Marta et Cristiane, la ruée vers l'or
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Elles n'ont pas peur. Elles ne souffrent pas d'une maladie exotique, et n'ont pas l'intention d'aller en Californie pour passer au crible chaque cours d'eau à la recherche du précieux métal. Marta et Cristiane en ont tout simplement assez de s'arrêter à quelques centimètres de la plus haute marche du podium. Pour remédier à cette frustration, les deux stars de la sélection brésilienne sont bien décidées à tout mettre en œuvre, à Pékin, pour remporter le Tournoi Olympique de Football 2008.

Deux fois couronnée Joueuse Mondiale de la FIFA (2006 et 2007), trois fois championne de Suède et vainqueur de la Coupe UEFA en 2004, la Brésilienne Marta est la reine indiscutable du football féminin. Mais elle est également la première à convenir qu'il manque quelque chose dans le ciel déjà bien étoilé de sa carrière. Quelque chose comme un titre international avec la Canarinha.

Sur la scène continentale, les reines de la samba ont déjà tout gagné. Parallèlement à la suprématie qu'elles exercent depuis quelques années en Amérique du Sud, les footballeuses brésiliennes ont pris l'habitude de jouer régulièrement les premiers rôles dans les grands rendez-vous mondiaux. Impressionnante progression, qui a tous les atours d'un conte de fée. Tous, sauf un : la médaille d'or qui vient récompenser l'ensemble de l'œuvre.

Normal, diront certains, pour une équipe qui en ent encore à ses premiers pas parmi les grandes puissances du football mondial. Frustrant, répondraient les principales intéressées, lorsqu'on a disputé et perdu les deux dernières grandes finales du circuit international : face aux Etats-Unis aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, et contre l'Allemagne lors de la Coupe du Monde Féminine FIFA, Chine 2007.

On prend les mêmes...
Au mois d'août à Pékin, la génération dorée du football féminin brésilien va revenir à la charge. Son onze majeur sera pratiquement identique à celui qui a disputé la finale de l'épreuve reine à Shanghai, en septembre 2007. Avec une absence de taille quand même : celle de la capitaine Aline Pellegrino, victime d'une rupture des ligaments du genou droit, lors d'un match de préparation disputé récemment en République de Corée.

Cette équipe a suffisamment de talent pour gagner la médaille d'or. Nous avons seulement besoin de ce brin de chance qui nous a échappé jusqu'ici
L'attaquante brésilienne Marta

" . Par rapport à 2004, les joueuses ont gagné en expérience. Nous avons beaucoup progressé ces dernières années", explique Marta, qui profite de quelques jours de repos dans son pays natal. Un répit bien mérité, au sortir d'une saison pleine avec son club, Umea. Cette formation suédoise servira d'ailleurs de sparring-partner à l'équipe du Brésil le 24 juillet prochain, à l'occasion d'une rencontre préparatoire pour Pékin 2008.

Au cours des trois dernières éditions, les Brésiliennes ont toujours fait très bonne figure dans le tournoi olympique. Quatrièmes à Atlanta 1996 et Sydney 2000, elles ont obtenu la médaille d'argent à Athènes 2004. En finale, elles ont véritablement poussé les Etats-Unis et leur pléthore de stars (Mia Hamm, Kristine Lilly, Shannon Boxx, Julie Foudy) dans leurs derniers retranchements.

Marta explique cette progression par la force collective qui est venue s'ajouter au talent individuel des Sudaméricaines. "En Grèce, j'ai été frappée par le sentiment d'unité qui régnait dans le groupe. Tout le monde tirait dans le même sens, pour atteindre le même objectif", se souvient-elle avec un soupçon d'émotion dans la voix.

Depuis plusieurs années, Cristiane est un peu l'alter ego de Marta. Exemple parmi tant d'autres : au mois de décembre dernier à l'Opéra de Zurich, on a pu voir les deux amies côte à côte lors du Gala du Joueur Mondial de la FIFA 2007. Alors que Marta recevait le prix suprême, Cristiane décrochait le bronze.

L'heure du Brésil est venue. Ça fait un moment que je pense aux Jeux Olympiques. Nous avons une vraie chance de remporter la médaille d'or
Cristiane à propos des chances du Brésil à Pékin

Les deux font la paire, dans les bons moments comme dans les moins bons, et elles ne divergent pas d'un iota concernant l'objectif de la sélection verdeamarelha à Pékin. " ", affirme avec conviction la joueuse du Linkopings F.C. (Suède).

"Sérieux et détermination"
A condition toutefois de bien négocier un premier tour qui s'annonce corsé. "Pour y arriver, nous allons devoir travailler avec sérieux et détermination", résume Cristiane. Il est vrai que le tirage au sort aurait pu être plus clément envers les Brésiliennes, qui ont hérité du Nigeria, de la RDP Corée et de... l'Allemagne. Côté moins : Marta et compagnie se seraient bien passées d'une confrontation avec leur bête noire dès la phase des groupes. Côté plus : elles pourront compter sur le soutien inconditionnel du public chinois, complètement acquis à la cause du Brésil lors de la dernière Coupe du Monde Féminine de la FIFA.

Après avoir été meilleur buteuse du tournoi à Athènes 2004 (six réalisations), Cristiane est restée muette à Chine 2007. "Je travaille toujours pour le groupe. Si le groupe ne fonctionne pas, vous n'avez aucune chance de marquer beaucoup de buts", confie-t-elle.

Médaille d'or ou pas, Marta et Cristiane resteront à jamais associées à l'ascension de la Seleção, qui semble désormais durablement installée dans la cour des grands. Prochaine étape : essayer de monter sur le toit du monde. Dès le mois d'août à Pékin, ou un peu plus tard...