but auxquelles j'avais participé jusque-là s'étaient interrompues au bout de cinq ou six tentatives. Au moins, nous allons dans la bonne direction ! Le groupe compte une dizaine de joueurs qui seront certainement présents lors de la prochaine édition en Suède dans deux ans. Je crois que c'est bon signe".