Championnat du Monde de Football Féminin U-19 de la FIFA 04

10 novembre - 27 novembre

Championnat du Monde de Football Féminin U-19 de la FIFA 2004

L'Allemagne s'affirme en patronne

© Action Images

En cette fin d'année 20004, l'Allemagne semble bien avoir pris la place des Etats-Unis en tant que nation dominante du football féminin. Sa première victoire en Championnat du Monde de Football Féminin U-19 de la FIFA, en novembre, ainsi que le parcours victorieux des aînées à la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003 ont solidement installé les Allemandes au sommet de la hiérarchie mondiale.

Riche en surprises et en beau jeu, Thaïlande 2004 a été marqué par une amélioration qualitative par rapport à la première édition de 2002. FIFA.com revient pour vous (News Page Link) sur un mois fabuleux qui a constitué un tournant pour le football féminin.

* L'Allemagne rend une copie presque parfaite*

Dans la chaleur brûlante du Royaume de Siam, les Allemandes ont lancé leur campagne sur les chapeaux de roue en infligeant un retentissant 6:0 à une équipe locale bien trop laxiste. Dans le sillage de la terreur des surfaces Anja Mittag, deuxième meilleure buteuse et troisième meilleure joueuse de la compétition, les Européennes formaient une redoutable machine offensive. Et grâce au plus apporté par de nouvelles têtes comme Celia Okoyino Da Mbabi et Patricia Hanebeck, remplaçante de luxe devenue titulaire, les Allemandes n'ont jamais réellement tremblé. Sauf peut-être quand leur gardienne Tessa Rinkes s'est inclinée trois fois contre le Canada, auteur d'une remontée fantastique lors du dernier match de groupe, qui s'est finalement soldé par un nul 3:3.

En tous cas, leurs deux victoires (4:0 contre l'Australie et 6:0 contre la Thaïlande) et ce nul leur ont assuré une accession facile à la seconde phase. Dans un quart que leur entraîneuse Silvia Neid a qualifié de "rencontre la plus difficile de la phase finale", les Allemandes ont souffert mille maux face à des Nigérianes courageuses et plus coriaces que prévu. Alors qu'elles perdaient 0:1 à six minutes du terme, l'inévitable Mittag a surgi pour égaliser et prolonger le plaisir jusqu'à la séance de tirs au but.

Et lors de l'épreuve de vérité, c'est encore la numéro neuf qui a inscrit le penalty décisif pour l'accession au dernier carré. En demi, les vice-championnes d'Europe n'ont pas fait de quartier face à des tenantes du titre américaines intouchables jusque-là, mais écrasées 3:1 au stade Supachalasai de Bangkok.

La renaissance chinoise

Beaucoup s'attendaient à assister à un remake de la finale du Tournoi Olympique de Football Féminin athénien entre la solide formation américaine et la chatoyante équipe brésilienne. Mais le football n'a jamais été une affaire de logique, si bien que les deux favoris ont été contraints de se disputer le bronze le 27 novembre.

Au lieu de l'affiche plébiscitée, nous avons donc eu droit à une confrontation entre l'Allemagne et l'équipe surprise de la compétition, la Chine. Alors que les Asiatiques ne jouissaient plus de leur réputation d'antan, l'intelligence tactique et le pragmatisme du nouveau sélectionneur Wang Haiming pourrait bien aider à la renaissance de l'Empire du Milieu.

Loin de rivaliser avec le Brésil en termes d'inspiration, les jeunes Roses d'Acier ont joué sur leurs forces, à savoir l'organisation et la discipline. Misant surtout sur la défense et la contre-attaque, les Asiatiques étaient très difficiles à manoeuvrer. Deuxièmes derrière les Canarinhas en première phase, elles ont retrouvé les Princesses de la Samba en demi après avoir créé la surprise contre le Canada de Brittany Timko, Soulier d'Or de la compétition, réduit à dix d'entrée de jeu. Nombre d'observateurs s'attendaient à un match à sens unique, et c'est exactement ce qui s'est produit.

Décidément trop faible en défense, la formation sud-américaine s'est exposée à une élimination lente et douloureuse contre des Chinoises chirurgicales. Cependant, en finale contre l'Allemagne, les jeunes Roses d'Acier se sont révélées un peu courtes. Après quatre minutes seulement, leur redoutable défense, infranchissable 117 minutes durant, cédait face à la puissance de feu allemande. Finalement, les valeureuses protégées de Wang Haiming allaient sauver les meubles en ne s'inclinant que 2:0.

Marta, Marta, Marta !

Nominée pour l'élection de la Joueuse Mondiale de la FIFA 2004, Marta n'a surpris personne en brillant de mille feux sous le soleil thaïlandais. Il n'empêche que son style, son élégance et sa maîtrise ont de nouveau épaté la galerie pour sa seconde apparition dans l'épreuve. Exceptionnelle à la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003, Marta a de nouveau fait apprécier sa précision, sa technique géniale et son amour du jeu en Thaïlande, ce qui lui a valu toutes les louanges.

Incontestable récipiendaire du Ballon d'or adidas, elle a largement devancé ses poursuivantes, l'Américaine Angie Woznuk (Ballon d'Argent) et l'Allemande Anja Mittag (Ballon de Bronze).

Un grand pas en avant

Groupe d'Etudes Techniques, entraîneurs, journalistes, joueuses, personne ne s'y est trompé : Thaïlande 2004 a constitué une avancée énorme par rapport à la première édition de l'épreuve, disputée au Canada en 2002. La compétition de cette année est venue témoigner des progrès exceptionnels du football féminin en ce moment. C'est ainsi que des nations traditionnellement réticentes à la discipline - nous pensons notamment à l'Italie, à l'Espagne et à la Russie - se sont mises au niveau. Finalement, la seule équipe réellement hors sujet a été la malheureuse Thaïlande, incapable de marquer le moindre but.

Le Nigeria, champion d'Afrique, a fait honneur à son statut en réussissant un parcours admirable. Quant aux Brésiliennes, talentueuses mais longtemps barrées par leur désorganisation, elles ont montré qu'elles font partie des grandes valeurs montantes de la discipline.

Participants :
Thaïlande, Allemagne, Australie, Canada, Nigeria, Chine RP, Italie, Brésil, République de Corée, Etats-Unis, Russie, Espagne

Classement final :

  1. Allemagne

  2. Chine RP

  3. Etats-Unis

  4. Brésil

Les stars montantes
Elvira Todua (RUS), Ashlyn Harris (USA), Kun Wang (CHN), Akudo Sabi (NGA), Elena Semenchenko (RUS), Supaphon Kaeobaen (THA), Becky Sauerbrunn (USA), Marta (BRA), Ying Zhang (CHN), Simone Laudehr (GER), Patricia Hanebeck (GER), Jang Mi Lee (KOR), Svetlana Tsidikova (RUS), Angie Woznuk (USA), Cristiane (BRA), Brittany Timko (CAN), Verónica Boquete (ESP), Anja Mittag (GER)

Stades :
Stade Rajamangala et Stade Supachalasai (Bangkok), Stade du 700ème Anniversaire (Chiang Mai), Stade Surakul (Phuket)

Nombre de buts : 92 (moyenne : 3,54 par match)

Meilleures buteuses :
7 buts : Brittany Timko (CAN)
6 buts : Anja Mittag (GER)
3 buts : Angie Woznuk (USA)

Spectateurs :
288 324

Affluence moyenne :
11 089

A savoir :
La machine à marquer allemande. Sur l'ensemble de ses six matches, l'Allemagne a marqué plus de trois fois par rencontre (19) et n'a encaissé que cinq buts.