Shang garde espoir

Malgré une défaite d'un but contre la RDP Corée en clôture de la phase de poules, les tenantes du titre chinoises ont pu compter sur leurs deux victoires d'entrée de jeu face aux hôtesses vietnamiennes et thaïlandaises pour intégrer, cette année, le dernier carré du Championnat féminin de l'AFC qui les verra affronter le Japon, jeudi, pour une place en finale.

Un Japon qui ne constitue pas l'adversaire idéal selon le technicien chinois Shang Ruihua, 63 ans, dont les protégées débuteront le Tournoi Olympique de Football Féminin en accueillant la Suède, le 6 août à Tianjin, avant de se frotter au Canada dans le même stade trois jours plus tard.

"En demi-finale, j'aurais préféré l'Australie dont le jeu ressemble à celui des équipes européennes et américaines", a reconnu celui qui a succédé à la Française Elisabeth Loisel en mars.

Du plomb dans l'acier
Depuis qu'elles ont été privées de leur titre pour la première fois par les Nord-coréennes lors du Championnat féminin de l'AFC, Taipei 2001, les Roses d'acier ont pris du plomb dans l'aile sur la scène continentale. Elles s'étaient à nouveau inclinées face à la RDP Corée en 2003 avant de récupérer leur couronne en 2006, au terme d'une séance de tirs au but qui les avaient vu disposer de l'Australie, pays hôte, en finale.

Avec le championnat féminin de l'AFC, Viêt-Nam 2008, la Chine tient naturellement une excellente occasion de prouver son statut de grande favorite en Asie. À tout juste deux mois du coup d'envoi des Jeux Olympiques, Shang porte cependant sur l'épreuve un regard différent.

La coupe d'Asie, c'est le moment ou jamais de tester de nouvelles joueuses et une nouvelle organisation dans l'optique du Tournoi Olympique
Shang Ruihua, sélectionneur de la RP Chine

" . Nous ferons de notre mieux, mais nous serons aussi très heureux de défendre notre titre", a-t-il déclaré à FIFA.com avant de s'envoler pour Ho Chi Minh-Ville.

Sans l'habituelle pression des résultats, le sélectionneur s'est même montré très détendu quant au match contre les Nippones, que la RP Chine n'a plus battues depuis quatre ans et une victoire 1:0 en finale des éliminatoires du Tournoi Olympique de Football Féminin d'Athènes 2004.

"Techniquement, les Japonaises sont plus fortes que nous, elles ont un collectif très bien huilé", avoue-t-il en référence au cinglant 0:3 concédé en mars par ses joueuses en Championnat de l'EAFF. "Mais on peut s'appuyer sur notre physique pour les battre."

Si la Chine se hisse en finale, où elle rencontrera le vainqueur du match entre l'Australie et la RDP Corée, Shang estime qu'elle a de bonnes chances d'aller au bout : "Les quatre demi-finalistes ont leurs points forts. Il faudra donc exploiter les nôtres au maximum pour l'emporter".

Du sang neuf
La confiance affichée par le sélectionneur chinois aurait pu sembler déplacée il y a trois mois, lorsque ses filles ont terminé à la troisième place ,derrière le Japon et la RDP Corée du Championnat de l'EAFF, avant d'enchaîner sur trois défaites de rang en Algarve Cup.

Mais en l'espace de deux mois, Shang, qui avait conduit l'Empire du Milieu en quarts de finale de la première Coupe du Monde Féminine de la FIFA, en 1991, a transformé une équipe démoralisée en un groupe compétitif. L'épine dorsale de cette dernière a de l'expérience - la capitaine Li Jie monte la garde en défense, Bi Yan joue son rôle de créatrice en milieu de terrain et Han Duan officie à la pointe de l'attaque - et pas moins de cinq jeunes joueuses ont rejoint la formation afin d'épauler les "taulières".

Parmi ces petites nouvelles figure une attaquante de 23 ans, Xu Yuan, qui a été la seule à faire trembler les filets lors de l'entrée en lice de la RP Chine contre les Vietnamiennes, avant de participer à la correction (5:1) infligée par son équipe à la Thaïlande.

Elle a une bonne vision du jeu et fait preuve de beaucoup d'intelligence face au but
Sun Wen, à propos de l'attaquante Xu Yuan

"Elle se sert de sa tête", a fait valoir l'ex-attaquante vedette de la sélection chinoise, Sun Wen. " ."

Outre Xu Yuan, les jeunes Lou Jiahui et Gu Yasha, qui évoluent en soutien de leur avant-centre depuis le milieu de terrain, ont fait une entrée remarquée. La première a failli ouvrir son compteur personnel en compétition internationale contre le Viêt-Nam, tandis que la seconde a fait forte impression face aux Thaïlandaises.

Les excellentes dispositions du binôme ne sont pas passé inaperçues et l'ancienne capitaine chinoise Liu Ailing de les encourager sur son blog : "Elles se sont montrées enthousiastes, dures à la tâche et ont fait parler leur talent. Leur marge de progression est considérable".