Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, France 2018

5 août - 24 août

Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2018

Pichon : "La France rayonne de plus en plus"

© AFP
  • Marinette Pichon a marqué buts, les esprits, les mémoires
  • Meilleure buteuse en Bleu, hommes et femmes confondus
  • Elle évoque France 2018 au micro de FIFA.com

Une fête du football féminin ne peut se tenir en France sans la présence de Marinette Pichon. Monument du football français, elle reste aujourd’hui avec ses 81 buts en 112 sélections la meilleure buteuse de l'équipe de France, hommes et femmes confondus. De ses débuts en 1992 à sa retraite sportive en 2007, elle est celle qui - par son talent et sa renommée - a fait grandir dans l’hexagone une discipline alors peu médiatisée.

Spectatrice de luxe de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA France 2018, Marinette Pichon a partagé, au micro de FIFA.com, son avis sur ce tournoi et sur les performances des Bleuettes. Entretien.

Marinette, vous avez assisté au quart de finale France - RDP Corée, à Concarneau, ce 16 août. Qu’avez-vous pensé de la prestation des Bleuettes ?
J’ai adoré ! L’équipe de France rayonne de plus en plus. Je l’ai trouvée très intéressante les 25 premières minutes. Elle a pris le jeu à son compte, avec une maîtrise athlétique et technique. Après elle a concédé un peu plus de terrain, elle a lâché la possession de balle. Mais globalement, les Françaises sont montées en puissance dans cette compétition. Il y a eu un passage à vide face à la Nouvelle-Zélande, mais les Bleuettes ont montré toutes leurs capacités à se ressaisir face aux Pays-Bas, et elle ont confirmé face à la Corée du Nord. Cette équipe a les cartes en mains pour aller chercher une médaille, et peut-être même la plus jolie !

Y’a-t-il des Bleuettes qui vous ont particulièrement séduite ?
J’ai bien aimé le travail d’Amélie Delabre à la pointe de l'attaque. Elle a un profil atypique qui me plaît. Elle est puissante, efficace devant, et elle apporte aussi beaucoup défensivement. J’ai adoré Christy Gavory au milieu, Julie Thibaud derrière, et Selma Bacha évidemment. Mais je pourrais toutes les citer, car leur prestation a globalement été maîtrisée. En deuxième période, la Corée a été plus menaçante, mais la France a su la contrôler.

Pour la deuxième fois de suite, Gilles Eyquem a choisi de titulariser Amélie Delabre à la place de Marie-Antoinette Katoto, pourtant annoncée comme l’une des stars de ce Mondial…
Quand on est sélectionneur, on se doit d’aligner les joueuses en réussite. Amélie l’est. Elle a prouvé par sa jeunesse, pas sa volonté de bien faire, qu’on pouvait compter sur elle. Après son triplé face aux Pays-Bas, on l’a vue encore vu briller face à la Corée. Elle a pesé sur la défense, et quand il a fallu prendre ses responsabilités, elle les a prises en transformant ce penalty.

Un choc France-Espagne est à l’affiche des demi-finales. Est-ce un adversaire à la portée de la France ?
Cela risque d’être un match compliqué. On rentre dans le dernier carré. Les équipes demi-finalistes ne sont pas là par hasard. L’Espagne est une équipe très séduisante dans la possession de la balle, dans son utilisation, dans les schémas qu’elle propose. Elle a cette faculté à élargir, à aller chercher les ailes. Il faudra surveiller Aitana Bonmati, chef d’orchestre de l’équipe. Mais les Bleuettes sont bien dans leur compétition. Elles peuvent être à la hauteur de ce grand rendez-vous

Globalement, qu’avez-vous pensé du niveau de jeu dans cette Coupe du Monde ?
Surprenant ! Certains pays comme Haïti participaient à leur première Coupe du Monde U-20. Et j’ai trouvé qu’il n’y avait pas tant d’écart que cela entre les débutantes et les habituées du tournoi. Certaines équipes peuvent bien sûr gagner en maturité, en richesse tactique et technique, mais j’ai trouvé que le niveau était plutôt homogène et les matches beaux à regarder.

Quelle était la place du football féminin lorsque vous aviez 20 ans ?
C’était très compliqué… On se battait ! On était ces femmes qui cherchaient à développer la discipline. On n’avait pas cet accompagnement. Il y avait moins de moyens, moins de structures, moins de volonté. Aujourd’hui, les mentalités ont évolué, et on voit que ce football féminin, toutes catégories confondues, est en train de prendre une vraie dimension, et j’en suis ravie.

Cette compétition organisée en France est donc une réussite à vos yeux. Vous devez être confiante pour celle organisée sur ce même territoire l’été prochain…
On est sur la bonne voie par rapport à l’organisation des matches, à l’accueil des supporters, à l’enthousiasme dans les stades. Je suis très contente de voir qu’on fait stade comble sur les matches de l’équipe de France. On est capable de remplir les stades.

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