Le bronze comme consolation
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Au coup de sifflet final du match contre le Brésil, les Allemandes ont sans doute éprouvé une impression de déjà vu. Comme d'habitude, la Mannschaft a débuté le Tournoi Olympique de Football Féminin avec l'étiquette de favorite, avant de céder en demi-finale. Cette fois, le retour sur terre a été particulièrement brutal. Les protégées de Silvia Neid ont été humiliées par les Brésiliennes.

En s'inclinant 1:4, elles concèdent même leur plus large défaite en compétition officielle depuis la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 1991. Brigit Prinz et ses partenaires vont toutefois devoir se reprendre au plus vite, puisque le Japon, défait 2:4 par les Etats-Unis dans l'autre demi-finale, se profile déjà à l'horizon.

Une fois de plus, la règle s'est confirmée. En effet, une étrange malédiction empêche régulièrement le champion du monde en titre de remporter la médaille d'or olympique. Les Etats-Unis en 2000, puis l'Allemagne en 2004, en ont déjà fait l'amère expérience. Cette fois, les Allemandes se sont encore montrées incapables de confirmer à Pékin le succès remporté un an plus tôt en RP Chine.

Ce serait formidable de rentrer tout de même avec une médaille mais pour cela, nous devons encore battre un dernier adversaire
Silvia Neid, sélectionneuse de l'Allemagne

"L'équipe a tout donné, mais cela n'a pas suffi", constatait Silvia Neid à l'issue de la défaite de Shanghai. "."

De fait, la tâche s'annonce plus compliquée que prévu pour l'Allemagne. Contrairement à ce que le score final (2:4) pourrait laisser supposer, les Japonaises ont livré un très bon match face aux Etats-Unis. Les Asiatiques se sont même offert le luxe d'ouvrir le score, à la 17ème minute, sur une frappe signée Shinobu Ohno. Les Américaines ont toutefois réussi à renverser la tendance avant la pause, avant de laisser parler leur puissance en deuxième période. "Nous avions pourtant bien débuté. Malheureusement, nous avons commis des erreurs après l'ouverture du score et nos adversaires ont su en profiter", analyse Hiromi Ikeda, la meneuse de jeu japonaise.

Le Japon doit franchir un cap
Par la suite, les Nippones ont éprouvé les pires difficultés à mettre en danger une défense américaine sûre de sa force. Pour Norio Sasaki, l'entraîneur du Japon, l'explication tient en peu de mots : "Mes joueuses manquent de créativité. Nous devons encore progresser dans le dernier geste et dans la récupération". Dans le camp d'en face, Pia Sundhage ne cachait pourtant pas son admiration pour le jeu déployé par les Japonaises : "Quand on voit avec quelle habileté elles ont fait tourner le ballon, on se dit que beaucoup d'équipes feraient bien de s'inspirer de leur exemple".   

De telles paroles font sans doute chaud au cœur, mais les matches ne se gagnent pas avec des mots. La Japon va donc devoir élever encore son niveau de jeu s'il veut remporter la médaille de bronze. Aux Jeux d'Atlanta 1996, l'Allemagne avait dominé les Asiatiques 3:2. A l'époque, on trouvait dans les rangs allemands une certaine Silvia Neid et une jeune espoir de 19 ans, Birgit Prinz. En inscrivant son premier but de la compétition face au Brésil, l'attaquante allemande est devenue la première joueuse à marquer dans quatre Tournois Olympiques de Football Féminin.   

Les deux équipes vont pouvoir souffler pendant deux jours, afin de préparer au mieux la "petite finale" de jeudi. Mardi, les Allemandes sont venus s'installer au Village Olympique de Pékin, où les Japonaises résident depuis déjà quelques jours.

Nous devons impérativement gagner ce dernier match. Nous sommes bien placées pour savoir qu'une médaille de bronze est toujours bonne à prendre
Birgit Prinz, capitaine de l'Allemagne

Rendez-vous jeudi prochain à 18 heures, heure locale, au Stade des travailleurs pour connaître le nom de l'équipe qui montera sur la troisième marche du podium. En attendant, Birgit Prinz promet déjà de tout faire pour ne pas repartir bredouille : "".