Le plus brésilien des Ivoiriens
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Quelle n'a pas été notre surprise en voyant arriver Gervinho pour l'interview prévue avec FIFA.com ! En effet, le buteur et capitaine de la sélection olympique ivoirienne était accompagné d'un interprète très spécial, Salomon Kalou. Oui, vous avez bien lu. Toujours aussi disponible, l'attaquant ivoirien passé de Feyenoord à Chelsea pour 8 millions de livres a bien voulu se déplacer afin de donner un petit coup de main à son coéquipier.

Plus incroyable encore, quelques minutes plus tard, c'est le Nigérian Victor Anichebe qui a fait son apparition dans le bureau de FIFA.com installé dans l'hôtel. De son propre aveu, l'attaquant d'Everton était tout simplement curieux de ce qui se tramait dans nos locaux. Les trois hommes en ont profité pour échanger de chaleureuses poignées de mains. Mais, derrière cette cordialité apparente, chacun était évidemment bien décidé à prendre le meilleur sur l'autre à l'occasion du prochain quart de finale entre les deux équipes.

"C'est un match entre deux très bonnes équipes africaines", constate Gervinho, par l'intermédiaire de son souriant interprète. "Nous connaissons bien les Nigérians et ils nous connaissent bien. Cependant, nous ne les avons pas encore vus jouer depuis le début du tournoi. Je ne peux donc pas vous dire grand-chose à leur sujet, mais je suis certain que nous allons assister à une rencontre passionnante, entre deux équipes de valeur égale."

Notre équipe a les moyens d'aller très loin et nous sommes bien décidés à exploiter notre potentiel à fond
Gervinho, à propos des ambitions ivoiriennes

Mais les Ivoiriens sont-ils toujours aussi certains d'être sur la première marche du podium, à l'issue de la finale de dimanche ? "Oui, nous y croyons fort. Le plus important pour nous, c'est de procéder par étapes, comme nous l'avons fait jusqu'ici. Concentrons-nous sur le match contre le Nigeria. Il faut tout faire pour le gagner. Après ça, il sera temps de penser aux demi-finales. ."

"Un grand honneur"
Pur produit du centre de formation de l'ASEC Abidjan, l'attaquant du Mans a donc été choisi pour porter le brassard de capitaine. "Parce que je le lui ai laissé", plaisante un Kalou moqueur. De toute évidence, il règne une excellente ambiance au sein du groupe ivoirien. Interrogé à ce sujet, Gervinho se laisse aller à quelques confidences sur la relation qui s'est nouée entre le sélectionneur et son capitaine.

"C'est un grand honneur d'avoir été choisi. Le fait que Gérard Gili me fasse confiance signifie beaucoup pour moi. Il essaye de faire passer son message dans toutes les sélections ivoiriennes, que ce soit sur le terrain ou en dehors. On sent qu'il veut nous aider à progresser. L'un des aspects qui m'intéressent le plus dans le capitanat, c'est la dimension humaine. J'aime encourager mes coéquipiers."

Cette dernière remarque fait naître un grand sourire sur le visage de Kalou, qui en profite pour semer la pagaille dans les tresses de son compère. Tout comme Didier Drogba, Gervinho aime à jouer avec un bandeau dans les cheveux. Ceux qui ont suivi les prestations de la Côte d'Ivoire contre l'Argentine, l'Australie et la Serbie sont sans doute les mieux placés pour savoir que la comparaison entre les deux hommes ne se limite pas à ce détail. Comme l'attaquant de Chelsea, le Manceau joue souvent de son physique impressionnant pour déstabiliser les défenses adverses.

Tous les jeunes joueurs prennent exemple sur lui. C'est un modèle pour moi aussi. Comme tout le monde, je cherche toujours à m'inspirer des meilleurs
Gevinho, à propos de Didier Drogba

"Chacun son style mais, vous savez, Didier est un dieu chez nous. ."

Avant de laisser repartir ce sympathique duo, nous nous décidons à lui poser la question qui nous brûle les lèvres : comment Gervais Yao Kouassi s'est-il retrouvé affublé du surnom de Gervinho ?

"Quand on entre dans l'équipe de l'ASEC, on reçoit immédiatement un surnom", explique le principal intéressé. "A l'époque, nous avions un entraîneur brésilien, alors il nous donnait des surnoms brésiliens. Tous ceux de ma génération en ont un. Moi, c'est Gervinho, lui [en désignant son interpère], c'est Kalouno. C'est simplement un diminutif formé à partir de notre patronyme. Mon vrai nom étant Gervais Yao Kouassi, il m'a baptisé Gervinho. Dans mon cas, le surnom est resté."