On ne présente plus Juan Román Riquelme, si ce n'est pour rappeler que le petit milieu de terrain de Boca Juniors est également capitaine de l'équipe d'Argentine, ou des équipes d'Argentine devrait-on dire : la sélection seniors engagée dans les éliminatoires pour Afrique du Sud 2010 et la formation olympique qui s'apprête à affronter les Pays-Bas en quarts de finale du Tournoi Olympique Masculin.

A moins de 24 heures de ce rendez-vous capital, l'ancien meneur de jeu de Barcelone et de Villarreal a accordé un entretien exclusif à FIFA.com. L'occasion pour lui de parler de son expérience à Pékin, de l'éventuelle demi-finale contre le Brésil et de son objectif ultime dans l'Empire du Milieu : "Etre là jusqu'au 23 et gagner la médaille d'or".

Juan Riquelme, vous qui avez participé aux tournois les plus prestigieux du monde, que pouvez-vous nous dire de votre première expérience olympique ?
C'est sans aucun doute une expérience unique. Le Village Olympique est un lieu extraordinaire. Nous avons la chance d'y être hébergés et donc de côtoyer des sportifs du monde entier. Pour moi, c'est quelque chose d'incroyable, dont j'essaie de profiter au maximum. Je n'ai jamais rien vécu de semblable.

Avez-vous fait des rencontres inattendues ?
Oui ! Le jour de notre arrivée, nous avons eu la chance d'avoir Kobe Bryant à notre table. Il a voulu être pris en photo avec nous et nous a dit qu'il aimait beaucoup le football argentin. On a été les premiers surpris ! Tous les soirs, nous mangeons avec des tennismen, des hockeyeurs, des judokas. Vous voyez, on ne s'ennuie pas. C'est complètement différent des tournois de foot habituels, où il n'y a qu'une sélection par hôtel. C'est vraiment une expérience exceptionnelle. J'adore ça.

Je crois que nous progressons de match en match, surtout au niveau du calme et de l'assurance. Mais nous savons que nous n'avons pas le droit à l'erreur
Juan Roman Riquelme, à propos du niveau de l'Argentine

Parlons de l'Argentine. Comment se passe le tournoi pour votre équipe ?
Très bien. . Le moindre faux pas peut être fatal. Nous voulons rester ici jusqu'au bout, jusqu'au 23.

Comment vivez-vous votre rôle de capitaine ?
Normalement. Je travaille autant que d'habitude. Pour moi, le brassard ne fait aucune différence. Mon devoir est d'aider mon équipe et mes partenaires à jouer le mieux possible. J'ai eu la chance d'être appelé par l'entraîneur comme l'un des trois renforts. Je veux lui montrer qu'il ne s'est pas trompé. Voilà. A part ça, la seule chose que j'ai en tête est d'atteindre la finale.

Que pouvez-vous nous dire des Pays-Bas ?
Nous savons qu'ils jouent très bien et qu'ils possèdent d'excellents joueurs, comme Roy Makaay, Ryan Babel et Hedwiges Maduro, qui s'en sort très bien à Valence. Nous allons devoir être à notre meilleur niveau pour les battre, mais j'ai confiance en nos possibilités. J'espère que tout se passera bien pour nous.

De nos jours, les équipes qui proposent un jeu résolument offensif sont de plus en plus rares. Nous, nous attaquons dès le coup d'envoi
Juan Roman Riquelme, à propos du football offensif

Argentine - Pays-Bas est devenu une espèce de classique des temps modernes, non ?
Tout à fait. Nous nous rencontrons souvent dans les matches à élimination directe. Nous sommes deux équipes qui essaient de pratiquer un bon football, qui manient bien le ballon et veulent offrir du spectacle au public. . C'est notre style. J'espère que demain, les gens prendront du plaisir à regarder le match. Mais j'espère aussi qu'après le coup de sifflet final, c'est l'Argentine qui fera la fête.

Sans vouloir préjuger du résultat de Pays-Bas - Argentine, une question nous brûle les lèvres : que vous inspire l'éventuelle demi-finale face au Brésil ?
(Rires) Ce serait une finale avant la lettre. Mais en plus de notre match très difficile contre les Pays-Bas, n'oubliez pas qu'eux aussi devront d'abord battre le Cameroun. Tout ce qui m'importe, c'est que nous remportions notre match. Que ce soit le Brésil ou le Cameroun en demi, c'est la même chose. Si nous voulons atteindre la finale, nous devons être capables de battre n'importe qui.

Supportez-vous bien le fait de passer autant de temps loin de chez vous ? Etes-vous en contact avec votre famille ?
Tous les jours ! Tout le monde me manque : mes fils, mes parents, mes amis. Cela dit, je suis heureux de ce que je suis en train de vivre et je crois qu'eux aussi. Le plus important pour moi est de profiter au maximum de mon expérience ici et de leur raconter tout ça à mon retour. Ils savent que pour moi, il est important de participer aux Jeux Olympiques et je pense qu'ils sont contents pour moi. C'est aussi pour cela que je veux aller jusqu'au bout, pour les rendre le plus heureux possible.

Vous venez de mentionner vos fils. Est-ce qu'ils réalisent que leur papa est une star du football mondial ?
Oui, ils savent ce que je fais. Mon plus jeune a 6 ans et il est déjà dingue de football. Quand Boca Juniors marque un but, il est au bord des larmes. Il connaît tous les joueurs de la sélection et je suis très heureux qu'il en soit ainsi.

Il joue au football ?
Oui, il adore ça. S'il veut être footballeur, j'espère que ça marchera pour lui. Mais c'est lui qui choisira ce qu'il veut faire.

Vous lui avez promis de rentrer à la maison avec une médaille ?
Tout le monde rêve de ce genre de choses, surtout quand on porte le maillot de l'Argentine. J'espère que nous allons encore nous améliorer pour être à notre meilleur niveau si nous sommes encore là le 23 août. Nous voulons gagner la médaille d'or et si nous y parvenons, nous serons très heureux. Comme tout le pays. C'est pour ça que nous sommes venus en Chine.