Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Azerbaïdjan 2012

13 novembre - 1 décembre

Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2012

Des Allemands pour faire rimer Azerbaïdjan et changement

© AFP

Dmitri Nazarov n’a pas l’habitude d’être sous les feux des projecteurs. Cet attaquant est Azerbaïdjanais et évolue en troisième division allemande, à Preussen Munster. Toutefois, son nom revient en ce moment fréquemment dans l’actualité sportive du pays. Et pour cause, il vient d’être convoqué par le sélectionneur allemand d’Azerbaïdjan Berti Vogts, en vue du match contre la Russie le 16 octobre prochain, qualificatif pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

Cette convocation symbolise quelque part la passerelle qui existe entre l’Azerbaïdjan et l’Allemagne. On pourrait en dire autant s’agissant des cinq joueuses (Suheyla Iltar, Melis Sarialtin, Leila Solmaz, Sabrina Ronaghi, Hulya Cin), pensionnaires dans des clubs germaniques, qui ont défendu les couleurs de l’Azerbaïdjan en Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2012. Ou plus encore des nominations de Vogts et de Sissy Raith pour diriger respectivement la sélection A masculine, et les sélections jeunes féminines.

Mais il n’y pas qu’eux. Les commandes de l’équipe U-20 masculine ont ainsi été confiées à Bernhard Lippert, ancien entraîneur assistant de l’Eintracht Francfort, tandis que les sélections U-15 et U-16 sont entre les mains de Nicolai Adam. "Il existe une collaboration entre la fédération allemande (DFB) et la fédération azerbaïdjanaise (AFFA), d’où la présence de quatre techniciens allemands à ces postes",  explique Sissy Raith. "La qualité des techniciens allemands est reconnue à travers le monde !", sourit-elle.

"En 2008, il a été signé un protocole d’entente entre l’AFFA et la DFB qui a impliqué une participation de techniciens allemands. Le développement de l’arbitrage, la formation des jeunes, et le développement du football féminin sont notamment des sphères où nous coopérons étroitement", explique Elkhan Mammadov, secrétaire général de l’AFFA, et président du COL. "Beaucoup de choses ont changé. La plupart de nos entraîneurs nationaux ont reçu des cours et ont pu ensuite obtenir la License UEFA. La qualité de l’arbitrage a progressé. Grâce à Silvia Raith, nous avons pu 'lancer' le football féminin dans notre pays. Nous sommes très fiers qu’il existe désormais deux championnats, U-15 et U-17, qui incluent chacun 16 équipes !"

Force est de constater que cela a porté ses fruits. Car si l’équipe de Raith s’est faite éliminée dès la phase de groupes, elle a fait montre d’un bel enthousiasme et d’une grande combativité tout au long du premier tour qui s’est conclu sur une petite défaite, 1:0, face à un géant du football féminin, le Canada. "On ne travaille pas pendant deux ans pour repartir d’une Coupe du Monde sur trois échecs. Je ne suis évidemment pas satisfaite. Mais les premières fondations ont été posées, il ne reste plus qu’à continuer", lance Raith.

Cap sur 2016La musique est sensiblement la même chez les "A". Habitué autrefois à ne surtout pas perdre, l’Azerbaïdjan s’attache dorénavant avant tout à remporter des matches. Vogts à la baguette, l’Azerbaïdjan a ainsi signé quelques succès de prestige, face à la République tchèque 1:0 en novembre 2009, et à l’Albanie en novembre 2011, 0:1, mais l’équipe a surtout gagné en régularité et en solidité. Si elle n’a pas pris le meilleur départ sur la route de Brésil 2014 avec un match nul contre Israël 1:1, et une défaite contre le Portugal 0:3, c’est une qualification pour l’UEFA EURO 2016 qui est en dans la ligne de mire de la fédération.

"Le football, c’est le futur en Azerbaïdjan. Le gouvernement et la fédération investissent énormément d’argent pour ce sport. Le ballon rond occupe une place chaque jour plus importante ici. L’Azerbaïdjan est un petit pays, mais ses habitants ont un grand cœur. Un cœur qui bat pour le football", raconte Berti Vogts au micro de FIFA.com. Sports rois sur la Terre de feu il y a encore quelques années, l’haltérophilie, la lutte et les échecs sont aujourd’hui officiellement supplantés par le ballon rond.

D'ailleurs, les clubs de l'élite attirent toujours plus de stars, et de bons résultats. L’Anglais Tony Adams a par exemple pris les commandes du club de Gabala durant 18 mois emportant dans ses valises l’international jamaïcain Deon Burton. Le Belge Emile M’Penza, 57 sélections chez les *Diables Rouges *a, quant à lui, porté les couleurs noires et blanches du FK Neftchi Bakou durant les deux dernières saisons. Le club est par ailleurs devenu cette année le premier club azéri à atteindre la phase de groupes d’une compétition européenne, l’UEFA Europa League.

Mais ce n’est pas suffisant pour Vogts. "L’AFFA progresse, mais les clubs et leurs entraîneurs ne font pas encore assez. Vous ne pouvez pas vous entraîner que quatre jours par semaine et espérer voir plus loin. Il faut faire plus. Les clubs professionnels doivent investir plus de temps et plus d’argent, pas seulement pour recruter des joueurs, mais également dans des infrastructures, des centres de formation…", explique Vogts avant de conclure : "On part d’en bas, mais on vise le top."

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