4 juillet 1912 : Même médaille, mais pas même bataille
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L'édition inaugurale du Tournoi Olympique de Football Masculin, organisée à Londres en 1908, s'est conclue sur deux rencontres peu enthousiasmantes : la victoire des Pays-Bas sur la Suède (2:0) dans le match pour la médaille de bronze et la défaite du Danemark contre la Grande-Bretagne en finale, sur le même score.

Tous les ingrédients étaient cependant réunis pour que la conclusion de la deuxième édition, disputée il y a 100 ans jour pour jour ce mercredi 4 juillet, fasse le bonheur des amateurs de beau jeu. Un peu plus tôt dans la journée, les Pays-Bas avaient écrasé la Finlande 9:0 à Solna, dans le match pour la médaille de bronze. La finale de Stockholm devait, quant à elle, mettre aux prises deux des meilleures attaques du moment, le Danemark et la Grande-Bretagne, à nouveau.  

Le Danemark restait sur deux succès convaincants face à la Norvège (7:0) et aux Pays-Bas (4:1). Les Scandinaves disposaient alors d'une telle abondance d'attaquants que le grand Tist Nielsen se trouvait relégué sur le banc. Avec 52 réalisations en 38 matches, le Danois possède pourtant la troisième meilleure moyenne de buts par match de toute l'histoire du football mondial parmi les joueurs comptant aux moins 20 sélections. Son but et ses deux passes décisives en demi-finale ne lui ont donc pas permis de décrocher une place de titulaire.

Les Danish Dynamites alignaient donc Anthon Olsen, Wolle Wolfhagen et Sophus Nielsen en pointe, ce dernier étant entré dans l'histoire en inscrivant dix buts lors d'une victoire 17:1 face à la France en 1908. Ce record restera inégalé au niveau international pendant 93 ans, jusqu'à ce que l'Australien Archie Thompson marque à 13 reprises à l'occasion d'un succès 31:0 sur les Samoa Américaines.  

Prolifiques britanniques
De son côté, la Grande-Bretagne a validé son billet pour la finale aux dépens de la Hongrie (7:0) et de la Finlande (4:0). Auteur de dix des 11 buts de son équipe, Harold Walden comptait un partenaire de choix en attaque en la personne de Vivian Woodward, à la tête d'une moyenne de plus d'un but par match en équipe nationale.  

Cette fois, les deux finalistes ont parfaitement répondu aux attentes des spectateurs. Walden et Gordon Hoare ont rapidement donné l'avantage aux Britanniques, avant qu'Olsen ne réduise l'écart à la 27ème minute de jeu. Les remplacements n'étant pas encore autorisés à l'époque, les Danois ont fini la rencontre à dix, suite à la blessure de Charles Buchwald. La Grande-Bretagne n'allait pas tarder à profiter de son avantage numérique. En l'espace de trois minutes, Hoare signait son deuxième but de la partie et Arthur Berry portait la marque à 4:1 avant le repos.  

La deuxième mi-temps allait permettre aux gardiens, Sophus Hansen et Ronald Brebner, de se mettre en évidence. Les deux portiers ont longtemps retardé l'échéance, jusqu'à ce qu'Olsen ne vienne clore la marque en toute fin de rencontre (4:2).

Les médailles sont donc revenues aux mêmes équipes que quatre ans auparavant. Mais fort heureusement, cette deuxième finale n'avait rien à voir avec sa devancière, comme ont pu en attester les 25 000 spectateurs présents au stade olympique.