Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 08

Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 08

13 novembre - 1 décembre

Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2008

Outsiders et fières de l'être

England's Gemma Bonner celebrates her winning penalty kick against Japan
© Action Images

A force de jouer l'Arlésienne dans les rendez-vous mondiaux, l'Angleterre n'en finit plus de valoriser son énorme potentiel.

Ces derniers temps, les Three Lions abordent toujours les compétitions avec une constellation de stars aux ambitions démesurées. Mais au fil des tournois, l'on s'aperçoit que d'équipe, l'Angleterre n'en a que le nom et que ses talents individuels sont incapables de briller au sein d'un collectif. Du coup, l'aventure anglaise dépasse rarement les quarts de finale, stade auquel les sujets de sa Majesté ont pris l'habitude de trébucher, moyennant une séance de tirs au but.

Dans un tel contexte, inutile de dire que lorsque l'arbitre a sifflé la fin de la prolongation du quart de finale opposant l'équipe d'Angleterre U-17 à son homologue japonaise, d'aucuns ont repensé immédiatement au schéma habituel des Seniors. Non contentes de l'emporter, les jeunes Anglaises ont réussi 100 % de leurs tentatives, ce qui tend à prouver que les filles de Lois Fidler sont faites d'un tout autre bois que leurs aînés.

Du talent, elles en ont à revendre, sans quoi elles n'auraient jamais atteint les demi-finales. Quant à la force mentale, elle ne repose pas sur les épaules d'une version adolescente de Steven Gerrard ou de Wayne Rooney, mais sur un cocktail de discipline tactique, de détermination féroce et de cohésion de tous les instants. C'est bien là que se trouve la clé du succès anglais sur des Japonaises nettement supérieures sur le plan technique.

Sans pressionMais il est un autre trait qui distingue cette sélection anglaise : elle s'est qualifiée pour le rendez-vous mondial en tant que quatrième et dernier représentant européen. Les protégées de Fidler ont donc abordé la compétition non pas en tant que favorites, mais comme de banales outsiders, un rôle qui leur sied à merveille.

"Contre le Japon, on ne donnait pas cher de notre peau, mais ce n'était pas la première fois3, a déclaré Fidler. 3Dès le tirage au sort, quand on s'est retrouvés dans le groupe du Brésil, du Nigeria et de la Corée du sud, on a tôt fait de nous exclure de la lutte pour les quarts de finale. Donc nous avons abordé cette compétition en outsiders et, pour être honnête, nous en avons joué avec les filles.

Ce sentiment les a galvanisées et il explique peut-être pourquoi elles ont toujours bien joué quand on ne les attendait pas

."

"Je pense qu'elles avaient vraiment envie de prouver leur valeur. Au début, on a compris qu'il n'y aurait que trois représentants européens à la Coupe du Monde, donc on pensait qu'on n'était pas qualifiés. Et quand on s'est aperçu que le quatrième ferait également le déplacement, on s'est entretenu avec les filles et on leur a demandé de tout donner pour prouver à tout le monde qu'on n'était pas là pour faire le nombre."

Si l'Angleterre a mis à mal tous les pronostics, c'est parce qu'elle a su aborder chaque nouveau match avec des convictions inébranlables, comme le prouve son sans-faute dans la séance de tirs au but contre le Japon. Fidler, qui a décrit ce succès comme le moment le plus important de sa carrière, a expliqué qu'elle avait imposé des séances quotidiennes de tirs au but à ses protégées. Quant à Isobel Christiansen, elle n'a pas hésité à plaisanter sur la question : "En Angleterre nous avons un secret pour les tirs au but. Il faut toujours cadrer et viser la lucarne !"

Attitude typiqueReconnaissant qu'elle ne comprenait toujours pas comment son boulet de canon des 35 mètres avait pu finir sa course au fond des filets, relançant ainsi le match contre le Japon, Christiansen a expliqué que ses coéquipières n'avaient ressenti aucune crainte au moment d'affronter les Asiatiques. "Nous avions bien étudié leur jeu et nous n'avions pas peur d'elles, parce que nous savions qu'elles avaient des points faibles. Elles avaient tellement dominé leurs matches qu'elles n'avaient jamais vraiment été testées sur le plan défensif. Nous étions donc convaincues que nous pouvions les mettre en difficulté."

Si les jeunes Anglaises ont franchi l'obstacle nippon, c'est aussi parce qu'elles ont réussi à museler l'attaque la plus prolifique de la compétition. Ce mérite revient en grande partie à Lucy Bronze, auteur d'une performance pleine de ténacité face à Mana Iwabuchi, la joueuse qui avait traumatisé successivement les Américaines, les Françaises et les Paraguayennes. La joueuse de Sunderland a expliqué en toute modestie cet exploit, une attitude typique de cette équipe anglaise.

"C'est surtout une question de stratégie, vous savez", souligne-t-elle. "Je savais que Iwabuchi était dans une forme exceptionnelle, mais l'encadrement avait décrypté son jeu pour moi. Du coup, je savais exactement comment la prendre au marquage.

La clé de notre succès, c'est notre cohésion, j'en suis convaincue

."

Alors qu'elles ont déjà dépassé leurs objectifs, les Anglaises abordent leur troisième test asiatique, face aux Nord-Coréennes, avec la même détermination. "Elles sont très fortes", a déclaré Christiansen au sujet de cette équipe qui a démoli le Danemark 4:0 en quarts de finale. "Mais si nous jouons comme contre les Japonaises, nous serons en finale."

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