Le Japon parie sur la jeunesse
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En choisissant de ne faire appel qu'à des joueurs âgés de 23 ans ou moins pour le Tournoi Olympique de Football Masculin, Pékin 2008, le sélectionneur japonais navigue à contre-courant. A moins de deux semaines du coup d'envoi de la compétition, Yasuharu Sorimachi affiche une remarquable confiance.

Récemment, le responsable de la sélection olympique a pourtant dû faire face aux forfaits de l'attaquant Yoshito Okubo et du meneur de jeu Yasuhito Endo. Les deux hommes auraient en effet pu intégrer le groupe en tant que jokers, mais leurs obligations au sein de l'équipe nationale les en a empêchés.   

Malgré ce revers, Sorimachi reste convaincu que sa sélection a les moyens de ramener une médaille de son court déplacement en RP Chine. La victoire (2:1) obtenue jeudi dernier par les Blue Samurais face à l'Australie à Kobe semble lui donner raison.

J'ai choisi les meilleurs joueurs disponibles, en me fixant pour objectif de remporter ce tournoi
Yasuharu Sorimachi, sélectionneur olympique du Japon

Longtemps critiquée pour son manque d'efficacité devant le but, la sélection olympique a profité de ce match de gala pour rassurer ses supporters. ". J'ai dû prendre quelques décisions difficiles, car nous ne pouvons appeler que dix-huit joueurs", a expliqué Sorimachi, qui dispose néanmoins d'une intéressante palette de talents pour composer son équipe-type.   

Le Chilavert japonais
Avant même son arrivée en RP Chine, le gardien de but Shusaku Nishikawa a beaucoup fait parler de lui. Surnommé le Chilavert japonais, en hommage au célèbre gardien paraguayen, Nishikawa partage avec son illustre aîné une redoutable frappe de balle sur coup franc. Lorsque son équipe obtient un coup franc bien placé, il n'est pas rare de le voir monter aux avant-postes pour tenter sa chance.   

Atsuto Uchida, le golden boy des Kashima Antlers, pourrait également devenir l'une des révélations du tournoi. L'arrière droit international, qui compte déjà neuf sélections, devrait logiquement occuper une place de titulaire au sein de l'équipe de Sorimachi. Sur le plan offensif, on attend également beaucoup de Takayuki Morimoto. Doté d'un formidable sens du but, l'excellent attaquant de Catane est régulièrement comparé, toutes proportions gardées, à Ronaldo et à David Trezeguet. Le sélectionneur nippon pourrait décider de l'associer à un joueur plus physique comme Tadanari Lee, un buteur d'origine coréenne connu pour son exceptionnelle combativité.

C'est toutefois du milieu de terrain que le Japon devrait tirer sa force. Lors des précédentes éditions du Tournoi Olympique de Football, la sélection nippone a toujours aligné un entrejeu composé essentiellement de joueurs surdoués sur le plan technique. Par la suite, la plupart de ces jeunes prodiges ont poursuivi leur progression sur la scène internationale.

Après avoir participé aux Jeux d'Atlanta 1996, Hidetoshi Nakata a connu une superbe carrière en Italie.  Junichi Inamoto, Shinji Ono et Shunsuke Nakamura, la star du Celtic Glasgow, ont tous réalisé de grandes choses après avoir disputé les Jeux de Sydney 2000. Présents à Athènes il y a quatre ans,  Yuki Abe et Daisuke Matsui sont désormais des membres à part entière de l'équipe nationale.

Je ne passe pas le ballon pour m'en débarrasser, je veux être décisif
Keisuke Honda, milieu de terrain du Japon

Au sein de la génération 2008, Keisuke Honda (VVV-Venlo) paraît le mieux armé pour s'imposer comme un titulaire indiscutable. Ses redoutables coups francs exécutés du pied gauche rappellent ceux de Nakamura. La justesse de ses passes, sa vision du jeu et son acuité tactique sont autant d'atouts qui lui permettent de faire régulièrement la différence sur le terrain. "J'espère que nous marquerons sur des actions bien construites. ", martèle Honda, très en vue contre l'Australie. "Je suis très optimiste pour la suite des événements. Je crois que cette équipe est en train de se trouver."   

Aux côtés de Honda, les supporters japonais espèrent retrouver Yohei Kajiyama. Véritable poumon de cette sélection olympique, le milieu de terrain du FC Tokyo peut déstabiliser les défenses les plus hermétiques par ses courses imprévisibles. Les recruteurs européens présents à Pékin pourraient également s'intéresser de près à Shinji Kagawa, autre grand espoir du football nippon, qui s'illustre régulièrement en J.League.

Le Japon achève sa préparation par un match contre l'Argentine avant de se rendre en RP Chine. Les Blue Samurais n'ont plus figuré sur le podium du Tournoi Olympique de Football depuis la médaille de bronze obtenue à l'occasion des Jeux de Mexico en 1968. L'équipe de Sorimachi aura donc pour mission de mettre un terme à cette longue traversée du désert de 40 ans.

Avant toute chose, le Japon devra se sortir d'un groupe extrêmement relevé. Les Nippons feront leur entrée en lice dans la compétition le 7 août face aux Etats-Unis, avant de défier le Nigeria trois jours plus tard.   

Comme si cela ne suffisait pas, les protégés de Sorimachi termineront leur parcours le 13 août par un choc face aux Pays-Bas. Si le Japon revient des Jeux de Pékin avec une médaille après avoir surmonté de telles épreuves, il ne l'aura certainement pas volée.

Le groupe japonais :

Gardiens de but : Kaito Yamamoto (Shimizu S-Pulse), Shusaku Nishikawa (Oita Trinita).

Défenseurs : Hiroki Mizumoto (Kyoto Sanga), Yuto Nagatomo (FC Tokyo), Masato Morishige (Oita Trinita), Michihiro Yasuda (Gamba Osaka), Atsuto Uchida (Kashima Antlers), Maya Yoshida (Nagoya Grampus).

Milieux de terrain : Takuya Honda (Shimizu S-Pulse), Hiroyuki Taniguchi (Kawasaki Frontale), Yohei Kajiyama (FC Tokyo), Hajime Hosogai (Urawa Reds), Keisuke Honda (VVV Venlo), Shinji Kagawa (Cerezo Osaka).

Attaquants : Yohei Toyoda (Montedio Yamagata), Tadanari Lee (Kashiwa Reysol), Shinji Okazaki (Shimizu S-Pulse), Takayuki Morimoto (Catania).