Cent ans, cinq exploits olympiques

1908, 1928, 1948, 1968, 1988. Ces dates ont un dénominateur commun : une grand cru du Tournoi Olympique de Football. De l'édition inaugurale en 1908 aux six buts d'Igor Dobrovolski en 1988, FIFA.com revient sur le fait majeur de chacune de ces compétitions. Comme tous les 20 ans, l'édition 2008 devrait donc nous réserver de grands moments.

Londres 1908 est le premier Tournoi Olympique de Football officiel. Sur les sept nations engagées (la France possédait deux équipes), deux se désistent et la compétition débute avec six formations. Les deux matches de phase de groupe se terminent sur deux scores fleuves : le 19 octobre, le Danemark bat la France B (9:0) et le 20 octobre, la Grande-Bretagne étrille la Suède (12:1). Loin d'avoir tout vu, les 1 000 spectateurs de Londres assistent le jour même au plus gros écart au cours d'une rencontre olympique : le Danemark, en demi-finale, renvoie la France A à Paris. Les Bleus sont défaits 17:1, Sophus Erhard Nielsen inscrit dix buts dont trois lors des six premières minutes.

Si l'Uruguay survole Amsterdam 1928 au cours de la première finale 100% sud-américaine des Jeux Olympiques, face à l'Argentine (1:1, 2:1), les vrais héros de cette édition sont italiens. Après avoir passé quatre buts à la France (4:3), sept à l'Espagne (1:1, 7:1) et une défaite face aux futurs champions (3:2), les Azzurri se sont mis en évidence au cours du match pour le bronze. Plus que le score (11:3 contre l'Egypte), c'est un fait rarissime qui aura retenu l'attention des passionnés de football. Angelo Schiavio (6', 42', 58'), Elvio Banchero (19', 39', 44') et Mario Magnozzi (72', 80', 88') réussissent un "coup-du-chapeau de coups-du-chapeau".

Londres 1948 annonce le retour au premier plan du football lors des Jeux Olympiques après douze ans d'absence, suite à la Seconde Guerre Mondiale. Prolifique en buts, cette édition a vu les filets trembler à 102 reprises en 18 rencontres soit une moyenne de 5,66 buts par match. Seul Grande-Bretagne - France (1:0) s'est soldé par moins de trois buts, trois rencontres se sont terminées sur le score de 5:3 et neuf par plus de six buts inscrits. La Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède sont les nations les plus collectives avec respectivement sept, six et cinq buteurs différents tout au long de la compétition.

Mexico 1968 reste comme la compétition la plus sensible de l'histoire, tant au niveau sportif qu'extra-sportif. Emaillée d'incidents à répétition sur et en dehors des terrains, l'édition mexicaine sacre la Hongrie pour la troisième fois de son histoire. Alors tenants du titre, les Magyars entrent dans le club prestigieux des nations à avoir confirmé leur médaille d'or obtenue quatre ans plus tôt. Auparavant, seuls la Grande-Bretagne (1908 et 1912) et l'Uruguay (1924 et 1928) avaient réussi cet exploit. De son côté, le défenseur Deszo Novak obtient sa troisième médaille olympique après le bronze de 1960 et l'or de 1964 : un fait rare pour un footballeur.

Séoul 1988 reste comme la dernière consécration d'un pays de l'Est aux Jeux Olympiques. Des premiers Jeux de l'après-guerre à Séoul 1988, le bloc de l'Est affiche un palmarès exceptionnel de neuf sacres en onze éditions. Seules la Suède, à Londres 1948, et la France, à Los Angeles 1984, dans une compétition où manquaient les favoris qu'étaient l'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie et l'Union Soviétique, empêchent le sans-faute. En 1988, trois joueurs se distinguent en inscrivant en moyenne au moins un but par match : le Brésilien Romario, sept buts en six matches, le Zambien Kalusha Bwalya, six buts en quatre matches et le Russe Igor Dobrovolski, six buts en six matches dont le but égalisateur en finale répondant à...Romario.

Un siècle après la première édition, Pékin 2008 est une équation à plusieurs inconnues : l'Argentine, si elle en a l'effectif, aura t-elle les moyens de rentrer dans le club privé des nations ayant réalisé le doublé en quatre ans ? Le Brésil, aidé de Ronaldinho, peut-il s'offrir son premier titre Olympique ? L'Italie, dotée d'une génération talentueuse, peut-elle mettre fin à 72 ans de disette ? Enfin, les équipes africaines pourront-elles confirmer leurs dernières prestations avec deux médailles d'or et une de bronze sur les quatre dernières éditions ?

On en reparlera peut-être en 2028...