Le rêve italien, de Berlin à Pékin
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Certaines équipes ont le statut d'éternel favori. L'Italie en fait partie et entame chaque tournoi dans la peau d'un prétendant à la victoire finale. Ce sera encore le cas lors du Tournoi Olympique de Football. Pourtant, cela fait déjà 72 ans que l'or échappe aux Italiens, leur première et unique victoire datant de 1936, lors des Jeux organisés à Berlin.

Berlin, c'est justement là que la Squadra Azzurra a inscrit la dernière ligne de l'un des plus beaux palmarès du football mondial en remportant la Coupe du Monde de la FIFA 2006. C'est avec ces deux souvenirs allemands en tête que Pierluigi Casiraghi, le sélectionneur transalpin, espère emmener ses protégés au sacre olympique.

Le plus important dans un tournoi olympique, c'est la motivation. Et nous n'en manquons pas !
Pierluigi Casiraghi, sélectionneur de l'Italie

Conscient de ses forces, l'ancien attaquant aborde la compétition sans complexe. "Nous ne sommes inférieurs à aucune autre équipe présente aux Jeux" affirme-t-il  quelques heures avant le départ pour la Chine. "Seuls le Brésil et l'Argentine ont peut-être quelque chose en plus grâce à leurs joueurs de plus de 23 ans qui ont du talent et une expérience internationale. "

Cette envie de bien faire devrait être renforcée par les résultats obtenus lors de la préparation. Celle-ci avait commencé en juin lors du Festival Espoirs de Toulon. Sur les bords de la Méditerranée, les Azzurrini avaient notamment battu  la Côte d'Ivoire, les États-Unis et le Japon, tous candidats aux médailles à Pékin. Satisfait d'avoir offert à l'Italie sa première victoire dans cette épreuve, Casiraghi en a profité pour effacer ses derniers doutes sur le groupe à emmener à Pékin.

Giovinco : petit gabarit, grand talent
Comme ses devancières, la Squadra s'appuie naturellement sur une défense à toute épreuve dans laquelle Domenico Criscito, formé à la Juventus, est le patron naturel, épaulé par le latéral de la Lazio Lorenzo De Silvestri. Mais la tradition du catenaccio pourrait en prendre un coup sur les pelouses chinoises tant les talents offensifs sont nombreux. La réputation de Giuseppe Rossi n'est plus à faire grâce à ses performances sous le maillot de Parme puis de Villarreal, et Robert Aquafresca s'est fait un nom cette année en marquant 11 buts en Serie A sous les couleurs de Cagliari. Quant à Tommaso Rocchi, seul joueur de plus de 23 ans, son instinct de buteur lui a valu d'inscrire 59 buts pour la Lazio et de porter à trois reprises le maillot de la sélection A.

Mais tous pourraient être éclipsés par le nouveau prodige du football italien, Sebastian Giovinco. Le milieu offensif de la Juventus ne mesure qu'1m63, mais passe rarement inaperçu. "Il est fondamental dans le jeu de l'équipe et pour mettre en confiance ses coéquipiers" confirme son sélectionneur. Sa technique, sa précision sur coup de pied arrêté, ses dribbles déroutants et son sens de la passe en font le successeur désigné d'Alessandro Del Piero chez les supporters de la Vieille Dame, et l'un des atouts principaux de la Nazionale dans la course à l'or olympique. Un style qui n'est pas sans rappeler celui d'un certain Gianfranco Zola, aujourd'hui adjoint de Casiraghi.

Cette équipe mérite de remporter la médaille d'or. C'est un plaisir de les entraîner
Gianfranco Zola, adjoint de Pierluigi Casiraghi

Le rêve suprême
L'ancienne idole de Chelsea et Cagliari aborde la compétition avec confiance, persuadé que l'effectif italien est aussi talentueux que solidaire. "Nous avons de la chance d'avoir des joueurs de qualité qui sont également de bonnes personnes" explique celui qui a débuté à Naples aux côtés de Diego Maradona. ". Ils ont la volonté de travailler dur et ont créé un bon groupe. Cette équipe pourrait faire bonne figure dans le championnat italien."

Si réunir un jour ces joueurs sous le même maillot en Serie A relève du rêve, les Azzurrini en ont pour l'instant un autre en tête : celui de ramener l'or au pays, 36 ans après la victoire de Berlin. Casiraghi y croit et a sans doute apprécié la visite Marcello Lippi, venu encourager la relève de sa sélection avant son départ pour la Chine. "Il y a toujours beaucoup à apprendre de quelqu'un qui a remporté la Coupe du Monde" avoue modestement Casiraghi. "Les Jeux Olympiques sont comparables. Ce sera une grande expérience professionnelle et personnelle pour tous, moi compris. Y prendre part est déjà un succès. Décrocher l'or serait le rêve suprême.