Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Azerbaïdjan 2012

13 novembre - 1 décembre

Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2012

Sagnol : "Fier de ce qu'elles ont accompli"

© AFP

Ce mardi 9 octobre 2012 au stade 8 km de Bakou, la France est entrée dans l’histoire en devenant la première équipe européenne à se qualifier pour une finale de Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA. Ce sésame est venu récompenser trois semaines de compétition durant lesquelles les Bleuettes n’ont jamais déjoué, proposant un jeu de qualité, propre, aéré, offensif, servi par des joueuses à la fois talentueuses et sympathiques. Un jeu que prône notamment Willy Sagnol, le manager des équipes de France de jeunes.

Venu féliciter les joueuses et le staff de l’équipe de France, l’ancien international français (58 sélections) a accordé un entretien à FIFA.com.

Willy Sagnol, pouvez-vous nous donner les raisons de votre présence à Bakou ?Je suis venu dire aux joueuses et au staff de l’équipe de France à quel point j’étais fier de ce qu’ils et elles avaient démontré depuis trois semaines, tant au niveau des résultats que des attitudes, de l’image qu’elles ont renvoyée. Elles vivent très bien ensemble. Elles ont fait de très bons matches. On a pu voir que c’était un vrai groupe, une vraie équipe. Ça conforte dans les choix que l’on peut faire, qu’il s’agisse de la philosophie de jeu en général ou la construction des staffs. Je suis ravi.

Vous-même, êtes vous un amateur de football féminin ?
Je suis le football féminin par rapport à ma fonction. Je le découvre aussi d’une certaine façon. Je constate que l’approche que peuvent avoir les filles par rapport au football est complètement différente de celle que peuvent avoir les garçons.  Chez les filles, c’est plus sain. Elles se posent moins de questions. Les  U-17 féminines françaises en sont le meilleur exemple. Elles vivent une Coupe du Monde, et prennent le temps d’apprécier ce qu’elles sont en train de vivre. Elles ont les yeux grand ouverts, elles se laissent en prendre plein la vue. Mais elles n’oublient pas de jouer quand elles sont sur le terrain. Elles savent vivre l’expérience pleinement.

Quel regard portez-vous sur le football féminin français précisément ?C’est un sport qui est en constante progression en France. On compte à peu près 60 000 licenciées, en espérant que ce chiffre va grossir. Les structures sont là, elles sont en train de se développer. On a notre pôle espoir qui marche très bien. Il produit énormément de joueuses de qualité, comme celles qui participent à ce tournoi. Comme les A féminines sont plutôt sur une phase ascendante, cela a un effet locomotive. En France, lorsque les A féminines jouent, on parvient à avoir un million de téléspectateurs. C’est quelque chose de nouveau, de frais et c’est le foot pris dans sa globalité qui en tire les bénéfices.

Vous-même, vous avez déjà participé à une Coupe du Monde de la FIFA (Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Malaisie 1997 et Coupes du Monde de la FIFA 2002 et 2006). Qu’est-ce que cela représente dans la vie d’un joueur ou d’une joueuse ?
Il n’y a pas mieux ! On a tous des souvenirs de Coupe du Monde qu’on a regardée à la télé étant petit. On rêve toujours d’y être acteur ou actrice. Lorsque qu’on parvient à participer à ce tournoi, on atteint en quelque sorte un rêve. Après, il faut qu’il y ait le côté compétition. Car quand on commence une épreuve, c’est pour aller au bout. Concernant les Françaises, je ne sais pas si elles espéraient aller aussi loin au début… Elles étaient dans un groupe difficile, mais elles en sont très bien sorties, en produisant du jeu, en étant disciplinées. Elles poursuivent sur le même état d’esprit, sur le même fonctionnement en interne. Ça leur réussit, tant mieux !

Avez-vous suivi la compétition ?
J’ai vu tous les matches de l’équipe de France, mais également d’autres, notamment des rencontres de l’Allemagne. Globalement je trouve que les équipes sont très proches les unes des autres, à part deux ou trois équipes pour qui le foot féminin est encore trop récent pour espérer quoi que ce soit dans une telle compétition. Je constate que les quatre ou cinq plus grosses nations à ce niveau là ont un niveau très homogène.

On constate que beaucoup de joueurs, qui ont pourtant brillé en sélection de jeunes, ne parviennent pas à percer dans le football professionnel ensuite. Quel est l’écueil à éviter ?
Pour les garçons, la difficulté, c’est justement le passage dans les effectifs pros. Il faut s’adapter. Ils sont confrontés à des joueurs d’expérience qui n’ont pas le même mode de vie qu’un joueur de 18 ans pourrait avoir. Chez les filles, comme le foot féminin ne permet pas aujourd’hui de faire son métier de sa passion, il faut avoir une activité professionnelle à côté. C’est important d’avoir là un double projet, à la fois sportif et professionnel. Et par dessus tout de s’épanouir en tant que femme !

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