"Ce qui compte, ce n'est pas la force des coups que tu donnes, c'est le nombre de coups que tu encaisses tout en continuant d'avancer." La réplique est tirée du film Rocky, récompensé par plusieurs Oscars en 1977. Quelques minutes après le nul vierge qui a sanctionné les débats entre l'Angleterre et le Nigeria, ces paroles étaient remise au goût du jour par la capitaine des Flamingoes Rasheedat Ajibade. "L'entraînement n'est pas un problème ; l'entraînement est là pour nous rendre plus dures et plus fortes. C'est ce qui nous permettra de remporter le prochain match", confie-t-elle à FIFA.com.   

En conférence de presse, elle a reçu avec fierté le titre de Joueuse Live Your Goals du match. Néanmoins, le résultat de la rencontre l'a laissée sur sa faim. Heureusement, au fil des minutes, elle commence à retrouver ce caractère accrocheur qui lui a réussi sur le terrain. Après deux journées, le Nigeria occupe la dernière place d'un Groupe C extrêmement disputé. Face au Brésil comme face à l'Angleterre, les Flamingoes ont manqué de punch. "Avant le prochain match, nous allons travailler la finition. Nous n'avons pas marqué depuis deux matches. Ça doit changer", explique la meneuse nigériane, qui semble avoir parfaitement identifié le problème de son équipe.   

Les Africaines se retrouvent désormais dos au mur. La troisième et dernière journée de la phase de groupes les opposera à la RDP Corée, installée dans le fauteuil de leader. Mais on le sait, un boxeur acculé dans les cordes n'en devient que plus dangereux. "Peu importe le nom de notre prochain adversaire. Ce qui compte, c'est que nous devons absolument gagner. Si nous exécutons à la lettre les consignes de notre entraîneur, je suis certaine que nous pouvons l'emporter", annonce-t-elle. 

Compte tenu du bilan famélique de son équipe (un point et aucun but inscrit), on pardonnerait volontiers un moment de doute à la jeune fille. Meilleure buteuse de son équipe dans les qualifications africaines, Ajibade ne laisse pourtant rien paraître de son désarroi. "Certaines joueuses peuvent perdre leurs moyens par manque d'expérience. J'essaye de les encourager, en m'appuyant sur mon propre vécu. Je leur dis toujours : 'On peut y arriver ! Lâchez-vous, restez concentrées et la victoire sera à portée de main'", enchaîne celle qui, il y a deux ans, faisait ses premiers pas sur la scène mondiale, à l'occasion de Costa Rica 2014. À l'époque, le Nigeria avait atteint les quarts de finale. Il n'est donc pas question pour elle de jeter l'éponge dès la phase de groupes. "Je suis venue en Jordanie pour faire encore mieux que la dernière fois", assure-t-elle. "L'expérience que j'ai accumulée peut m'y aider. Je crois en nous et je sais que nous pouvons le faire."

Pour atteindre cet objectif, l'attaquante du FC Robo est même prête à repousser les limites de la douleur. "J'aime m'entraîner et je suis très exigeante avec moi-même. Je suis une compétitrice dans l'âme. Si on me demande de faire un exercice 15 fois, je le fais 100 fois !", révèle-t-elle. "Aujourd'hui, une footballeuse se doit de se perfectionner jour après jour. C'est indispensable pour espérer passer professionnelle."

Mais comme tout le monde, Ajibade a des jours sans. Malgré tout son talent, sa détermination et sa passion, il lui arrive de ne pas avoir envie de s'entraîner. "Si je me réveille et que je rechigne à me rendre à l'entraînement, je pense tout de suite au pacte que j'ai fait avec Dieu. Ça me pousse à avancer et à ne jamais baisser les bras."  

Le 8 octobre à 16 heures, Ajibade et le Nigeria remonteront sur le ring d'Amman. L'objectif est clair : pour accéder à la suite du tournoi, il faudra envoyer la RDP Corée au tapis.