Au terme d’un match fou, fou, fou, la République de Corée a battu le Japon, à l’issue de la séance de tirs au but.  Les Guerrières Taeguk remportent ainsi la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Trinité-et-Tobago 2010.  

Intimidées ni par la présence de David Beckham dans les tribunes du stade Hasely Crawford, ni par l’enjeu de cette rencontre, les 22 actrices démarraient pied au plancher. Le Japon se mettait en évidence le premier, sur deux frappes non cadrées, distillées de loin, par Yoko Tanaka et Kumi Yokoyama (3’ et 5’).

La République de Corée rétorquait aussitôt. Avec la réussite. Lee Jungeun, à 25 mètres du but, feintait le shoot du gauche, et se mettait sur son pied droit. Puis Elle armait une magnifique frappe qui mourrait dans la lucarne de Eri Hirao (1:0, 6’). Cela ne pouvait pas mieux commencer pour la Corée du Sud.

Minah peu à son affaire
Sauf que le Japon, plus enclin à conserver le ballon en ce début de partie, parvenait aussitôt à égaliser. Hikaru Naomoto, à la même distance que Lee Jungeun, déclenchait une frappe aussi soudaine que flottante qui surprenait Kim Minah pourtant sur la trajectoire du ballon (1:1, 11’). Le spectacle était de qualité et déclenchait une "ola" méritée.

Six minutes plus tard, Minah allait à nouveau être surprise, par un rebond cette fois. Tanaka, toujours à 25 mètres, frappait un ballon vicieux, dont ne pouvait se saisir une gardienne de but sud-coréenne pas irréprochable (1:2, 17’).  Dès lors, les Nipponnes, de loin, allaient multiplier les frappes pour affaiblir un peu plus la confiance déjà bien entamée de la numéro 18.

Mais Kim Areum sur un coup franc des 30 mètres manquait de recoller au score, le Jabulani s’écrasant sur la transversale japonaise (28’). Tanaka répondait du tac au tac par un ballon travaillé qui flirtait avec le montant gauche de Minah (29’). Puis Kumi Yokoyama (34’), Naoko Wada (37’),  et Kyokawa (40’) manquaient de peu d’enfoncer le clou. Les Guerrières taeguk profitaient d’un dernier instant de répit, quelques secondes avant la mi-temps pour égaliser d’une frappe… lointaine. L’œuvre de Kim Areum, sur coup franc (2:2, 45’).

De retour des vestiaires, les jeunes Nadeshiko se montraient plus à leur avantage que leurs cousines asiatiques. Avec la véloce Yokoyama sur l’aile gauche, candidate au titre de meilleure joueuse de la compétition, elles se ruaient sur le but de Minah dont les interventions ne respiraient décidément pas la sérénité.

Lee So Dam rentre et égalise
A la 57ème minute, la petite ailière nippone s’échappait sur l’aile gauche, pénétrait dans la surface de réparation. Son centre en retrait n’était que dévié par Minah dans les pieds de Chika Kato qui ajoutait un troisième but (2:3, 57’). Tanaka, omniprésente, était proche quelques minutes plus tard de mettre à l’abri ses partenaires, mais sa frappe enveloppée était déviée sur le poteau par la gardienne coréenne.

La Corée du Sud éprouvait toutes les difficultés pour revenir dans la partie. Choi Duck Joo procédait à quelques changements dans son onze pour rallumer l’étincelle de l’espoir qui semblait s’éteindre au fur et à mesure que les minutes défilaient. Pari gagnant. Une première frappe (lointaine !) était déviée sur la transversale de Hirao (75’). Un autre missile suivait quatre minutes plus tard. Lee So Dam, tout juste entrée en jeu, ajustait une demi-volée de 25 mètres qui trouvait la transversale nippone d’abord et le but ensuite (3:3, 79’).

Ce match était digne d’une finale. Et comme pour ajouter un surplus de plaisir aux nombreux spectateurs présents, les deux équipes ne réussissaient pas à se départager au bout de 90 minutes : prolongation !

Symbole de la domination nippone durant celle-ci, Haruka Hamada, par trois fois (92’, 94’, 99’) s’illustrait sans pour autant faire l’ultime différence. Apparemment davantage victimes de la fatigue, les Sud-Coréennes cherchaient de leur côté à atteindre la séance de tirs au but…

Celle-ci leur souriait. Tomoko Muramatsu envoyait son tir sur la transversale, Jang Selgi ne ratait pas le sien. Après la RDP Corée à Nouvelle-Zélande 2008, la République de Corée devient la deuxième championne du monde U-17 de l’histoire.