Agüero et Zabaleta, une mémoire en or
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Sergio Agüero s'est illustré sur tous les terrains, que ce soit en Coupe du Monde de la FIFA™ ou en Copa America. Dès l'âge de 15 ans, il est devenu le plus jeune joueur de l'histoire du championnat d'Argentine. Ses performances en Liga et en Premier League ont depuis fait de lui une valeur sûre du football mondial. Pourtant, il suffit de lui parler du Tournoi Olympique de Football pour l'entendre prononcer le mot "exceptionnel".

À la veille du tirage au sort final du Tournoi Olympique de Football Masculin, Londres 2012, Agüero s'est penché sur ses souvenirs de l'édition 2008, disputée à Pékin. Quatre ans auparavant, l'attaquant s'est imposé comme l'un des grands artisans du triomphe de l'Argentine, en signant notamment un doublé contre le Brésil en demi-finale. "Je n'avais jamais pris part aux Jeux Olympiques mais ceux de mes coéquipiers qui avaient eu cette chance m'avaient dit que c'était une expérience incroyable", raconte-t-il. "Quand mon tour est arrivé, j'ai vécu quelque chose d'exceptionnel, qu'on ne connaît qu'une fois dans sa vie. J'étais d'autant plus heureux que nous avons remporté la médaille d'or."  

La Grande-Bretagne, théâtre des rêves
Le passage du Tournoi Olympique de Football à Old Trafford, l'antre de Manchester United, risque de raviver "pas mal de souvenirs" dans l'esprit d'Agüero. À l'en croire, les 16 équipes en lice dans le tournoi masculin et les 12 sélections engagées dans la compétition féminine trouveront en Grande-Bretagne le cadre idéal pour écrire leur propre légende. "Les gens qui viennent ici pour la première fois seront certainement impressionnés par les stades et les centres d'entraînement. Ils ne regretteront pas leur voyage."  

Si la mémoire venait à lui faire défaut, le Kun pourrait toujours compter sur son compatriote et coéquipier à Manchester City, Pablo Zabaleta.  "La Grande-Bretagne est tout à fait prête à accueillir les Jeux Olympiques", confirme ce dernier, présent également à Pékin 2008. "La compétition se déroulera dans l'une des plus belles villes du monde. C'est un grand défi pour le pays. Comme l'a dit Sergio, les participants vont vivre une expérience inoubliable."   

Selon lui, les Jeux Olympiques n'ont rien de commun avec ce que peut vivre un footballeur professionnel en temps ordinaires. "Quand on participe à un tournoi ou à un match amical, le professionnalisme est partout. On nous donne les meilleurs équipements, les meilleurs hôtels, la meilleure nourriture… Tout est parfait. Les Jeux Olympiques sont différents, à cause de l'esprit d'amateurisme. D'un seul coup, on se retrouve dans le même bateau que les athlètes d'autres disciplines. On dort dans les mêmes chambres, à six ou sept dans un appartement avec une seule salle de bain. Il faut prendre le bus pour aller manger, on s'entraîne sur des terrains difficiles. Ça change tout."  

Expatriés mais patriotes
À Pékin, les internationaux argentins ont ainsi eu l'occasion de rencontrer de nombreux champions, issus d'autres disciplines. "Nous avons eu la chance de croiser Rafael Nadal, Kobe Bryant et d'autres sportifs argentins qui résidaient au même endroit", explique Zabaleta. Agüero se souvient quant à lui avoir rendu visites aux Leonas, les membres de l'équipe d'Argentine de hockey féminine. Le football argentin ne sera malheureusement pas représenté à Londres, ce qui a poussé l'attaquant à reporter son attention sur l'équipe de basket Argentine.  

Il ne fait aucun doute que l'esprit olympique reste une source d'inspiration, même pour les professionnels les plus endurcis. En tant qu'expatrié, Zabaleta revient également sur l'importance de représenter son pays. "Nous avons quitté l'Argentine il y a longtemps. Il est toujours bon de revenir au pays et de passer du temps avec ses compatriotes et sa famille. C'est l'un des avantages de jouer pour son pays." Ensemble, Zabaleta et Agüero ont atteint les quarts de finale de la Copa America disputée l'année dernière en terre Argentine. "C'est fabuleux de jouer chez soi, devant ses supporters", souligne Zabaleta. Toutefois, leur association au plus haut niveau remonte beaucoup plus loin.  

Une Pulga déjà grande
En 2005, Zabaleta a mené son équipe en Coupe du Monde U-20 de la FIFA en tant que capitaine. Alors âgé de 20 ans, le latéral a soulevé le trophée aux côtés d'Agüero mais aussi d'un certain Lionel Messi. "C'est moi qui lui ai tout appris", lance Zabaleta sur le ton de la plaisanterie. À 17 ans, Agüero était alors un titulaire indiscutable à Independiente. Deux ans plus tard, l'attaquant a marché sur les traces de son collègue en menant comme capitaine la sélection albiceleste vers un nouveau titre mondial. Dans la foulée, Agüero a également empoché le Ballon d'Or et le Soulier d'Or du tournoi.

"Contrairement à ce qui se passe en Europe, les entraîneurs en Argentine n'hésitent pas à donner leur chance aux jeunes", explique Agüero. "Cela nous permet d'accumuler de l'expérience. En équipe U-20, nous nous retrouvons souvent face à des joueurs européens qui ne sont pas titulaires dans leurs clubs. C'est un avantage".   

Bien entendu, l'Argentine possédait en 2005 un autre avantage, en la personne de Leo Messi. "Très jeune, il était différent des autres. Il avait un toucher de balle extraordinaire", se souvient Agüero. "Déjà à l'époque, nous savions qu'il irait loin." Depuis, le petit attaquant barcelonais est allé jusqu'à Pékin, s'imposant comme l'une des stars du Tournoi Olympique de Football avec l'aide de Zabaleta et Agüero.