Messi : "Favoris et fiers de l'être"
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Lionel Messi est, à n'en pas douter, LA sensation du Tournoi Olympique de Football Masculin. Alors qu'il vient de fêter ses 21 ans, le petit génie du FC Barcelone suscite une admiration unanime. Auprès du public bien sûr, mais également parmi les bénévoles, les athlètes et même les stars des autres disciplines, comme Kobe Bryant par exemple. Le géant des Los Angeles Lakers a même demandé à l'Argentin son maillot pour le mettre dans son armoire à souvenirs.

Tout ce bruit médiatique et cette ferveur populaire ne semblent pourtant pas troubler la sérénité du jeune surdoué. Avec sa modestie et son calme habituels, le natif de Rosario ne donne pas l'impression d'être sur le point de disputer une finale olympique. A moins de 24 heures du choc contre le Nigeria, Messi a accepté de répondre en exclusivité aux questions de FIFA.com. Il y évoque les multiples facettes de l'expérience unique que constitue une participation aux Jeux Olympiques.

Lionel, il s'est dit et écrit beaucoup de choses autour de votre participation aux Jeux Olympiques. Finalement, vous êtes à Pékin, à 90 minutes d'une médaille d'or. Que vous inspire cette expérience ?
C'est ce à quoi je m'attendais : une expérience très agréable et très spéciale. Tout ce que j'ai entendu dire avant de venir ici s'est vérifié jour après jour en Chine. J'ai vécu des choses merveilleuses, que je n'oublierai jamais. On ne vit ça qu'une fois dans sa vie. Il faut donc savourer chaque instant.

Ces Jeux Olympiques resteront donc pour vous quelque chose d'unique, quel que soit le résultat du match contre le Nigeria ?
C'est clair, oui. Chaque jour passé au village olympique nous a permis de passer de très bons moments. Tout ce que nous vivons ici est complètement nouveau pour nous : rencontrer les autres athlètes, voir des gens connus et les plus grands sportifs de la planète, tout cela vaut vraiment la peine. C'est une expérience formidable pour un footballeur.

Au cours de ces trois dernières années, vous avez vraiment tout connu. Comment avez-vous fait pour gérer tout cela, mentalement ?
En gardant mon calme et surtout, en prenant le plus de plaisir possible à ce que je fais. Mais vous savez, au cours des trois dernières années, il m'est aussi arrivé de moins belles choses. Cela dit, j'essaie de ne conserver que le positif. Je tiens avant tout à profiter tranquillement de chaque moment, autant que possible avec mes proches : ma famille, mais aussi mes copains de toujours, ceux qui m'ont soutenu dans les bons moments comme dans les moins bons. C'est d'ailleurs là qu'on reconnaît ses vrais amis.

Y a-t-il un épisode qui vous a particulièrement marqué lors de ces trois dernières années ? Comme par exemple le fait d'avoir pu aider votre famille, ou rencontré une personne célèbre que vous n'auriez jamais imaginé rencontrer...
C'est difficile à dire, car il s'en est passé en trois ans ! J'ai gagné des titres, j'ai réussi à passer pas mal de temps avec ma famille et mes amis. Que demander de plus ? Je ne sais pas. Quand j'ai rencontré Kobe Bryant, l'autre jour, je l'ai trouvé très sympa. C'est le genre de chose qui me touche. Ce fut un grand moment pour moi.

Diego Maradona est lui aussi venu vous voir. Qu'est-ce que cela a apporté à l'équipe ?
Ç'a été un moment super. Il est venu en personne nous encourager. Cela représente beaucoup pour nous. Quand vous êtes devant quelqu'un comme Maradona, vous reprenez des forces. J'espère que nous pourrons lui faire plaisir en décrochant la médaille d'or.

Parlons de la demi-finale contre le Brésil. Vous avez vraiment pris votre revanche...
Oui. Avant ce match, nous restions sur deux contre-performances face au Brésil. Nous espérions donc les battre et nous étions très déterminés. Mais je n'imaginais pas un tel scénario. Cette victoire m'a procuré une joie énorme. Tout s'est passé à la perfection.

Jusqu'aux buts de votre ami Sergio Aguero...
Oui, ça m'a fait énormément plaisir de le voir marquer. Il en avait sérieusement besoin car certaines personnes commençaient à le critiquer, à faire des commentaires négatifs. Heureusement, il a inscrit ces deux buts et par la même occasion, il a fait taire pas mal de monde. C'est bien pour lui.

Avec la concurrence qui existe à ce niveau, difficile d'éviter les rumeurs. Cela vous agace-t-il ?
Oui, ça m'agace quand on raconte des mensonges ou qu'on dit des choses que je considère comme injustes. Mais comme ça vient de l'extérieur, on ne peut rien faire. Nous essayons de rester à l'écart de tout ça, mais il est évident que certains commentaires font mal.

Peut-on savoir ce que vous avez dit à Ronaldinho, lors de votre accolade à la fin de la demi-finale ?
Nous nous sommes simplement salués et je l'ai encouragé pour la suite de sa carrière. Vu qu'il s'apprête à repartir à zéro avec une nouvelle équipe, je lui ai souhaité bonne chance. C'est le moins que je puisse faire. Il s'est toujours comporté merveilleusement bien avec moi. Il m'a beaucoup aidé.

Et cette finale contre le Nigeria ? Pour les avoir rencontrés en finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Pays-Bas 2005, vous connaissez plusieurs de vos adversaires. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de ce match ?
Je garde un excellent souvenir de cette compétition. Ce fut une belle expérience, avec un dénouement heureux. Mais je crois que le match de samedi sera plus difficile. Le Nigeria a beaucoup progressé. Ils ont de très bons joueurs. Il est certain que ça va être un match très compliqué.

L'entraîneur du Nigeria, Samson Siasia, nous disait hier que 90 % des gens donnent l'Argentine favorite. En est-il réellement ainsi ?
Il est indéniable que jusqu'à présent, nous avons réalisé un parcours remarquable. Mais dans une finale, il n'y a pas de favori. Tout peut arriver. Maintenant, si on nous colle cette étiquette, ça ne nous pose aucun problème. Il nous restera à la justifier sur le terrain, en pratiquant notre football. C'est la seule chose à laquelle nous devons penser.

Que signifierait pour vous la médaille d'or ?
Quelque chose de spécial, pour les raisons que je viens d'évoquer. Personne dans l'équipe n'oublie que c'est peut-être sa dernière chance de gagner le tournoi olympique. La médaille d'or serait donc une sorte de consécration. Je le répète : j'ai toujours rêvé de gagner un titre olympique. Ça fait longtemps que je le dis.