Championnat du Monde de Football Féminin U-20 de la FIFA 06

17 août - 3 septembre

Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2006

Les Asiatiques au sommet

© Action Images

Le Championnat du Monde de Football Féminin U-20 de la FIFA, Russie 2006, a confirmé le nouveau leadership des puissances asiatiques dans le football féminin. La RDP Corée est l'heureuse surprise de ces trois semaines de grand spectacle, qui ont attesté de l'évolution constante de la discipline et de l'éclosion de grandes individualités.

*L'Asie au centre du monde *
Chance du débutant ou éclosion d'un nouveau candidat au titre ? Les doutes qui ont suivi la victoire de la RDP Corée sur les championnes en titre allemandes, pour la première journée du Groupe C, se sont rapidement dissipés au fil des matches. En progression constante, l'équipe de Choe Kwang Sok a développé un jeu solide, discipliné et épatant d'efficacité. Avec, à la baguette, une impressionnante Kim Kyong Hwa, parfaitement assistée de Hong Myong Gum en défense et de Kil Son Hui en attaque.

Pendant que les Nord-coréennes s'évertuaient à stupéfier le monde à chacune de leurs sorties, la capitaine Ma Xiaoxu faisait de la réussite de la RP Chine en Russie une affaire personnelle. Indispensable à son équipe, l'attaquante a ainsi pu se consoler de la déception d'un échec en finale avec deux récompenses individuelles : le Ballon d'or et le Soulier d'or adidas, qui consacrent la meilleure joueuse et la meilleure buteuse de la compétition.

Au terme d'un parcours sans faute, les deux sélections asiatiques se sont retrouvées au stade Lokomotiv de Moscou, le 3 septembre, pour un remake de la dernière finale du Championnat de Football Féminin U-19 de l'AFC. Malgré la pluie torrentielle, la fête n'a pas été gâchée pour la RDP Corée, qui a vécu une soirée de rêve. Les jeunes Nord-coréennes ont en effet infligé un douloureux 5:0 à leurs voisines chinoises, coiffant une couronne mondiale amplement méritée. Quant aux Roses d'Acier, elles ont dû se contenter de la deuxième marche du podium pour la deuxième fois consécutive.

Le Brésil décroche enfin le bronze

La sélection canarinha s'est lancée dans sa campagne russe affaiblie par une absence remarquée : celle de l'éblouissante Marta, non autorisée par son club à à défendre les couleurs auriverdes. Malgré cela, les Brésiliennes ont réalisé le plus beau parcours de leur histoire dans la compétition, mettant fin à la malédiction qui les avait vues frôler la médaille de bronze lors des deux dernières éditions. Si son jeu offensif s'est révélé moins enchanteur qu'à l'accoutumée (seulement 4 buts inscrits en 6 rencontres), le Brésil a retrouvé sa place dans le carré final, avant de grimper sur cette troisième marche du podium tant convoitée, au terme d'une victoire aux tirs au but contre les Etats-Unis. En l'absence de Marta, la vitesse et la technique de Fabiana ont retenu l'attention, tout comme l'assurance de la gardienne Bárbara, plus d'une fois décisive.

Moins en réussite qu'à Thaïlande 2004, les championnes allemandes ont mordu la poussière dès les quarts de finale, face à une sélection américaine qui est montée en puissance au fil des rencontres. Après s'être fait une frayeur dès son entrée en lice, contre la RDP Corée, l'Allemagne a redressé la barre pour ses deux matches de groupe suivants, avant de buter contre les Etats-Unis. L'entraîneur de la sélection à la bannière étoilée, Tim Schulz, n'a pas manqué de souligner la profondeur de son banc et l'homogénéité de l'ensemble de son effectif. Ses incessants changements dans le onze de départ américain n'ont en rien altéré les performances de l'équipe, à qui il manquait seulement deux ingrédients pour réussir : un rendement offensif qui reflète mieux sa supériorité et une touche de réussite aux tirs au but. Ce sont en effet deux épreuves de vérité qui ont empêché les Américaines de laisser leur marque en Russie.

Bonnes nouvelles et déceptions

Comme à Thaïlande 2004, les hôtesses russes se sont inclinées en quarts de finale, cette fois par une lourde défaite 0:4 contre la Chine RP. Selon le sélectionneur Valentin Grishin, ce parcours décevant est à mettre sur le compte des blessures et de la fatigue de ses protégées. Force est de constater que ses grandes vedettes, la gardienne de but Elvira Todua et l'attaquante Elena Danilova, n'ont pas été à la hauteur des attentes. Si la portière s'est montrée hésitante à plusieurs reprises, l'artilleuse, elle, n'a pas trouvé une seule fois le chemin des filets sur ses terres.

Tout aussi douloureuses et bien plus tragiques, les éliminations du Nigeria et de la France en quarts de finale se sont chacune jouées sur un but de dernière minute. Après voir vu leurs rêves brisés par le Brésil et la RDP Corée au terme de rencontres très équilibrées, les deux pays, qui auraient mérité un meilleur sort, sont en droit d'espérer un bel avenir.

La Nouvelle-Zélande a réalisé des débuts encourageants sur la scène mondiale, ce malgré un premier échec contre l'Australie. Tout près de surprendre les Russes, les Kiwis peuvent se satisfaire d'avoir engrangé leur unique point de la compétition contre le Brésil.

Après leur élimination précoce, l'Australie et le Canada garderont un souvenir amer de la Russie. Généralement très en vue dans la compétition Juniors, les Aussies et les Canucks ont échoué dès la phase de groupes cette année. Si l'Argentine et le Mexique n'ont pas atteint les objectifs fixés en début de compétition, leur participation à Russie 2006 aura toutefois permis de favoriser l'essor du football féminin dans des pays où le beau jeu est encore considéré comme une affaire d'hommes. Le Congo RD a lui aussi beaucoup de mérite. Malgré les troubles qui secouent le pays, il a présenté une équipe prometteuse qui a donné du fil à retordre à des adversaires de l'acabit des Etats-Unis (1:2) et de la France (0:1).

La Finlande et la Suisse devront quant à elles tirer quelques leçons de leur aventure russe. De fait, la perméabilité de leur défense et leur manque d'inspiration dans l'entrejeu et en attaque ont donné à la planète football un aperçu des écarts de niveau qui subsistent entre les sélections féminines du Vieux Continent.

Participants :
Russie, Brésil, Australie, Nouvelle-Zélande, Finlande, Chine RP, Nigeria, Canada, Allemagne, RDP Corée, Suisse, Mexico, Etats-Unis, France, Argentine, Congo RD.

Classement final :

  1. RDP Corée

  2. Chine RP

  3. Brésil

  4. Etats-Unis

Etoiles montantes :
Zhang Yanru (CHN), Val Henderson (USA), Hong Myong Gum (PRK), Celia Okoyino Da Mbabi (GER), Kim Kyong Hwa (PRK), Ma Xiaoxu (CHN), Cynthia Uwak (NGA), Kil Son Hui (PRK), Fabiana (BRA), Danesha Adams (USA).

Stades :
Stade Petrovsky (Saint-Pétersbourg), stade Podmoskovie (Shchelkovo - Moscou), stade Dynamo, stade Torpedo et stade Lokomotiv (Moscou)

Total de buts :
105 (moyenne : 3,31 par match)

Meilleures buteuses :
5 buts (2 passes décisives) : Ma Xiaoxu (CHN)
5 buts (1 passe décisive) : Kim Song Hui (PRK)
3 buts : Anna Blässe (GER)

Fréquentation moyenne des stades :
1 250 spectateurs