Marcelo: "Entrer au panthéon brésilien"
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Il a toujours le sourire. Et pour cause. A tout juste 20 ans, sa carrière professionnelle est déjà bien lancée. Tellement bien d'ailleurs qu'il risque de ne pas avoir de vacances cet été, ce qui ne semble pas le déranger. Au contraire : arrière gauche au Real Madrid et en bonne place sur les tablettes de Dunga pour participer au Tournoi Olympique de Football de Pékin, Marcelo est un jeune homme comblé.

Fort de ses deux titres de champion d'Espagne consécutifs avec le Real Madrid, le jeune latéral prépare le tournoi olympique aux côtés des joueurs de la Seleção, réunis quant à eux afin de préparer les matches d'éliminatoires pour Afrique du Sud 2010 contre le Paraguay et l'Argentine. "Mon rêve a toujours été de jouer en équipe du Brésil. Mais j'avoue que pour l'instant, je suis totalement concentré sur la possibilité de participer aux Jeux de Pékin. Mais c'est une bonne expérience de côtoyer les A. C'est forcément bénéfique, aussi bien pour acquérir de la maturité que pour échanger des idées", confie le joueur madrilène.

Je crois que ces Jeux Olympiques peuvent être l'occasion pour Pato d'éclater sur la scène internationale
Marcelo, à propos de son coéquipier Pato

Alexandre Pato, avant-dernière révélation en date du football brésilien et aujourd'hui pensionnaire de l'AC Milan, fait lui aussi partie du groupe auriverde qui s'entraîne en ce moment aux Etats-Unis. " ", explique Marcelo au sujet d'un coéquipier qu'il connaît bien. Il a en effet évolué à ses côtés lors de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007. "Pour l'instant, nous sommes tous réunis ici et l'objectif de chacun est de donner le meilleur de lui-même pour convaincre le patron", poursuit un Marcelo tout sourire dans un entretien exclusif accordé à FIFA.com.

Le seul titre manquant
Le patron, c'est Dunga, "double" sélectionneur des A et de la sélection olympique, dont l'objectif à Pékin sera clair : offrir au Brésil une médaille d'or qui brille... par son absence dans la salle des trophées du football national. "Si nous remportons le tournoi olympique, nous entrerons à coup sûr dans le panthéon du football brésilien. Ce serait quelque chose d'unique. Mais nous n'en sommes pas là", affirme le jeune homme dans un sursaut de prudence.

Nous avons un groupe de qualité, et Dunga nous apporte toute son expérience de joueur et d'entraîneur des A
Marcelo, à propos de son entraîneur Dunga

Malgré deux finales disputées (en 1984 et 1988), la Canarinha n'a jamais gagné le tournoi olympique. Après avoir manqué la qualification pour Athènes 2004, les jeunes Brésiliens se présenteront en Chine avec un appétit bien aiguisé. " ."

A Pékin, les protégés de Dunga partageront le même hôtel que la sélection brésilienne féminine emmenée par Marta, élue Joueuse Mondiale de la FIFA 2007. Il y a quatre ans en Grèce, les Sud-américaines s'étaient inclinées en finale face aux Etats-Unis. "Je suis impatient de regarder les matches du tournoi féminin. C'est un football qui n'est pas encore très populaire, mais qui selon moi devrait être plus soutenu et passer plus souvent à la télé", déclare Marcelo. Et si les filles montent sur la première marche du podium, mais pas les garçons ? "Ouf. Là, il y aurait comme un petit problème", dit-il un peu interloqué.

A Pékin, les Brésiliens devront d'abord sortir du Groupe C, où ils seront opposés à la Belgique, à la Nouvelle-Zélande et à la Chine. Une poule a priori abordable, même s'il n'est jamais simple d'affronter le pays hôte. "De toute façon, dans un tournoi de ce niveau, vous n'avez que des équipes de qualité. Cela dit, il est vrai qu'il est toujours difficile de jouer contre le pays organisateur, à cause du public qui fait office de douzième homme. Nous devrons faire preuve de beaucoup de concentration et de solidarité", avance Marcelo, pour qui la sélection chinoise représente un danger bien moindre qu'un autre rival. "L'Argentine sera très compliquée à jouer, car elle possède une génération exceptionnelle avec Messi, Agüero, Higuaín, Gago, etc."

Successeur de Roberto Carlos
Des Argentins qu'il connaît bien, en particulier Higuaín et Gago, recrutés comme lui par le Real Madrid il y a deux ans. L'ère des Galactiques et des titres nationaux et européens touchait à sa fin, et le club de la capitale espagnole cherchait à se régénérer. "Depuis que je suis arrivé à Madrid, beaucoup de choses ont changé dans le vestiaire. Aujourd'hui, le courant passe très bien entre tous les joueurs. Nous sommes heureux de nous retrouver. Le titre de l'année dernière nous a fait énormément de bien et maintenant, il s'agit d'entretenir cet esprit positif", analyse l'ancien joueur de Fluminense.

Je ne lui ai pas pris sa place, j'en ai hérité... pour moi c'était un rêve de jouer avec lui
Marcelo, à propos de la succession de Roberto Carlos

La plage lui manque, mais en dehors de cela, Marcelo s'est vite adapté à la vie espagnole et madrilène. "Quand je suis arrivé ici, tous mes coéquipiers m'ont aidé. Ils me demandaient toujours si j'avais besoin de quelque chose", dit-il sur le ton de la reconnaissance. Mais pour gagner sa place en équipe première, n'a-t-il pas dû déloger son idole de toujours, Roberto Carlos. "Non !", proteste-t-il. " ."

Un héritier digne du maître, dont il possède non seulement les qualités de vitesse et de puissance, mais également la faculté d'utiliser son couloir afin de porter le danger vers l'avant. Avis partagé ? Oui, sauf que physiquement, il ne ressemble pas à son mentor, mais à son coéquipier Robinho. "Dans la rue, les gens me confondent sans cesse avec lui. Mais je n'ai jamais signé d'autographe en son nom", précise-t-il en éclatant de rire.

Autre point sur lequel Marcelo aimerait bien ressembler à Robinho : faire partie de la Seleção. Pour l'instant, son souvenir le plus marquant sous la tunique verdeamarelha est sans aucun doute le match de ses débuts, une rencontre amicale contre le Pays de Galles disputée à Londres en septembre 2006. "A l'époque, je jouais encore à Fluminense. Quand ils m'ont appelé, je pensais que je serais remplaçant. Finalement, j'ai joué et j'ai même marqué un but. C'est le genre de choses qu'on n'oublie pas." D'autant plus que le but en question a été pour le moins spectaculaire : une frappe surpuissante de l'extérieur de la surface, un peu à la manière de... Roberto Carlos.

Le jeune Carioca ne compte pas s'arrêter en si bon chemin : "Je veux aller à la Coupe du Monde. C'est ce qui me pousse à travailler très dur, jour après jour".