20 juillet 1952 : Bobrov enchaîne les miracles
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Il y a 65 ans ce 20 juillet 2012, le tableau d’affichage du stade Ratina de Tampere apprenait aux spectateurs qu’ils étaient 17 000 à attendre le coup d’envoi du duel pour les quarts de finale du Tournoi Olympique de Football Masculin. 75 minutes plus tard, il s’ornait de chiffres tout aussi impressionnants : Yougoslavie 5:1 U.R.S.S.

Finalistes de l’édition précédente, les Plavi avaient entamé leur campagne par un 10:1 retentissant. À ce stade du match, ils semblaient bien partis pour s’offrir une deuxième victoire fleuve de rang et filer vers les sommets. Rien ne laissait présager le combat qui les attendait face à une formation soviétique apparemment en perdition, à 15 minutes de la fin. Mais c’était compter sans un providentiel faiseur de miracles.

Deux ans plus tôt, un crash aérien avait décimé l’équipe d’U.R.S.S. Vsevolod Bobrov n’avait dû la vie sauve qu’à sa décision de dernière minute de prendre le train, un heureux tour du destin qui lui donnait en ce 20 juillet l’occasion de sauver l’honneur de son pays.

Auteur du premier but soviétique du tournoi, l’attaquant moscovite de 29 ans entame sa mission impossible par une passe décisive à Vassili Trofimov qui concrétise. Dans la foulée, il réduit encore l’écart d’une frappe puissante, puis triple son total personnel à la 87ème, portant le score à 4:5. Le milieu Aleksandr Petrov prend alors le relais et égalise à quelques secondes du coup de sifflet final.

Des crampons aux patins
Quatre buts assenés dans les 14 dernières minutes à un adversaire resté coi : l’U.R.S.S. peut s’enorgueillir de l’une des remontées les plus spectaculaires de l’histoire du football. Le match retour disputé deux jours plus tard sera cependant remporté 3:1 par la Yougoslavie, malgré la rapide ouverture du score de Bobrov, qui fêtait alors sa dernière apparition avec la Russie.

Curieusement, Bobrov a décroché l’or olympique dans une tout autre discipline que le football. Aussi étincelant sur le rectangle vert que sur les patinoires, il était le meilleur hockeyeur sur glace de l’Union soviétique, qui lui doit en grande partie sa victoire aux Jeux Olympiques d’hiver 1956.

Il lui est rendu hommage dans le classement des athlètes russes du 20ème siècle, où il figure à la troisième place derrière le légendaire gardien de but Lev Yashin et le champion de lutte gréco-romaine Alexander Karelin, poids lourd historique du sport mondial.

Nul doute cependant qu’à l’instar de l’équipe yougoslave et du public finlandais, ces deux médaillés d’or s’inclineraient devant la formidable performance individuelle livrée par Bobrov ce 20 juillet 1952.