Sur les 336 joueuses arrivées en Jordanie pour y disputer la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2016, une sortait du lot : Fuka Nagano. La Japonaise peut se vanter d'être la seule à posséder ce que les 335 autres joueuses sont également venues chercher sur le sol jordanien : une médaille de championne du monde. On en est au stade des demi-finales, ce qui signifie que 252 prétendantes à la couronne mondiale ont déjà dû faire une croix sur leur rêve en Jordanie. Mais la milieu de terrain nipponne est toujours en course. En cas de sacre du Japon, elle entrerait même dans l'histoire comme la première joueuse à avoir remporté deux éditions de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA.

Lorsque le Japon a été sacré champion du monde en 2014, Nagano était la plus jeune joueuse des Petites Nadeshiko. Menue et svelte, les cheveux courts, elle avait participé aux six matches d'une campagne victorieuse où le Japon avait battu des records. Aujourd'hui, elle porte le brassard de capitaine et a gagné à la fois en maturité et en puissance physique. "Au Costa Rica, j'étais l'un des bébés de l'équipe", affirme-t-elle au micro de FIFA.com. "Cette fois, c'est différent. Je suis la senpai (dans la culture japonaise, l'élève avancée, par opposition à la débutante). J'aime bien ce rôle. J'aime faire partie des joueuses les plus âgées et les plus expérimentées et aider les plus jeunes. Je me sers beaucoup de ce que j'ai appris au contact de mes aînées il y a deux ans."

Si l'on se demande qui étaient ses modèles en 2014, quelques indices permettent d'avoir un début de réponse. Non seulement Nagano est capitaine, mais en Jordanie elle a troqué son nom numéro 15 du Costa Rica pour un maillot floqué du numéro 10. En 2014, le numéro était attribué à Hina Sugita, nommée Ballon d'Or adidas à l'issue de la compétition. "Toute jeune joueuse rêve de devenir un jour capitaine. La plupart rêvent aussi de porter un jour le numéro 10. Moi, j'étais comme ça. J'ai vite compris que cette responsabilité s'obtenait au mérite. Au Costa Rica, il y avait énormément de pression sur les épaules de Sugita et elle l'a très bien supportée. À moi de faire la même chose ici."

Sugita a réussi un tournoi de toute beauté en 2014, et Mana Iwabuchi l'avait fait elle aussi lors de l'édition inaugurale du tournoi, en 2008. Malgré l'élimination du Japon en quart de finale, elle avait reçu le Ballon d'Or adidas. Nagano ne manque donc pas de sources d'inspiration. Il faut noter que l'actuelle numéro 10 des Petites Nadeshiko évolue plus en retrait que ses illustres devancières. Ainsi, elle n'a pas encore trouvé le chemin des filets à Jordanie 2016, alors que son équipe possède la meilleure attaque du tournoi. Cependant, elle a assumé à merveille son rôle de meneuse de jeu et a joué la totalité de chaque match disputé par le Japon en Jordanie. "Collectivement, nous avons déjà réussi de grandes choses", poursuit la joueuse de 17 ans, admiratrice d'Andrés Iniesta. "Je suis très heureuse de la façon dont le tournoi s'est déroulé. Maintenant, nous avons besoin de nous reconcentrer très vite car le match contre l'Espagne va être le plus difficile depuis le début de la compétition."

Nagano sait de quoi elle parle. En 2014, elle avait fait ses débuts dans l'épreuve contre l'Espagne, que le Japon avait retrouvée en finale. "J'ai évidemment de très bons souvenirs de l'Espagne", se souvient-elle au sujet des deux rencontres gagnées 2:0 par le Japon. "En 2014, c'était une équipe vraiment forte, mais nous avions de la qualité également et nous sommes montées en puissance au cours du tournoi. J'ai vu les matches de l'Espagne et il est clair que ça va être un adversaire très compliqué. Elles se positionnent très bien sur le terrain et sont toujours en mouvement. Cela dit, j'ai confiance en les possibilités de mon équipe. Il est difficile de comparer cette équipe du Japon à celle de 2014. Chacune a ses qualités mais pour moi, la principale différence est qu'en 2014, nous avions atteint la finale et nous l'avions gagnée, alors qu'ici, nous ne sommes qu'en demi-finale. On pourra nous comparer si on gagne cette Coupe du Monde, pas avant."