Kalou: "Une finale contre l'Argentine"
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Assister aux Jeux Olympiques représente, depuis toujours, la réalisation d'un rêve. Athlètes et spectateurs convergent des quatre coins de la planète pour partager un moment inoubliable pour tout amateur de sport, football y compris. A Pékin 2008, le sport roi est parvenu mieux que jamais à réunir bon nombre de ses représentants les plus fameux. Salomon Kalou en fait partie. Après avoir fait ses classes dans le championnat des Pays-Bas, l'Ivoirien est devenu l'un des joueurs clés du Chelsea de l'ère Abramovitch.

En Chine, les Eléphanteaux ont réalisé des débuts prometteurs mais frustrants face à l'Argentine. Ils s'apprêtent maintenant à disputer leur deuxième match dans le tournoi olympique, contre la Serbie.

C'est entre ces deux rendez-vous que l'attaquant de 23 ans a accordé un entretien à FIFA.com. Il y évoque sa première expérience olympique, les possibilités de son équipe et son objectif ultime dans cette compétition : "Jouer la finale contre l'Argentine".

Vous qui avez participé à des tournois très importants avec différents clubs, que pouvez-vous nous dire de ces Jeux Olympiques ?
C'est une grande expérience d'un point de vue personnel, mais également pour toute l'équipe. C'est la première fois que nous participons à ce tournoi et tout le monde est très impatient que les matches commencent. Je dirais que cette compétition est comme une petite Coupe du Monde.

Aujourd'hui, les supporteurs africains sont vraiment derrière nous car ils jugent que nous avons une chance réelle de gagner le tournoi
Salomon Kalou, à propos du soutien de la Côte d'Ivoire

Les enfants rêvent en général de participer à une Coupe du Monde de la FIFA. Que pensiez-vous des Jeux Olympiques en tant que spectateur ?
Les Jeux sont un grand événement en Côte d'Ivoire. Beaucoup de gens les suivent, surtout depuis les victoires du Nigeria et du Cameroun. . Pour les sélections africaines, il est extrêmement difficile de remporter une Coupe du Monde. En revanche, elles ont déjà ramené la médaille d'or sur notre continent. Espérons que cette fois, ce sera notre tour.

Pratiquez-vous d'autres sports que le football ?
J'aime beaucoup l'athlétisme et le basket, même si je ne les pratique pas. J'adore regarder le sport. C'est toujours agréable de voir que les gens arrivent à faire toutes sortes de choses, dans le plaisir et la convivialité. C'est ça le plus important.

Vous ne pratiquez pas d'autre sport, mais vous pourriez, car vous avez les qualités pour cela, non ?
Non ! (rires) Dans mon pays, tout le monde veut jouer au foot. Mon frère aîné y jouait, donc j'ai fait pareil. Ensuite, je me suis inspiré d'autres joueurs, comme Thierry Henry.

Aimeriez-vous rencontrer d'autres athlètes au Village olympique ?
Il faudra d'abord que nous arrivions à y être hébergés ! Si cela se produit, alors oui, bien sûr. Les Jeux Olympiques servent aussi à ça, non ? Je crois que c'est le rêve de tous les athlètes : se rencontrer les uns les autres et s'amuser. J'aimerais bien par exemple faire connaissance avec des sprinters, pour discuter avec eux et leur demander comment ils font pour réussir ce type de performances. C'est passionnant de pouvoir vivre des moments comme ça.

Il arrive à faire des choses incroyables. C'est l'un des meilleurs joueurs du monde. J'aime bien ce genre de joueur : jeune, talentueux et capable de prendre ses responsabilités
Salomon Kalou, à propos de Lionel Messi

Pour revenir au football, y a-t-il des joueurs que vous admirez particulièrement dans ce tournoi ?
Il y en a quelques-uns, à commencer par Messi. aussi bien avec Barcelone qu'en équipe d'Argentine. Il montre l'exemple à tous les jeunes footballeurs : devenir une star, cela requiert beaucoup de travail et de concentration. Messi le démontre à chaque match. C'est d'ailleurs assez impressionnant de jouer contre lui.

Les gens ont réservé une grande ovation à votre équipe après le match contre l'Argentine. Comment expliquez-vous cela ?
Nous avons joué contre une grande équipe et avons vendu chèrement notre peau. Dans les premières minutes, les spectateurs étaient pour l'Argentine. Ensuite, ils ont commencé à nous encourager. C'est ça qui est beau dans le football : vous pouvez faire changer d'avis les spectateurs en jouant simplement et honnêtement. J'ai ressenti beaucoup de fierté au moment de quitter le terrain.

Vous avez mentionné les triomphes du Nigeria et du Cameroun, en 1996 et 2000. 2008 pourrait-elle être l'année de la Côte d'Ivoire ?
Absolument ! Quand vous arrivez à ce niveau et que vous jouez contre des grandes équipes comme l'Argentine, vous devez faire le maximum. Si nous faisons tous les efforts nécessaires, nous progresserons de match en match et nous aurons une chance d'arriver en finale. La rencontre face à la Serbie sera déterminante pour savoir exactement jusqu'où nous pourrons aller.

Que signifierait une médaille d'or pour l'Afrique ?
Cela démontrerait que les victoires du Nigeria et du Cameroun n'étaient pas un hasard, et que les équipes africaines continuent de progresser. Le Ghana pratique un très bon football. Nous aussi. C'est bien de participer à ce genre de tournoi, pour montrer la voie à suivre aux autres sélections de notre continent.

Un peu de football-fiction maintenant : si vous pouviez choisir votre adversaire pour la finale, qui serait-ce ?
L'Argentine ! Pour plusieurs raisons : c'est la meilleure équipe, elle est championne du monde en titre et elle nous a battus lors du premier match. J'ai envie de rejouer contre eux. Pour nous, ce serait la plus belle finale. Une finale difficile, certes, mais je peux vous assurer que nous ne commettrions pas les mêmes erreurs que la fois précédente.

On vous sent très confiant. Vous vous voyez avec la médaille d'or autour du cou ?
C'est l'un de mes rêves. Ce que je peux vous dire, c'est que si nous gagnons le tournoi, je porterai cette médaille à chaque entraînement avec Chelsea (rires).