Mascherano: "Conserver l'or serait incroyable"

L'Argentin Javier Mascherano a beau n'avoir que 24 ans, sa carrière ferait pâlir d'envie plus d'un footballeur expérimenté. Jugez-en par vous-même : finaliste de la Ligue des Champions avec Liverpool en 2007, double finaliste de la Copa América, quart de finaliste de la dernière Coupe du Monde de la FIFA, le milieu récupérateur albiceleste a également disputé plusieurs épreuves mondiales dans les catégories de jeunes, sans oublier la Copa Libertadores avec River Plate.

Mais ce n'est pas tout : celui que Sergio Batista considère comme "le meilleur milieu récupérateur du monde" est le seul joueur du Tournoi Olympique de Football Masculin, Pékin 2008 à avoir déjà remporté une médaille d'or olympique .

Quatre ans après son exploit à Athènes et à quelques heures de son entrée en lice, face à la Côte d'Ivoire, l'Argentin évoque avec FIFA.com la particularité des Jeux, les chances de succès de son équipe, mais aussi son rêve : devenir le premier sportif de son pays à gagner deux médailles d'or.

Javier, Sergio Batista a récemment déclaré que vous étiez le meilleur joueur du monde à votre poste. Que vous inspirent ces propos émanant de votre entraîneur ?
Oulà ! C'est toujours agréable d'entendre dire du bien de soi, mais j'essaie de prendre ça avec calme. Avec les années et l'expérience que j'ai acquise en Europe, je sais maintenant ce que je vaux, tout en étant conscient des progrès qu'il me reste à faire. J'aspire, comme mon club d'ailleurs, à figurer parmi les meilleurs, mais je ne suis pas le seul bon joueur à ce poste.

Vous avez déjà participé aux Jeux Olympiques de 2004. Pouvez-vous nous dire ce qui fait la particularité de cette compétition ?
L'environnement, surtout pour les footballeurs. Ici, à l'hôtel, on ne voit pas la différence avec une Coupe du Monde. Mais quand on arrive au Village Olympique, cela n'a rien à voir. A Athènes, j'ai eu la chance de croiser des personnalités que je n'aurais jamais cru rencontrer. C'était un moment formidable et nous l'avons vécu avec beaucoup de bonheur.

Je me suis retrouvé à côté de Roger Federer et Yao Min... et je me suis senti comme un enfant face à ses idoles !
Javier Mascherano, à propos du village olympique

Qui sont ces "personnalités" que vous évoquiez à l'instant ?
C'est l'avantage du Village Olympique : on baigne dans une ambiance festive et on peut s'y promener sans être importuné. Nous sommes tous égaux. Cette année, j'aimerais bien rencontrer quelques stars du basket américain, ou au moins assister à un match.

Vous avez déjà eu une médaille d'or autour du cou. Quel sentiment cela vous a-t-il procuré ?
Un sentiment merveilleux, à plusieurs égards. D'abord, il s'agissait du premier sacre olympique pour le football argentin. Ensuite, c'était le seul titre qui nous manquait. Et enfin, cela faisait 52 ans que notre pays n'avait plus gagné de médaille d'or. Quand j'étais petit, je n'imaginais même pas participer un jour à des Jeux Olympiques. Cette expérience a donc été formidable pour moi. Cette année, nous aurons du mal à faire aussi bien qu'en 2004, où l'équipe n'avait pas encaissé le moindre but. Notre victoire était méritée.

Savez-vous que vous avez la possibilité de devenir le premier sportif argentin à conquérir deux titres olympiques ?
Ce serait incroyable ! J'ignorais qu'aucun Argentin n'avait réussi cet exploit. Mais c'est déjà tellement incroyable de participer à deux olympiades différentes, surtout pour un footballeur. Avant de venir ici, je me disais que ce serait fantastique d'offrir une nouvelle médaille à l'Argentine. Et sur le plan personnel, bien sûr, ce serait très gratifiant.

Le Brésil est venu avec ses meilleurs joueurs afin de conquérir le seul titre qui lui manque. Nous savons qu'ils désirent plus que tout ramener la médaille d'or
Javier Mascherano, à propos du Brésil

Le Brésil est-il votre principal adversaire pour le titre suprême ?
chez eux. Mais attention, car personne ne parle des Pays-Bas, alors que c'est une excellente équipe. Il faudra également surveiller de près l'Italie et attendre le résultat des premiers matches, qui risquent d'apporter leur lot de surprises. Gagner le premier match sera crucial pour la suite de la compétition.

Puisque nous parlons du début du tournoi, que pouvez-vous nous dire sur la Côte d'Ivoire ?
Comme nous les avons rencontrés à Allemagne 2006, nous connaissons leur jeu. Ils ont beaucoup progressé ces dernières années et ils sont redoutables. Certains de leurs joueurs, comme Koné et Kalou, font de belles choses en Europe et ils méritent le respect. Mais nous devons avant tout nous concentrer sur notre propre jeu. Pour tout dire, je pense que notre principal adversaire, c'est nous-mêmes.

En attendant, avec autant de joueurs offensifs, vous allez devoir courir beaucoup...
Tout dépendra de ce que l'on veut faire. Nous savons que nos joueurs sont davantage portés sur l'attaque que sur la défense, mais tout le monde devra se replier. Le football d'aujourd'hui est total : si nous ne jouons pas tous avec la même intensité, nous aurons du mal à atteindre notre objectif.