Coupe Du Monde U-17 de la FIFA, Nigeria 2009

06 - 28 octobre

Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2009

La Suisse dans la cour des grands

© AFP

Dernier arrivé, premier servi. Pour sa première apparition en Coupe du Monde U-17 de la FIFA, la Suisse en repart avec la couronne de championne du monde. Ce parcours historique, surprenant mais logique au vu des performances helvétiques durant le tournoi, prive par la même occasion un autre pays d’une place dans le livre d’or de la compétition. Triple champion du monde, tenant du titre et pays hôte, le Nigeria avait l’occasion de dépasser le Brésil et de devenir le premier quadruple vainqueur.

Mais malgré le soutien de tout un pays, dont 60 000 supporters déchaînés en finale, les Golden Eaglets doivent se contenter de l’argent, soit une place de moins que lors de l’édition précédente. Même constat pour l’Espagne qui, même si elle quitte le Nigeria avec le sourire et une médaille, est descendue d’une marche par rapport à Corée 2007.

Brésil, Mexique, Japon, Allemagne ou Italie : autant de candidats à la victoire finale qui ont mordu la poussière devant la machine suisse, sur sa route vers le sacre. Promis à une élimination prématurée dans un groupe avec les Brésiliens, Mexicains et Japonais, le petit pays d’Europe en est sorti avec autant de victoires, acquises grâce à un jeu flamboyant et un mental d’acier. Le principal atout des champions du monde se situe sur le banc où l’entraîneur Dany Ryser avait confié avant le tournoi que "dans notre groupe à l’Euro, on nous promettait un rôle de faire-valoir et nous avons fini premiers. Alors le rôle du condamné me va très bien." Force est de constater que le costume est taillé sur mesure...

Tactique et motivation n’ont plus de secret pour le technicien helvétique qui a su répondre à tous les défis proposés à son équipe par les meilleures sélections du monde. Avec un duo offensif Nassim Ben Khalifa-Haris Seferovic, aussi complémentaire que décisif, et une colonne vertébrale composée du milieu de terrain Paitim Kasami, du défenseur et capitaine Frédéric Veseli et du dernier rempart Benjamin Siegrist élu meilleur gardien du tournoi, la Suisse s’est offert un présent brillant et un avenir qui s’annonce radieux.

Côté nigérian, la fierté peut également être de mise. Avec une équipe largement remaniée quelques semaines avant le tournoi en raison des tests IRM sur l’âge des joueurs et un John Obuh sans grande expérience aux commandes, le pays hôte a fait rêver ses millions de supporters. Parmi les atouts d’une équipe qui était menée 3:0 face à l’Allemagne en match d’ouverture, pour finalement arracher le 3:3 et prendre conscience de ses qualités, les attaquants Sani Emmanuel et Stanley Okoro ont multiplié les exploits pour porter leur équipe aux portes du rêve. Les voilà prêts pour entamer un nouvelle série, puisque leur invincibilité qui durait depuis 2003 dans l’épreuve a pris fin face à la Suisse.

La Colombie en progrès
Arrivée au Nigeria sans faire de bruit, la Colombie s’est découvert des ressources morales insoupçonnées pour atteindre le dernier carré. Vainqueurs des Pays-Bas en ouverture, et deuxièmes d’un groupe comprenant également l’Iran et la Gambie, les Cafeteros étaient quasiment dans l’avion du retour à quelques minutes de la fin du huitième de finale contre l’Argentine. Menés 2:1, les garçons de Ramiro Viafara ont effectué un retour tardif pour s’imposer 3:2 grâce à deux buts des remplaçants. Trois jours plus tard en quart, ils refaisaient le même coup à la Turquie, par ailleurs impressionnante jusque là, pour arracher l’égalisation à l’ultime seconde - encore par un remplaçant ! - et s’imposer aux tirs au but.

C’est d’ailleurs du côté du banc de touche qu’il fallait regarder pour trouver le meilleur joueur du tournoi. Désigné Ballon d'Or adidas de la compétition, le Nigérian Sani Emmanuel n’avait pourtant pas débuté la moindre rencontre avant la finale. Mais son enthousiasme et son implication lui ont permis de faire parler la poudre à chacune de ses entrées en jeu. Avec cinq buts au compteur, il décroche par ailleurs le Soulier d’Argent en n’ayant joué que 221 minutes ! Ironie du sort, c’est lors de sa seule titularisation, en l’occurrence en finale, qu’il est resté muet.

