Marta pleure aujourd'hui et pour demain
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Marta est une personne émotive qui ne retient jamais ses larmes, qu'elles soient de joie quand elle reçoit un trophée de Joueuse Mondiale de la FIFA, ou de douleur, comme lors des défaites du Brésil en finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, RP Chine 2007™ et des Jeux Olympiques de Pékin en 2008.

La voir s'effondrer ce 3 août après la défaite 2:0 des Brésiliennes contre les Japonaises en quart de finale du Tournoi Olympique de Football Féminin, Londres 2012 n'a donc rien d'insolite. Outre l'élimination, la quintuple Joueuse Mondiale de la FIFA entre 2006 et 2010 avait une autre raison de se lamenter, liée à l'incertitude de voir un jour une telle occasion se présenter pour sa génération.

"Nous sommes arrivées ici préparées pour réaliser un grand tournoi. C'est un travail qui a commencé il y a plusieurs années, et qui portera ses fruits dans le futur. Peut-être pas pour moi ou pour Cristiane, car nous ne savons pas si nous serons encore là dans quatre ans, mais pour les plus jeunes qui peuvent rêver à des jours meilleurs", commente la numéro 10 brésilienne, les yeux humides et la gorge nouée. "Je ne peux rien dire par rapport à l'avenir, c'est trop difficile aujourd'hui. En quatre ans, il peut se passer beaucoup de choses. Si je suis bien physiquement, je serai à Rio de Janeiro en 2016, mais il faut aussi penser à laisser la place aux plus jeunes."

Regrets
"Si le Japon est à ce niveau aujourd'hui, c'est grâce à un projet commencé il y a plusieurs années. Les Japonaises ont énormément travaillé, elles ont insisté et aujourd'hui, elles sont championnes du monde", poursuit la meilleure buteuse de l'histoire du Tournoi Olympique de Football Féminin. "Aujourd'hui, nous avons montré que nous avions du talent, mais nous avons vu également que cela ne suffisait pas", commente l'attaquante Cristiane au micro de FIFA.com, préférant analyser les raisons de l'échec plutôt que de se lamenter.

Marta, de son côté, tient à défendre la qualité de la prestation des Brésiliennes à Cardiff. Dominatrices dans la possession du ballon et au nombre des occasions, les Sud-Américaines ont été impuissantes face à l'efficacité des championnes du monde en titre. "Pour moi, le résultat est injuste car le Brésil a été meilleur que le Japon sur ce match. Sur les quatre rencontres que nous avons disputées, ce quart de finale a été notre meilleur match. Nous avons fait deux erreurs d'inattention, qui nous ont coûté deux buts", relève la native du Nordeste brésilien. 

"On ne peut pas refaire le match, mais c'est rageant. Ce qui est sûr, c'est qu'au moment de raccrocher les crampons, j'aimerais bien avoir plus que des médailles d'argent (au Tournoi Olympique à Athènes 2004, Pékin 2008, et un titre de vice-championne du monde en 2007) à mon palmarès. Je rêvais de décrocher enfin l'or. Mais la vie continue..."