La Suède cherche son équilibre
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La Suède est l'une des grandes nations du football féminin. Mais alors que le Tournoi Olympique de Football n'est plus très loin, la génération dorée de ces dernières années - notamment le duo d'attaque composé d'Hanna Ljungberg et de Victoria Svensson - donne des signes d'usure.

Réputé pour sa fiabilité et sa puissance, le moteur Ljungberg-Svensson a connu ses premiers ratés en septembre 2007 à Chengdu, en Chine. Les Suédoises avaient alors quitté la Coupe du Monde Féminine de la FIFA par la petite porte. Eliminées dès la phase des groupes pour la première fois de leur histoire, elles s'étaient montrées incapables de produire le jeu construit et efficace qui avait fait leur force jusque-là.

"Je me sens complètement vide", avait alors confié à FIFA.com Victoria Svensson, capitaine de longue date d'une formation scandinave dont le bilan à Chine 2007 (une victoire, une défaite, un nul) avait été insuffisant pour espérer sortir de son groupe. "Lors de ces trois matches, nous avons été particulièrement médiocres dans la finition", avait commenté à l'époque le sélectionneur Thomas Dennerby. Syndrome inquiétant pour une équipe connue précisément pour ses attaquantes prolifiques.

J'ai besoin de jouer des matches et encore des matches, sans me blesser au bout de quelques semaines
Hanna Ljungberg, à propos de ses blessures

Aujourd'hui âgée de 29 ans, Ljungberg n'a pas été épargnée par les blessures et la maladie. Le mois dernier encore, elle a manqué la finale de la Coupe d'Europe féminine, qui a vu ses coéquipières d'Umea s'incliner face à Francfort. Elle est en ce moment même en pleine convalescence, suite à une déchirure aux ischio-jambiers. Sa participation aux Jeux de Pékin est loin d'être acquise. "Si j'arrive à rejouer avec mon club, je devrais en principe être appelée en équipe nationale", explique Ljungberg. "Mais pour cela, il faut d'abord que je sois complètement guérie. ."

Coéquipière de longue date de Ljungberg sur le front de l'attaque suédoise, Victoria Svensson devrait faire partie de l'équipe olympique. Elle en sera même probablement la capitaine. Avec 138 capes et 59 buts en sélection nationale, Svensson est un monument du football féminin de son pays. Mais à l'image de Ljungberg, la reine du dribble a été à la peine à Chine 2007.

Relève assurée
La bonne nouvelle pour Thomas Dennerby, c'est que la succession des Ljungberg et Svensson semble d'ores et déjà assurée. Parmi les représentantes de la nouvelle génération, la joueuse de Göteborg Lotta Schelin sort du lot. Elue Joueuse suédoise de l'Année en 2006 et sacrée meilleur buteuse du championnat national en 2007, Schelin est souvent comparée à son compatriote Zlatan Ibrahimovic. Grande et élancée, elle possède les mêmes qualités de créativité, d'intelligence et d'habileté devant le but.

En Chine, beaucoup de jeunes joueuses ont montré qu'elles étaient prêtes à prendre la relève
Thomas Dennerby, sélectionneur de la Suède

Lors de la dernière Coupe du Monde Féminine de la FIFA, les rares satisfactions suédoises sont précisément venues des jeunes. C'est le cas de Stina Segerstrom, Caroline Seger et Madelaine Edlund (pour ne citer qu'elles), qui devraient toutes les trois être présentes à Pékin. "L'avenir nous appartient", commente Dennerby. " ."

Un passage de témoin dont Terese Sjogren et ses 31 printemps ne veulent pas entendre parler. Nommée Joueuse suédoise de l'Année en 2007, elle sera selon toute vraisemblance l'une des pièces maîtresses des "Vikingettes" à Pékin 2008. En dépit de son âge, la milieu de terrain a retrouvé son meilleur niveau avec le Malmö FF. Si ce regain de forme se confirme, la Suède sera bien armée pour survivre dans un groupe qui comprend par ailleurs la Chine (pays organisateur), l'Argentine et une sélection canadienne en constants progrès.

"Ça fait du bien de revenir à Pékin. Après la déception de la dernière Coupe du Monde, on va avoir la possibilité de prendre notre revanche", déclarait Schelin au terme de la victoire sur le Danemark (7:3), synonyme de qualification pour les Jeux Olympiques. "Nous avions le match en main mais en même temps, nous avons été très nerveuses pendant les 30 premières minutes. Cette qualification est très importante pour le football suédois. Nous n'avons pas fait un match exceptionnel, mais nous avons été efficaces. C'est ce qui compte", a-t-elle ajouté au sujet de cette rencontre décisive face aux Danoises.

Si Dennerby, agent de police de son état, arrive à trouver le bon équilibre entre la sagesse de la vieille garde et la verve de la nouvelle, les Suédoises auront une vraie chance d'offrir au pays sa première médaille olympique, catégorie ballon rond.