Yoshida veut garder le cap
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Depuis le début de l’âge d’or du football espagnol, une seule et unique question occupe tous les amateurs du sport roi : comment jouer contre la Roja ? Si les stratégies diffèrent souvent d’un entraîneur à un autre, tous semblent s’accorder sur un point : rien ne sert de chercher à battre les Espagnols à leur propre jeu.

Ce jeudi 26 juillet, le Japon a pourtant eu l’audace d’essayer. En demandant à ses joueurs de presser plus haut et de posséder davantage le ballon que les maîtres du genre, Takashi Sekizuka a pris une option tactique risquée qui a fini par payer. Et si une victoire 1:0 sur cette équipe truffée de champions d’Europe U-21 et Seniors constitue en soi un grand résultat, c’est surtout la manière avec laquelle les Japonais ont dominé le sujet qui a impressionné.

Selon le capitaine Maya Yoshida, tout a fonctionné comme prévu, comme il l'explique à FIFA.com : "On s’est réunis avant la compétition et on a tout mis en place. Ça nous a énormément aidés. C’était super pour nous d’avoir tout le plan tactique devant les yeux et ça a renforcé la confiance des joueurs. On s'est quitté avec la conviction qu'on pouvait battre l’Espagne."

Parmi les options choisies, il y avait visiblement celle de la solidarité : "Aujourd’hui, les attaquants ont énormément aidé l’équipe en pressant la défense très haut. Du coup, les Espagnols ont eu du mal à poser leur jeu. En plus, ils ont vraiment démarré très lentement, ce qui nous a facilité la tâche".

Montée en puissance
L'altruisme et le collectif étaient également au programme : "On avait également décidé avec le sélectionneur que pour gagner ce match, il fallait absolument faire bouger le ballon plutôt que d’attendre un exploit individuel. Ce jeu de passes nous a bien réussi. On s’est senti à l’aise et on a pu créer beaucoup d’occasions. Je pense qu’on a mieux géré la possession que les Espagnols et c’est quelque chose dont on peut être fiers."

Yoshida présente les choses de façon très simple, mais il sait bien que même si un plan est bon, il n'est pas toujours facile à appliquer dans un Tournoi Olympique. Celui qui faisait partie de l’équipe nationale du Japon qui n'a glané qu'un point à Pékin 2008 le sait bien.

Je pense qu’on a mieux géré la possession que les Espagnols aujourd’hui et c’est quelque chose dont on peut être fiers.
Maya Yoshida, capitaine du Japon

"Les deux groupes sont totalement différents", observe le capitaine. "En 2008, un très petit nombre de joueurs avaient l’expérience du football européen, alors qu’aujourd’hui, il y a des Japonais en Allemagne, aux Pays-Bas et dans d’autres pays européens. Cela nous a mis en confiance pour cette épreuve et nous a aidés à croire en nous. L’édition 2008 semble très loin et vous verrez encore une équipe différente contre le Royaume-Uni."

Ce message peut paraître inquiétant pour les prochains adversaires du Japon à Londres 2012, et l'est encore davantage quand Yoshida évoque la marge de progression de son équipe : "On aurait pu en marquer encore quelques-uns contre l’Espagne, donc il faudra qu’on règle un peu la mire. En défense, on a été solides, ce qui est très satisfaisant. Mais on ne peut pas se satisfaire de ce résultat, parce qu'on a encore au moins deux matches à jouer. On peut encore mieux jouer."