Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Corée 2007

06 - 28 octobre

Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2007

Gardien qui rit, gardien qui pleure

LE FILM DES DEMI-FINALES - Les jeunes footballeurs sont capables de véritables prouesses. Grâce à leur agilité naturelle, leur enthousiasme débordant et leur talent brut, ils transforment un match de football en une partie de plaisir. Cependant, comme à tout être humain, il leur arrive également de commettre des erreurs. Il suffit d'une saute de concentration, d'un accès de rage ou d'un manque de patience pour rater un geste ou mal juger une trajectoire. Mais quand elle survient en demi-finale d'une épreuve de la FIFA, l'une de ces erreurs peut s'avérer très difficile à vivre.

Les erreurs des gardiens sont très souvent mises en exergue pour expliquer la défaite d'une équipe. En revanche, il est très rare qu'une victoire soit mise au crédit d'un portier. Prenons par exemple le cas du succès espagnol 2:1 sur le Ghana. En signant le but de la victoire dans les derniers instants de la partie, juste avant de se faire exclure, Bojan a été désigné comme le héros de la Furia Roja, alors que la performance de David De Gea, véritable sauveur de son équipe, n'a déclenché quasiment aucun commentaire. Avouez que c'est injuste...

Pourtant, s'il fallait désigner objectivement un homme du match, c'est sans doute vers le jeune gardien de l'Atlético de Madrid que les index se tourneraient. En effet, mercredi soir à Ulsan, De Gea a fait étalage de son courage, son intelligence et ses réflexes en barrant par quatre fois le chemin des buts aux Black Starlets. Âgé de 16 ans, le jeune homme n'a par exemple pas hésité à se jeter dans les pieds de Sadick Adams alors que l'attaquant africain fonçait vers ses buts. Malgré le coup de crampon qu'il a reçu au passage, De Gea a poursuivi son match sans broncher, toujours avec autant de sobriété et d'efficacité.

Plus tard, quand Adams s'est fait offrir un caviar par Ransford Osei, De Gea a quitté sa ligne pour fermer l'angle, une décision pour le moins appropriée puisque le numéro 9 ghanéen a envoyé le cuir dans le petit filet. Quelques minutes après, la déception s'en est allée frapper Osei, dont la tête à bout portant a été claquée par-dessus la barre par le dernier rempart ibère. Enfin, dans la seconde mi-temps des prolongations, le gardien espagnol a sorti un nouvel arrêt d'anthologie face à Kelvin Bossman.

Même si c'est en marquant des buts qu'on gagne les matches, il ne faut pas sous-estimer la contribution de De Gea au beau parcours de la Furia. Car sans ses parades héroïques contre la France en quarts, sans ses bonnes prestations face au Honduras, la Syrie et la RDP Corée, les hommes de Juan Santisteban n'auraient sans doute pas réservé un billet pour la grande finale.

Jour sans pour Vollath
Puisqu'on parle gardiens, ayons une pensée pour Rene Vollath. Pendant que De Gea est fêté comme un héros, le portier du FC Nuremberg doit se sentir le plus malheureux des hommes. Il faut dire que ses insuffisances ont pesé lourd dans la balance. Quand il a relâché la frappe de Yakubu Alfa, Macauley Christantus en a profité pour inscrire son septième but de la compétition. Mais c'est surtout huit minutes plus tard qu'il s'est "distingué", lorsque le tir d'Alfa lui est passé entre les gants. Ces deux buts ont constitué un trop lourd handicap pour les troupes de Heiko Herrlich.

Certes, en réduisant l'écart à la 33 ème minute, Toni Kroos a redonné espoir aux siens, mais la défense nigériane allait tout verrouiller après la pause, pendant que l'attaque en profitait pour prendre le large. Interceptant une mauvaise passe de Mario Erb, Kabiru Akinsola s'est retrouvé avec un ballon qu'il a envoyé au fond des filets de Vollath d'un lob admirable (3:1).

Vollath occupe le poste de gardien titulaire, à la place de Fabian Giefer, depuis la victoire de l'Allemagne 5:0 sur Trinidad et Tobago à Changwon. Le jeune portier s'est montré très fiable face aux Etats-Unis et à l'Angleterre, mais il a connu aujourd'hui une journée sans. Reste désormais à voir si Herrlich rendra les clés du camion à Giefer pour la petite finale de dimanche, contre le Ghana, ou s'il donnera une chance au troisième gardien, Kevin Trapp. Ces considérations ne risquent pas d'émouvoir le sélectionneur des Golden Eaglets, Yemi Tella, qui connaît parfaitement son meilleur onze et qui réfléchit déjà à la rencontre contre l'Espagne. Depuis le coup d'envoi de la compétition, Tella a toujours dit que son équipe irait au bout. Il ne reste plus que 72 heures à attendre pour savoir s'il disait vrai.

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