Champion en titre et pays hôte, le Nigeria attendait cette finale sur ses terres depuis qu’il a soulevé le trophée il ya deux ans en République de Corée. En devenant une quatrième fois champion du monde, il avait rendez-vous avec l’Histoire. Sauf que la Suisse est arrivée un tout petit peu plus tôt dans la file d’attente et a donc été servie la première…

Pour sa première participation à l’épreuve reine, la voilà championne du monde. Un exploit historique obtenu au National Stadium d’Abuja ce dimanche 15 novembre, grâce à un but de son attaquant Haris Seferovic.

Pied au plancher
Portés par 60 000 fans déchaînés, les Golden Eaglets attaquent pourtant pied au plancher. Dès la troisième minute, Edafe Egbedi est bloqué et préfère remettre en retrait à Abdul Ajagun. Mais la frappe à ras de terre du milieu nigérian est sauvée sur sa ligne contre son poteau par Charryl Chapuis. Deux minutes plus tard, Benjamin Siegrist est littéralement bombardé, mais Stanley Okoro par deux fois et Aigbe Oliha trouvent les gants fermes du portier suisse (5’). Ce n’est pas cette avalanche de frappes qui mettra Siegrist K.O. mais l’action suivant au cours de laquelle le pied de Sani Emmanuel manque le ballon mais pas le visage du gardien. Après avoir laissé passé l’orage, les Européens montrent enfin leurs qualités offensives. Une contre attaque hyper rapide est conclue par une frappe en bout de course de Janick Kamber, qui avait peut-être mieux à faire avec la présence de Nassim Ben Khalifa au point de penalty (11’).

Mais le Nigeria a déjà prouvé que chacun de ses joueurs pouvait porter le danger. Sur un corner, c’est le défenseur central Kenneth Omeruo qui s’envole mais son puissant coup de tête n’est pas cadré (17’). Après ce premier quart d’heure sur un train d’enfer, le Nigeria ralentit la cadence et la Suisse tente d’en profiter. Même si les hôtes maîtrisent le cuir, Chapuis, Frédéric Veseli et Bruno Martignoni maîtrisent eux l’art de la défense. Ce dernier effectue d’ailleurs un tacle monumental pour empêcher Okoro de marquer (43’). Discret depuis le début de la partie, Haris Seferovic aurait pu rentrer au vestiaire avec le costume de héros. Mais il manque sa reprise de volée à 10 mètres (44’). Les dernières actions reviennent à Emmanuel, mais sa frappe en pivot à l’entrée de la surface est d’abord bloquée par Siegrist, avant que son ballon piqué dans la minute suivante ne soit trop croisé.

Une tête contre 60 000 voix
Les locaux reviennent aussi motivés des vestiaires, mais moins précis. La frappe d’Ajagun est dévissée (47’), l’ouverture d’Oliha pour Emmanuel est trop longue (54’). Du coup la première opportunité revient à Seferovic qui, bien servi par Ben Khalifa élimine Omeruo en puissance, mais manque sa frappe du gauche (57’). Les Eaglets répondent par une superbe combinaison avec Emmanuel à la talonnade et Okoro à la frappe, mais Siegrist est vigilant (59’). Le tableau d’affichage reste bloqué à 0:0, mais les 22 acteurs font tout pour changer les choses.

Discret voire maladroit depuis le début de la rencontre, c’est pourtant Seferovic qui va se charger de cette mission. A la réception d’un corner, l’attaquant helvétique saute plus haut que Ramon Azeez et d’une tête décroisée fait exploser son camp de bonheur… et taire 60 000 cris et vuvuzuelas (63’, 1:0). Décidemment moins en réussite lorsqu’il est titulaire, Emmanuel manque de peu l’occasion d’égaliser lorsque sa frappe enroulée frôle la transversale avant qu’il quitte le terrain (75’). Son remplaçant Yusuf Otubanjo se met immédiatement en évidence en expédiant une tête sur la barre, avant que Siegrist ne sorte vainqueur d’un énorme cafouillage sur sa ligne (78’).