L’attaquant suisse Nassim Ben Khalifa et le milieu nigérian Ramon Azeez complètent le podium des meilleurs joueurs du tournoi, avec respectivement le Ballon d’Argent et de Bronze adidas, tandis que le trophée du Soulier d’Or adidas trônera prochainement sur la cheminée de l’Espagnol Borja. L’attaquant de la Roja a inscrit autant de buts qu’Emmanuel, l’Uruguayen Sebastian Gallegos, Soulier de Bronze, et le Suisse Seferovic, mais en ajoutant une passe décisive à ses performances de finisseur, il coiffe tout ce joli monde au poteau.

Le Brésil tombe de haut
A l'heure de dresser le bilan, il faut également revenir sur quelques désillusions au premier rang desquelles la précoce élimination du Brésil. Triple vainqueur du tournoi et éternelle favorite, la Seleçao emmenée par ses prodiges Coutinho et Neymar a mordu la poussière dès le premier tour. Avec un triste bilan d’une victoire acquise à la dernière minute contre le Japon et deux défaites aux mains des Suisses et des Mexicains, les Auriverdes sont rentrés au pays, l’entraîneur Luis Nizzo rendant son tablier avant même de monter dans l’avion.

Eliminée en huitième de finale, l’Argentine de José Luis Brown avait montré de belles choses au premier tour et espérait enfin décrocher le seul titre qui manque au palmarès des sélections albicelestes. Mais une exclusion et une déconcentration dans les dernières minutes du match face à la Colombie ont anéanti cet espoir. Même constat pour l’Allemagne, menant deux fois au score face au Nigeria (3:0) et à l’Argentine (1:0) pour finalement concéder un nul (3:3) et une défaite (1:2). Finalement qualifiée grâce à un succès contre le Honduras, la jeune Mannschaft n’a pas su trouver la formule pour battre la Suisse en huitième, éliminée après une passionnante prolongation (4:3).

Bilan mitigé pour l’Afrique
Dans une saison placée sous le signe de l’Afrique, avec la Coupe du Monde de la FIFA et la Coupe des Confédérations en Afrique du Sud, la Coupe du Monde U-20 en Egypte et l’épreuve U-17 au Nigeria, on attendait beaucoup des sélections du Continent Mère. Si le pays hôte est passé tout près d’offrir un deuxième trophée au continent après le sacre ghanéen en U-20, les autres sélections ont été à la peine. La meilleure performance est à mettre au crédit du Burkina Faso, sorti deuxième du Groupe D, mais facilement battu par l’Espagne (4 :1) au tour suivant. Pour leur part, les néophytes du Malawi et de l’Algérie n’ont pas pesé lourd concédant trois défaites en autant de matches, tandis que la Gambie, malgré un titre de championne d’Afrique et des qualités indéniables, a été pénalisée par des cartons et des fautes de naïveté.

Pour leur part, les équipes asiatiques ont joué… à l’asiatique. Un jeu fluide, rapide, technique, séduisant, mais manquant de réalisme dans les instants et les endroits décisifs. Ainsi, le Japon a enthousiasmé ses supporters et ses adversaires, mais a quitté le tournoi sans aucun point. Le bilan est un peu meilleur pour la République de Corée, quart de finaliste, mais qui serait peut-être allée plus loin si elle avait concrétisé davantage d’occasions. L’Iran et les Emirats Arabes Unis sont eux aussi sortis des poules, mais ont fait les frais de leur inexpérience en chutant respectivement devant l’Uruguay et la Turquie.

Enfin, la Nouvelle-Zélande n’a certes remporté aucune rencontre lors de cette compétition, mais en décrochant trois matches nuls au premier tour, elle s’est qualifiée pour la première fois de son histoire pour le deuxième tour d’une Coupe du Monde de la FIFA.

Participants :
Algérie, Burkina Faso, Gambie, Malawi, Nigeria, Emirats Arabes Unis, Iran, Japon, République de Corée, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suisse, Turquie, Costa Rica, Etats-Unis, Honduras, Mexique, Nouvelle-Zélande, Argentine, Brésil, Colombie, Uruguay

Classement :
1. Suisse
2. Nigeria
3. Espagne
4. Colombie

Villes et stades :
Abuja (National Stadium), Bauchi (Abubakar Tafawa Balewa), Calabar (UJ Esuene), Enugu (Nnamdi Azikiwe), Ijebu-Ode (Gateway International), Kaduna (Amadu Bello), Kano (Sani Abacha), Lagos (Teslim Balogun)

Nombre de buts :
151 (moyenne par match : 2,90)

Meilleurs buteurs :
5 buts Borja (Espagne), Sani Emmanuel (Nigeria), Sebastian Gallegos (Uruguay), Haris Seferovic (Suisse)

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