Cristiane pour une première
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La progression du football féminin brésilien et celle de Cristiane suivent des courbes parallèles. Les supporters auriverdes se souviennent encore des débuts fracassants de la jeune attaquante lors du Tournoi Olympique de Football Féminin, Athènes 2004. En Grèce, celle qui porte aujourd'hui les couleurs de Linkopings, en Suède, avait littéralement crevé l'écran en inscrivant cinq buts en six matches. Quatre ans après avoir propulsé le Brésil sur la deuxième marche du podium, la buteuse brésilienne a confirmé qu'elle n'avait rien perdu de son efficacité en frappant à cinq reprises depuis son arrivée en RP Chine.

A quelques heures du prochain choc contre les Etats-Unis, la jeune femme a pris le temps de répondre en exclusivité aux questions de FIFA.com. Elle évoque pour nous sa précédente expérience olympique, l'occasion qui lui est offerte de prendre sa revanche sur la défaite subie à Athènes quatre ans plus tôt et ses ambitions sur le long terme.

Cristiane, à 23 ans, vous disputez déjà votre deuxième Tournoi Olympique Féminin. Comment vivez-vous cette expérience ?
C'est quelque chose de tout à fait incroyable. Je n'aurais jamais imaginé avoir la chance de connaître une telle progression en si peu de temps. Je participe à ma seconde olympiade, je m'apprête à disputer ma deuxième finale et j'ai déjà gagné une médaille d'argent. C'est merveilleux ! Je suis déjà très heureuse, même si j'espère bien monter sur la première marche du podium, cette fois.

Nous nous retrouvons à nouveau pour un match décisif mais je suis sûre que, cette fois, les choses se passeront différemment
Cristiane, à propos de la revance de la finale d'Athènes 2004 contre les USA

Votre destin olympique semble inextricablement lié à celui des Etats-Unis. Jeudi, vous les retrouverez sur votre route, avec une médaille d'or à la clé. On imagine que les souvenirs doivent se bousculer dans votre tête...
Effectivement. Jouer contre une équipe comme les Etats-Unis, c'est toujours quelque chose de particulier. Encore plus depuis la finale d'Athènes. .

Le Brésil va-t-il prendre sa revanche ?
Oui. Toutes les conditions sont réunies pour cela, à mon avis. Si on nous avait demandé d'écrire le scénario, nous n'aurions sans doute pas fait mieux. D'abord, nous avons battu l'Allemagne. Maintenant, les Etats-Unis se dressent à nouveau en travers de notre chemin, comme en 2004. Je suis vraiment convaincue que l'histoire ne se répètera pas.

Vous avez déjà inscrit dix buts dans le Tournoi Olympique Féminin. Selon vous, lequel était le plus important ?
Sans hésiter, les deux inscrits face à l'Allemagne lundi dernier. Il y a plusieurs raisons à cela : nous voulions absolument notre revanche après ce qui s'était passé en finale de la Coupe du Monde. Nous n'étions plus qu'à un match de la finale et ces deux buts ont fait pencher la balance de notre côté. C'était vraiment un sentiment incroyable, mais j'espère bien revivre la même chose contre les Etats-Unis.

Que savez-vous de l'équipe dirigée par Pia Sundhage ?
C'est une équipe redoutable, qui a néanmoins perdu l'un de ses principaux atouts offensifs avec la blessure d'Abby Wambach. Cependant, le groupe a su trouver les ressources nécessaires pour compenser cette absence. Si nous voulons l'emporter, il faudra garder la tête froide et limiter les prises de risques au maximum.

Vos frères se rendent-ils compte de tout ce que vous avez accompli dans votre carrière ?
Evidemment ! Seulement, ils ont parfois du mal à le croire. Quand nous étions petits, nous jouions tous ensemble dans la rue. Aujourd'hui, j'évolue dans l'une des meilleures équipes du monde et ce sont eux qui doivent aller au travail tous les jours. C'est extraordinaire !

Nous avons travaillé sans relâche pendant toute l'année avec ce seul objectif en tête. Cette finale compte évidemment beaucoup pour nous, mais aussi pour le pays tout entier
Cristiane, à propos de la médaille d'or

Que représenterait une première médaille d'or pour le Brésil ?
Tout, absolument tout. . Nous voulons donner un peu de bonheur à nos supporters et, dans le même temps, contribuer au développement du football féminin au Brésil.

A ce titre, quelles conséquences pourrait avoir une éventuelle médaille d'or ?
Je dois dire que la vision que se font nos compatriotes du football féminin a beaucoup changé, ces dernières années. Nous avons désormais de nombreux supporters, qui suivent nos résultats avec attention et n'hésitent pas à venir nous encourager dans les grandes compétitions internationales. Je pense qu'un succès en finale nous permettrait de gagner encore en crédibilité.

A 23 ans, vous possédez déjà un palmarès impressionnant. Qu'espérez-vous encore accomplir dans votre carrière ?
Quand j'étais plus jeune, je rêvais de jouer à l'étranger afin de pouvoir aider ma famille sur le plan financier. Par chance, j'ai pu réaliser cette ambition. Aujourd'hui, j'espère que le Brésil se dotera bientôt d'un championnat féminin compétitif.

Et la médaille d'or, vous n'y pensez pas ?
Bien sûr que si ! Et nous comptons bien mettre la main dessus dès jeudi...