Il valait mieux ne pas arriver en retard ! C'est un cliché du football, mais il s'applique parfaitement à la rencontre entre la Turquie et le Burkina Faso, la première du Groupe D de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Nigeria 2009. Un but précoce du capitaine turc Muhammet Demir a suffi pour venir à bout d'une équipe burkinabée courageuse, mais trop brouillonne devant le but adverse.

Certaines spectateurs du Stade Nnamdi Azikiwe d'Enugu étaient encore en train de rejoindre leur lorsque les plus ponctuels laissaient déjà éclater leur joie. En effet, après moins de trois minutes la Turquie faisait trembler les filets et confirmait les ambitions de son entraîneur qui, avant la compétition, clamait son rêve de sacre mondial. Depuis son banc, Abdullah Ercan a vu son homme de confiance le conforter dans ses idées puisque c'est le capitaine Muhammet Demir qui convertissait sa première occasion. Esseulé au second poteau, le joueur Bursaspor reprenait parfaitement un coup franc de la droite (3', 1:0).

Sonnés par cette par cette entrée en matière délicate, les jeunes Etalons mettaient quelques minutes à se remettre en selle, puis se lançaient au galop à l'assaut des buts de Deniz Mehmet. Peut-être trop vite d'ailleurs, puisque malgré leur bonne volonté, les joueurs de Rainer Willfeld péchaient dans l'organisation et s'en remettaient à des frappes de loin. Mais ni les accélérations de Zidane Zounagra ni les frappes d'Abdoulaye Ibrango ne prenaient en défaut la défense ottomane.

Visiblement irrités par leurs nombreuses tentatives non cadrées, les Africains commençaient à montrer quelques signes de nervosité en commettant deux grossières fautes, œuvres de Victor Nikiema (22') et du capitaine Dalhata Soro (30'). Pendant ce temps, les Turcs géraient tranquillement leur avance et plaçaient quelques banderilles en contre, notamment par l'intenable Demir, bien soutenu par Omer Ali Sahiner et Engin Bekdemir, mais ils regagnent les vestiaires avec un seul but d'avance.

Trois points et une leçon
Après le repos, le scénario est quasiment le même, le but en moins. Encore que Orhan Gulle aurait pu imiter Demir dès le retour des deux équipes sur la pelouse. Mais Germain Sanou, le dernier rempart burkinabé, repoussait sur sa ligne la splendide reprise du milieu de terrain turc. Avec un seul but de retard, les Burkinabés continuent à croire en leurs chances et multiplient les frappes. Mais Deniz, le portier turc, est dans un grand jour. Tout comme Demir qui, associé au remplaçant Ufuk Ozbek, est à l'affût du moindre ballon exploitable.

Même s'ils auraient pu revenir au score sur un magnifique coup franc en fin de match, les Etalons cadets ne referont pas leur retard. Les Turcs engrangent leurs trois premiers points, et les Burkinabés une bonne leçon : être concentré dès le coup d'envoi.